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Page : 1 sur 28 (du 19/06/2016 au 24/07/2016)
24/07/2016 ANDRE CLERGEAT NOUS A QUITTES556

J'ai appris, avec regrets, le décès du journaliste de jazz André Clergeat, à l'âge de 89 ans.

André Clergeat aimait, entre autres, notre jazz authentique. Il le connaissait bien et a contribué largement à sa diffusion. En tant que journaliste, il collabora à plusieurs revues musicales dont Jazz Hot. Il fut producteur d'émissions de radio, notamment à France-Inter, et co-fondateur de l'Académie du Jazz.

En outre, André Clergeat est le co-auteur - avec Philippe Carles et Jean-Louis Comolli - du Nouveau Dictionnaire du Jazz publié dans la collection Bouquins de Robert Laffont, dont la dernière édition date de 2011. Il est aussi l'auteur des textes de Sinéclopédie du Jazz, illustré de 47 aquarelles de Siné (Editions Joelle Losfeld).

 

Michel STOCHITCH   Président du HCF - PARIS

16/07/2016 LE BATTEUR HERLIN RILEY555

Dans la chronique du 25 juin sur le festival JazzAscona 2016, Jacques Besse écrivait :"Il faut être simple et précis : en ce moment, Herlin Riley est le meilleur batteur en activité. Ce n’est pas pour rien qu’il accompagne souvent les Ahmad Jamal et autres Monty Alexander".(Cliquez surle visuel pour l'agrandir)

Ne connaissant pas du tout Herlin Riley, je suis allé farfouiller sur le Net pour connaître un peu mieux ce batteur. Je surenchéris en disant qu'il faut être « simple et précis » : Quasiment la totalité de la trentaine de vidéos que j’ai visionnées valent la peine d'être écoutées - même si toutes ne sont pas du jazz classique - tellement Riley y excelle. 

Pour vous en donner une idée, je vous soumets une sélection de solos de jazz classique : Un premier morceau datant de plus de dix ans, avec un superbe  drumming Nouvelle Orléans - Un deuxième de 2012, qui évoque pour moi certains solos de Jo Jones - Un troisième, datant de 2015 - Une quatrième, probablement des années 2012 ou 2013 . 

Herlin Riley a : 

-  sa page Wikipédia

-  son site officiel , sur lequel vous trouverez, entre autres, d'autres vidéos.

 

Ralph BALLMER   

14/07/2016 JAZZASCONA 2016 (14) - LAUREATS ET RECOMPENCES554

Cette année encore, au moment où s'achevait le Festival, le Comité d'Organisation de JazzAscona a souhaité que les journalistes et chroniqueurs accrédités, qui avaient couvert l'événement, donnent leur opinion sur les concerts auxquels ils avaient assisté. Il s'agissait de classer par ordre de préférence les 5 orchestres et les 5 solistes, que chacun avait le plus appréciés.

 

Dans la catégorie Orchestres, nous avons retenu l'un et l'autre : 

- The New Orleans Jazz Vipers ( qui ont fait l'unanimité) - Davell Crawford  en trio - l'exceptionnelle Night Piano (6 pianistes !) - les dynamiques australiens de SwingRocket . En ajoutant le duo Aurora Nealand & Tom McDermott ainsi que Lillian Boutté & his MusicFriends ( pour Jacques Besse) et le Blues Band  Southern Spirit de Christian Willisohn (pour Michel Lalanne) 

Pour les solistes et les divers musiciens venus en free lance, identité de vues quasi complète avec : - Leon Kid Chocolate Brown (tp) - Davell Crawford (p , voc)  - Les deux immenses batteurs : Herlin Riley et Shannon Powell - Le pianiste Paolo Alderighi. Plus un autre pianiste, familier des lieux, Christian Willisohn pour Michel Lalanne.

 

Comme chaque fois, ces choix nous semblent très réducteurs (citer seulement 5 !), car de nombreux autres musiciens nous ont laissé une belle impression. D'ailleurs, nous en avons parlé dans nos billets quotidiens. Ajoutons donc : -  Les trompettistes Kevin Louis et Shammarr Allen -  les saxos Bradford Child et Boris van der Leck  - les pianistes Luca Filastro et Paul Longstreth - les batteurs Jason Marsalis et Simon Lott - la chanteuse Teedy  Boutté - le Tremé Brass Band... et notre liste serait loin d'être terminée !

 

Prix remis pendant le Festival :

* The Ascona Jazz Awards 2016 - attribué par l’organisation - à Davell Crawford qui a donné deux remarquables prestations en trio , avec Herlin Riley (dr)  et organisé la Piano Night (voir ci-dessus) .

* The Swiss Jazz Award 2016 - attribué par le public - récompense le Quintet de Patrick Bianco pour son programme intitulé  Cannonsoul, en référence à un style très en vogue dans les années 60. 

* L'Audience Award revient, pour la première fois, à un orchestre salué à la fois par la critique et le public : Le sextet  The New Orleans Jazz Vipers, formation originale composée de 4 souffleurs, d'une basse et d'une guitare et parfaitement dirigée par une vieille connaissance, le trombone Craig Klein . 

 

A l'issue de ce JazzAscona 2016 - un très bon cru ! - adressons des félicitations aux deux chevilles ouvrières de ce Festival unique en Europe, à savoir : Nicolas Gilliet, le dynamique et omniprésent directeur artistique et Luca Martinelli, le souriant et si efficace responsable du secteur Presse et Communication. Bravo Messieurs !

Et, rendez-vous à JazzAscona, Jeudi 22 juin 2017...

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE.   En exclusivité pour le site internet du Hot Club de France

13/07/2016 JAZZASCONA 2016 (13) - NOS OUBLIES : LES FRANCAIS553

Nous n’avons pas beaucoup parlé des orchestres français à Ascona . Nous avons cité : - Guillaume Nouaux, le pilier de La Section Rythmique - Raphaël Lemmonier, l’accompagnateur de China Moses; - Les Primatics toujours aussi dynamiques - Opé Smith, le nouveau chéri de ces demoiselles (et son orchestre). Mais nous avons complètement oublié deux orchestres sortant de l’ordinaire : les niçois de Jazz à Bichon et Lost of Swing (l’orchestre de jazz du conservatoire de Lausanne).

 

Jazz à Bichon : Ils sont niçois, donc très loin de Paris (plus loin qu’Ascona !). Ils visitent dans leur répertoire des orchestres louisianais dont je n’avais jamais entendu parlé - par exemple le Half Way Orchestra ou les New Orleans Owls - ou des plus classiques comme Clarence Williams.

Ils jouent les arrangements de l’époque sans batteur et avec un tuba (Robert  Bichon) ; c’est pour cela que cela manque un peu de swing par moment.

Ils maintiennent une tradition de JazzAscona : présenter des orchestres qui mettent en valeur des enregistrements rares et nous font découvrir des aspects anciens du jazz qui étaient quasiment inaccessibles et souvent inaudibles . Le plus connu dans cette tradition étant le Swiss Yerba Buena Rice Orchestra.

 

Lost in Swing : Je gardais un très mauvais souvenir du premier passage à Ascona des écoles de jazz suisses. Divine surprise avec l’Ecole de Jazz de Lausanne  L’orchestre qui s’est produit à Ascona a un répertoire très varié, d’excellents solistes et de bons arrangements et… ils swinguent.

Lorsqu’ils présentaient leurs morceaux, j’ai trouvé qu’ils avaient un accent bizarre qui sentait plus Nantes et Reims que Lausanne et Neufchâtel. En fait, ils sont presque tous français et je tiens à citer : -le vibraphoniste, Julien Lemoine, pas intimidé par Lionel Hampton - le clarinettiste, Clément Meunier à la brillante technique et Louis Billette au saxophone, ténor au punch irrésistible.

Un répertoire swing tout en finesse - Don’t be that way, Creole love call, After you’ve gone -  sans chercher à faire rugir les foules par des titres populaires, un bon moment et une grande surprise. S’ils passent chez vous, ne passez pas votre chemin.

 

Jacques BESSE   - Membre du Hot Club de France

12/07/2016 JAZZASCONA 2016 (12) - NOS OUBLIES 552

En moyenne, on chronique 2 à 3 orchestres par jour. On est pris par des coups de cœur qui nous obligent à nous épancher rapidement sur un sujet imprévu. On garde des sujets pour les jours où il n’y aurait rien à dire. Et, comme tous les jours on découvre autre chose... On vous fait manquer des moments immanquables.

Donc, en revisitant les chroniques, je vais vous présenter ici quelques orchestres qui ne méritent pas l’oubli dans lequel nous les avons tenus.

 

Anaïs St John & her Italian New Orleans Connection : Je n’en ai pas parlé, mais je les ai vus quatre fois. Anaïs est une chanteuse/danseuse qui a son premier passage à Ascona (en 2012) ne nous avait pas fait une grande impression - dû à son voisinage avec la grande Germaine Bazzle -  Cette fois-ci, elle était entourée de très bons musiciens italiens : Paolo Alderighi au piano, Alfredo Ferrario à la clarinette et Fabrizio Cattaneo à la trompette (déjà évoqué), soutenus par Roberto Piccolo à la basse - l’accompagnateur habituel de Paolo - et le brillant jeune batteur américain Simon Lott.

Tout tourne très bien, un excellent répertoire - La vie en rose, All of me, After you’ve gone - Une chanteuse très expressive et brillante meneuse de revue. Un set m’a laissé des regrets : celui avec Leon Brown où les deux vedettes américaines ont plus alternés que joués ensemble. Dommage ! Mais j’ai pu faire une photo ... (Cliquez sur le visuel pour l'agrandir).

 

Teedy Boutté et Paul Longstreth quartet : Ils sont venus cette année en quartet avec Pat Casey à la basse et l’excellent Derrick Freeman (le batteur de Kermit Ruffins). Teedy - la plus grande par la taille des Boutté et pour moi, aujourdhui, la meilleure - et Paul travaillent ensemble depuis de longues années. C'est soit pendant les séjours de Teedy aux USA, soit pendant les passages de Paul Longstreth en Scandinavie où Teedy Boutté a émigré. Il y a une réelle complicité entre les deux artistes. Paul, vu aussi dans la Night Piano, est un excellent accompagnateur. Leur répertoire est principalement le Rhythm and Blues de la Nouvelle-Orléans : I’m walking, Bourbon street parade, Working on the coal mine

Ils furent accompagnés un soir par John Michael Bradford... Bof !

 

Sam Burckhardt : Sam était dans les trois finalistes du Jazz Swiss Award. Il a fait une partie de sa carrière comme accompagnateur de bluesmen américains - comme Sunnyland Slim - et cela se ressent dans son jeu. Un bon sax, mais il manque de jus comme chanteur. Si vous êtes à Bâle quand il joue habituellement, vous passerez un bon moment en sa compagnie.

 

Et les Français ? Voir commentaire suivant. 

Jacques BESSE   - Membre du Hot Club de France

07/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (11) - DIMANCHE 3 JUILLET 2016551

Jazz in una giornata estiva ! (jazz on a summer day).

Dimanche, les gens partent; le bord du lac ferme ses portes. Mais le festival fait de la résistance dans les divers restaurants qui lui ont servi d’écran. J’en ai donc profité pour écouter encore deux concerts, avant de prendre la route.

 

- LaDyva trio : La jeune artiste, dont nous avons brièvement évoqué les premiers sets, était en vedette pendant deux longs sets. La jeune pianiste de boogie woogie est assez inégale, elle manque parfois un peu de souplesse, mais ses deux accompagnateurs swinguent. Elle s’inspire principalement d'Axel Zwingerberger et de Jerry Lee Lewis - pas les deux pianistes les plus souples -. Son frère intervient et chante. Son inspiration, c’est Elvis Presley et Frank Sinatra. Moi, je préfère Chuck Berry et Sam Cooke !

 

- Paolo Alderighi et Stephanie Trick : La clôture du festival pour moi... en apothéose ! Ils jouent en solo, en trio, à quatre mains, seuls ou en double trio (quatre mains et accompagnateurs).                                              

Tout est bon. Paolo est au sommet de son art et Stéphanie fait de gros progrès chaque année. 

Le contraste des styles est intéressant : Paolo joue - beaucoup - dans le style d’Erroll Garner. Earl Hines et Teddy Wilson sont ses autres sources d’inspiration. Stéphanie joue stride; elle dit son admiration pour James P. Johnson et Fats Waller (ne pas oublier que Louis Mazetier a été son professeur). Elle est aussi une bonne pianiste de boogie, inspirée par Albert Ammons.       Cliquez sur le visuel pour l'agrandir.

Michel Lalanne les avait écoutés sur deux pianos et a préféré (de fait cette formule comporte moins de contraintes). Mais leur show à quatre mains, en virevoltant autour du clavier, est aussi un exercice remarquable. Il est fait avec humour et une grande musicalité. Nous avons dit l’année dernière, tout le bien que nous pensions de leurs accompagnateurs : Roberto Piccolo basse et Nicola Sranieri batterie.

Ils ont joué, par exemple, HoneySucklerose Paolo à la Garner puis Stéphanie en stride. Une très jolie ballade à quatre mains : Love me tender. J’ai beaucoup aimé le quatre mains sur Agitation rag... Un thème rare. 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

Juste un dernier mot pour vous dire que l’année prochaine le festival aura lieu du jeudi 22 juin au samedi 1er juillet 2017. 

Longue vie à JazzAscona !

 

07/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (10) - SAMEDI 2 JUILLET 2016550

Promenade le long du lac. Programme perturbé par l' Euro de football (Allemagne-Italie) et...par la météo.

Des orchestres nouveaux sont arrivés mais, nos préférences de cette journée ont été aux orchestres réécoutés en matinée : The New Orleans Jazz Vipers et les SwingRockets renforcés par Leon Kid Chocolate Brown.

 

Toutefois, un mot sur les orchestres programmés pour cette fin de semaine. 

 

- Albie Donnelly's Supercharge : Un orchestre blues/rock’n roll, le set commence par Rocket 88 et finit par Sweet home Chicago. Le chef chante et joue du sax ténor, il est entouré de cuivres, guitar e et orgue. 

Un orchestre dont les membres jouent ensemble depuis longtemps, bien soudés. Un bon moment sympathique. Mais pourquoi un tel niveau sonore... qui pousse les gens à fuir le devant de la scène ?

 

- Gunhild Carling : On l’attendait entourée et soutenue par sa famille ; hélas, l’orchestre qui jouait avec elle - l’équipe de Larry Franco - ne la connaissait pas et ne la comprenait pas. Dommage !

 

- Opé Smith : Le nouveau venu de la soul française. Un bon orchestre, bien soudé, mais dans une éthique un peu éloignée de celle du Hot Club de France. 

Toutefois, la fin du concert nous a beaucoup plu. Entre le Mess Around de Ray Charles et le Hey Jude des Beatles, un grand succès auprès des jeunes filles.

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

 Swiss Jazz Award 2016  : Il fut attribué au Quintet du saxophoniste-alto Patrick Bianco, très apprécié dans un programme dénommé Cannonsoul , le titre de leur dernier C.D . C'est un hommage aux deux frères Nat et Cannonball Adderley qui connurent beaucoup de succès dans les années 60 . Les vainqueurs de ce Swiss Jazz Award seront invités à Ascona pour l'édition de 2017 .

07/07/2016 JAZZASCONA 2016 - LA GRANDE SEMAINE DE CHRISTIAN WILLISOHN 549

Il est entré sur scène dans son habituelle tenue - veste et chemise noires -  coiffé de son inséparable casquette sur laquelle est écrit un seul mot : BLUES. Un peu vouté , l'air timide , il a souri au public qui l'accueillait par des applaudissements puis s'est assis sur son tabouret. Et, le pianiste  a ouvert le concert par un See See Rider entièrement revisité . Première et heureuse bonne nouvelle : il était toujours le même !
 Au cours des concerts - il a joué à JazzAscona toute la semaine - il s'est donné à fond, que ce soit au piano ou en vocal (voix rauque et profonde), interprétant chaque thème avec force et conviction . Aidé, il faut le souligner, par son Band : le Southern Spirit . Quatre musiciens qui forment un groupe homogène, avec deux anciens : le très original saxophoniste ténor hollandais Boris van der Leck (compagnon de longue date) et, le guitariste Titus Vollmer . Et, deux plus récents entrants : le  bassiste Christian Diener et le batteur Peter Kraus.

Cliquez sur le visuel* pour l'agrandir

 

Son programme se compose toujours de Blues  - reprises et titres personnels - de diverses facettes des Musiques d'aujourd'hui de la Nouvelle-Orléans et des alentours, ainsi que de ballades et de quelques boogies . Les incontournables sont évidemment bien présents , tels :  Hold on , Cho-cho Train , New Orleans medley , Suzie Q. , Honky Tonk Train Blues , Boogie Woogie Stomp , Battle Hymn of America (spécialité de Boris Van der Leck ) ...
Omniprésent cette année , Christian Willisohn a également participé : le 20 juin 2016, à la Night Piano où son passage - 4 titres - a été remarqué et très apprécié d'un public qui le lui fit savoir .
Le 27 juin 2016, il fut aussi invité par Lillian Boutté à monter sur scène et à tenir le piano, tout au long du second set de l'émouvant concert-hommage, rendu à la chanteuse sous le titre  Lillian Boutté and her Musicfriends .
Souhaitons retrouver l'an prochain - ici-même, à JazzAscona 2017 - ce sympathique pianiste, bluesman d'envergure,  découvert au début des années 80 ... du coté de Munich.

Michel LALANNE    

*photo : site JazzAscona

06/07/2016 JAZZASCONA 2016 - UNE SYNTHESE PERSONNELLE548

Ayant saisit la chance de revenir à ce grand Festival, proche de Jacques et Michel - dont les comptes-rendus journaliers ont été si vivants - et en compagnie de vieux amis ... 

 

Voici mes préférences :

- The New Orleans Jazz Vippers : Si authentique ! Avec Craig Klein, un animateur de chaque jour.

- Swing Rocket : De remarquables et efficaces Australiens.

- Palm Court Jazz : Rien que des stars, avec Topsy Chapman. Encore meilleurs au café Pontile-Piazza.

- Lillian Boutté : Avec également ses anciens, et John Michael Bradford jeune trompette partout invité 

- Leon Kid Chocolate Brown : Superbe trompette invité et, si touchant - dans le café Pontile-Piazza - avec Luca Filastro trio.

- Davel Crawford et Herlin Riley : Le véritable sommet.

- La Section Rythmique : Nos Nouaux-Girardot-Blenkhorn avec Hetty Kate . Pas assez programmés !

- Aurora Neadland : La grande découverte clarinette et saxophone, avec Tom Mc Dermott aussi grand pianiste.

- Stephanie Trick : La reine du piano stride, avec  Paolo Alderighi son si inventif mari.

- Lost in Swing : La découverte de bien jeunes Français, aux remarquables arrangements précis.

- The Primatics : Le groupe français qui a enthousiasmé le plus de festivaliers... Et vendu tant de CD !

 

Jean DEPOID    - Membre du HCF Paris.

Jean Depoid prépare, pour l'automne, un DVD de ces souvenirs.

02/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (9) - VENDREDI 1er JUILLET 2016547

- Palm Court Jazz all stars : Dernier passage à Ascona de l’orchestre du Palm Court Café dirigé par le pianiste Lars Edegran.  Nous avions été un peu déçus par leur première prestation due, d’après eux, à une sonorisation déficiente. Vendredi, réel changement ;  nous avons pu entendre et apprécier les 3 souffleurs (Gregg Stafford (tp), Sammy Rimmington (cl) et Robert Harris (tb et voc) bien soutenus par une très bonne rythmique composée, outre du leader, de Richard Moten (b) et Jason  Marsalis (dr). Jason a fourni un drumming très New Orleans en accompagnement de ses partenaires et a participé à la fête en lançant des soli très musicaux : On entend la mélodie dans Second Line ou Fidgety feet. Topsy Chapman nous a semblé plus particulièrement à l’aise dans les négro spirituals : Bye & bye , Jesus walks with me.

 

- David Paquette : ll anime les déjeuners du restaurant Otello.  C’est un pianiste important, car c’est un passeur. Il a dans son style un mélange des anciens de La Nouvelle Orleans . Jelly Roll Morton est un de ces auteurs préférés - Wining boy, ou Sweet Substitute - et des bluesmen qu’il a pu croiser dans ses années d’apprentissage. Notre ami le trompettiste Jean-Marie Hurel, en grande forme lui aussi, a participé à trois morceaux  - When I grow to old to dream, Tin roof blues et I want a litlle girl - Une bonne Mise en Oreille pour le reste de la journée.

 

- LaDyva : Nous avions apprécié lors de son premier  passage LaDyva, toute jeune pianiste de boogie. Hier, elle était invitée à se produire avec un trio (second piano, basse et batterie). Hélas, son partenaire principal, le pianiste, exubérant et un brin égocentrique - son imitation de Jerry Lee Lewis ! - ne lui a que très rarement laissé la possibilité de jouer, et surtout de se faire entendre, car la sono était à l’évidence particulièrement déséquilibrée.

 

- Notre coup de cœur de la journée fut pour le trompettiste italien Fabrizio Cattaneo de la formation The Italian-New Orleans jazz connection   qui a donné une bonne réplique à Leon Brown, sans rivalité déplacée.

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

01/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (8) - JEUDI 30 JUIN 2016546

Lors d’un festival comme JazzAscona, notre émotion provient parfois de découvertes, jeunes talents ou musiciens confirmés qui pour des raisons diverses sont restés en dehors de nos antennes...

 

- Leon « Kid Chocolate » Brown rencontre Luca Filastro trio :

...D’autres fois, l’émotion vient de l’écoute d’orchestres qui ont longtemps travaillé ensemble et dont on sent la cohésion et le swing (Les New Orleans Jazz Vipers, par exemple). Dans d’autre cas, l’émotion vient d’une rencontre entre grands talents dont l’exemple le plus frappant fut il y a (déjà!) trois ans le Trumpet Summit et le duo  Nicola Payton/Wendell Brunious sur Cornet Shop Suey . Choc confirmé 2 ans plus tard, à Montargis, par Rossano Sportiello qui fut ce soir-là le maître de cérémonie.

Ce matin, à Pontile, la rencontre de musiciens qui ne s’étaient jamais parlé, mais qui surent s’écouter et travailler ensemble nous a comblés de joie : Leon Kid Chocolate Brown, la gentillesse faite homme, jouant avec le trio de Luca Filastro. Ils n’ont pas pris de risques en choisissant  un programme très standards de jazz : de Body and Soul à Sweet Georgia Brown. Le talent du trompettiste et chanteur et le trio à son écoute, tout cela nous a fait passer un très bon moment.

 

- Les Primatics

Que dire de plus que l’analyse qu’a faite, sur notre site, Ralph Ballmer sur cet  orchestre ?

Cette formation remporte à JazzAscona un énorme succès populaire et leur CD est le best seller du festival. Ils en auraient vendu en 2 soirs plus de 100 exemplaires. (Pas de publicité, car nous ne l’avons pas encore écouté) . A noter que le trombone, qui jouait jeudi, était Pierre Guicquéro (non annoncé dans le programme).

 

- Gotha Swing and Dancers

L’orchestre anime tous les soirs la piste de la salle Casino (ex Torre). Il accompagne un fort bon couple de danseurs (Francesca de Vita et Henrik Persson). Ils sont tellement élégants qu’ils donnent des complexes aux autres danseurs potentiels et se retrouvent, hélas, un peu seuls en piste.

La formation dirigée par le trompettiste Michael Supnick  se compose de 7 musiciens : la section rythmique étant le trio de Luca Filastro, renforcée de Rep Pellini au ténor, Giorgio Cuscito à l’alto et Luca Velotti (soprano et clarinette).

Ils jouent les standards swing, sur des tempos favorables à la danse. Nous avons apprécié les sax sur Jumpin at the Woodside et Mood Indigo, et Michael sur Muskat ramble. Un orchestre sympathique, qui mériterait un passage à une heure plus favorable. Luca Filastro, qui avait déjà donné un concert dans la journée - voir plus haut - s'est parfaitement intégré dans ce groupe de musiciens chevronnés.

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

30/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (7) - MERCREDI 29 JUIN 2016545

La journée commencée en Australie, avec le quintet SwingRocket, s’est terminée à La Nouvelle Orleans avec l’Orchestre du Palm Court Café.

 

- SwingRocket : Comme chaque année, Nicolas Gilliet - Directeur artistique du festival - propose un orchestre australien. Cette fois, l’équipe était composée de musiciens vivant à Sydney et Melbourne. Nous avions déjà longuement écouté le batteur leader Antony Howe - un vétéran d’Ascona - et le tromboniste Dan Barnett. Le saxophoniste ténor Bradford Child avait été découvert, ici même il y a deux ans, à un concert de ce qui est maintenant La Section Rythmique. Les deux autres musiciens : le solide bassiste Mark Elton et le pianiste Steven Grant - bon disciple de Teddy Wilson - nous étaient inconnus.

Nous avons apprécié : - When you’re smiling (introduction pleine de punch et vocal agréable de Bradford Child),  - Margie, qui met en vedette Dan dans un scat plein d’humour. - Out of nowhere , balade interprétée avec beaucoup de sensibilité par Bradford. - What a wonderfull  world réclamé par le public et pris en boogie !

Une excellente surprise !

 

- Gospel Concert : Le concert de Gospel à la Chiesa Collegio Papo a rempli, comme tous les ans, la jolie petite église d’Ascona. Glen David Andrews - le chanteur et tromboniste de la Nouvelle Orleans - avait été chargé de proposer un programme où seraient réunis musique sacrée et standard de jazz revisités. Il était avec son habituel trio (Simon Oslender à l’orgue, Bruno Müller guitariste , le jeune et brillant batteur Jérôme Cardynaals).

Un invité de marque : le brillant trompettiste Shammar Allen.

L’entente parfaite entre les deux souffleurs a permis d’assister à un set passionnant d'une heure, passée trop vite.  Chaque thème a été réarrangé pour la circonstance : Down by the riverside, What a wonderfull world , the Saints (avec procession dans l’allée centrale) et Georgia on my mind qui permit d’entendre un remarquable solo de Shammar Allen. Superbe final sur Let it shine.

Concert très inattendu car Shammar Allen et Glen David Andrews ont la fâcheuse tendance à vouloir tirer un peu trop la couverture à eux. Ce qu’ils n’ont pas fait cette fois-ci ! 

 

 Et pour le Palm Court Café, à demain... Si vous le voulez bien !

Jacques BESSE et Michel LALANNE   - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France

30/06/2016 THE PRIMATICS544

A JazzAscona 2016, le septet The Primatics (Public Award Jazzascona 2015) joue dans la formation suivante : David Costa Coehlo (voc), Francis Guero (tb), Julien Silvand (tp), Julien Duchet (ts), Fabien Saussaye (p), Stéphane Barral (b), Simon Boyer (dm).(Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

 

Un grand moment de Swing fou ! Swing qui manquait passablement aux concerts de jazz que j'ai suivis ici jusqu’à présent et à mon goût.

La section rythmique soudée, swingue comme un seul homme, emmenée par l'omniprésent et pourtant discret Simon Shuffle Boyer - le bien nommé -. Simon a exécuté un des plus beaux solo de batterie que j'ai entendu depuis quelques années . Et, je ne suis généralement pas très fan de solos de batterie.

Le groupe, souvent très Louis Prima, est aussi inspiré par le rock'n'roll des années '50 (mais swinguant, n'est-ce pas !) ou par Cab Calloway. Il joue notamment des classiques comme On the sunny side of the street ou Basin street blues . Mais dans leur style, ce qui est très surprenant et franchement réussi.

L'extraordinaire et bouillonnant chanteur David Coehlo, doté d'une voix chaude et un peu éraillée selon les besoins, n'a rien à envier à Louis Prima et à Cab Calloway. Il emmène - musicalement parlant tout au moins - le groupe et lui imprime un drive fou. Il émaille les paroles officielles par des paroles drôlatiques comme sabe o bacalao, ce qui fait rire le public ! Les solistes sont systématiquement excellents : le pianiste au style concis emprunte quelquefois des tournures à la Ray Charles ou à Basie, le saxo-ténor et le trompettiste sont facilement exubérants. Je ne regrette que le peu de solos du trombone.

 

The Primatics cumule - cultive devrais-je dire - les gags sonores ou rythmiques. Les musiciens s'amusent comme des fous. Mais, où diable puisent-ils leur énergie ? 

Ralph BALLMER   

29/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (6) - MARDI 28 JUIN 2016543

Un beau programme, dont nous avons extrait deux des plus belles perles .

 

- La Dyva : La découverte du jour s’appelle Vanessa Gnaegy, alias La Dyva. Cette jeune pianiste suisse joue essentiellement des boogies et fort bien - puissante et alerte main gauche -. Son répertoire va de Meade Lux Lewis (Honky Tonk train blues) à Axel Zwingenberger , le maître actuel du genre. On l’espère maintenant dans les grands festivals de boogie en France : La Roquebrou chez Jean Paul Amouroux et à Beaune chez Jean Pierre Bertrand. Artiste prometteuse.

 

- Lillian Boutté and her musician friends : Pour nous, les vedettes de cette soirée - intitulée Tribute to Louis Armstrong - ont été les trois trompettistes invités : Leon Kid Chocolate Brown, John Mickael Bradford et Shammarr Allen. Ils se sont multipliés en duo et en trio durant toute la soirée. Leon Brown, le plus proche de Satchmo,  nous a convaincu en solo sur Dinah and I’m confessin that I love youJohn Mickael Bradford, en net progrès par rapport à l’année dernière, brilla sur West end blues, Stardust et Struttin with some barbecue. Sa technique est parfaite mais sa sonorité est encore un peu blanche ). Shammarr Allen, le plus moderne des trois, sût se fondre dans les trios (Jeepers Creepers ou Hello Dolly)

Thomas L’Etienne, parfait maître de cérémonie, avait mis en œuvre le programme. Lui, son ami Uli Wunner et l’excellent trombone danois Ole Fessor Lindegren ont eu une part beaucoup moins importante et sont restés dans un rôle d’accompagnement.

L’impeccable section rythmique était composée du guitariste Denny Ilett, du bassiste Giorgos Antoniou et de l’extraordinaire drummer Shannon Powell, âme de l’orchestre. Frustré de n’avoir tenu qu’un rôle d’accompagnateur il nous a emmené dans un double rappel de 12 minutes sur Liza Jane !  (Rugissement final !!!!!!!!=)

Les deux chanteuses :

Tanya Boutté nous a fort bien interprété  Basin street blues, puis Exactly like you ; nous regretterons toutefois son manque de chaleur… Sa tante Lillian Boutté, vedette annoncée de la soirée, n’intervint qu’à trois brèves reprises (When it’s sleepy time down south, C’est si bon et What a wonderfull world). Et chacun de ses brefs passages étaient remplis d’une mélancolie palpable pour la majorité du public. Emotion maximale.

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France

PHOTO Lillian Boutté and her musician friends (Ph: Almira Arthara) - Cliquez sur la photo pour l'agrandir

De gauche à droite : Ole Fessor Lindgren (tb), Leon Kid Chocolate Brown (tp), John Mickael Bradford (tp),Tanya Boutté (voc), Lillian Boutté (voc), Thomas L’Etienne, Denny Ilett (gu), Uli Wünner, Shannon Powell (dr), Giorgos Antoniou (b).

 

 

 

28/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (5) - LUNDI 27 JUIN 2016542

Après la pluie, le beau temps.

La journée de lundi a été marquée par le retour du soleil, ce qui influe grandement sur le moral des festivaliers et le jugement des commentateurs.

 

- Aurora Neadland et Tom McDermott : Ce duo, que nous connaissions peu si ce n’est que par quelques échos venus d’Outre-Atlantique, joue un jazz très classique à base de standards : - Pour elle : Trouble inoutre Atlantiquemind, Tenessee Waltz, Wining boy (Jelly roll Morton) - Pour lui : Maple Leaf rag ou Tico Tico. (Ph:J.Besse - Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

Malgré plusieurs titres empruntés à Sidney Bechet - The broken wind meel ou Si tu vois ma mère - cette jeune femme, qui joue de la clarinette et du soprano, s’est forgé un style très personnel et pas du tout inspiré par le grand maître. Quand elle chante, elle fait penser à ces chanteuses des années 20, à la voix rauque et grave.

Son partenaire, le pianiste Tom McDermott, est très original, développant un style personnel, inspiré à la fois par Jelly Roll Morton et par certains pianistes de blues de La Nouvelle Orleans.

Le tandem fonctionne à la perfection : Par exemple, en ouvrant la deuxième partie du concert par un dynamique In the mood, joué à 4 mains.

 

- La Section Rythmique et Hetty Kate : Nous ne mettrons pas d’étiquette sur elle. Elle a le style - à la fois vocal et vestimentaire - des chanteuses de variétés américaines des années 50 (Blossom Dearie ou Anita O’Day). Ce n’est pas tout à fait ce que nous espérons à Ascona. Mais, nos amis de La Section Rythmique l’ont superbement accompagnée. Un moment agréable !

 

- Le pianiste Luca Filastro : Luca nous a joué un set en trio, composé à 70% de la musique de Fats Waller et à 20% de Milt Buckner. Un mélange surprenant, surtout lorsqu’il passe d’un style à l’autre dans le même morceau. Et, pour illustrer notre propos, 3 morceaux qui ne sont dans le répertoire ni de l’un, ni de l’autre : How high the moon, The flat floot foogie, Lady be good.

 

Demain, nous vous parlerons de Lillian Boutté, de ses deux nièces et de leurs accompagnateurs.

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

N.B. : Un pianiste suisse a retenu mon attention. Il s’agit de Renato Chicco, inspiré et mélodieux, qui joue dans le Patrick Bianco’s Cannonsoul  (M.L)

 

27/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (4) - DIMANCHE 26 JUIN 2016541

Swingin' in the rain !

Dimanche a été pour nous la journée des pianistes. Nous en avons écouté au moins 7 ! Et pour les bordelais du Bordeaux Hot Club - sous la direction de leur président Christian Sabouret -  juste arrivés, quel beau début de festival !

 

- Luca Filastro trio et Mickael Supnick : Luca et Mickael - qui, avec leur orchestre Gotha Swing (nous en reparlerons), animent les soirées dansantes jusqu’à 2 heures du matin - étaient convoqués à 11h30 au restaurant Pontile. Ils ont joué 2 heures sans discontinuer. 

Contrairement à son style du soir, où il joue souvent en block chords, Luca du matin joue beaucoup en stride.  Mais, sur certains morceaux - Rosetta, par exemple - on sent aussi l’influence d'Earl Hines et de Teddy Wilson.  Dans ses approches variées, il nous a rappelé un autre pianiste italien : Rossano Sportiello.

Mickael Supnick  - américain, émigré à Rome - joue de la trompette et du trombone. Il chante aussi, mais c’est surtout un entertainer qui a amusé le public (hélas, en italien!). Il nous a semblé plus à l’aise le soir avec Gotha Swing - (peut être le réveil !). Guido Giocomini, le bassiste, chante en s’inspirant de Fats Waller. C'est surprenant !

 

- The Piano Night : Sur une proposition du pianiste Davell Crawford, la soirée, au théâtre Del Gatto - parfaite acoustique - a réuni 6 pianistes, avec deux grands pianos. Ils furent présentés en soliste, puis en trio avec Barry Stephenson à la basse et Herlin Riley à la batterie et, sur un morceau, en duo avec Davell Crawford. (cliquez sur la photo de Davell Crawford pour l'agrandir)

Pour lire tout le bien que nous pensons d'Herlin Riley, voir notre compte-rendu du samedi 25 Juin.

Pour ce sommet, rassemblant : Davell Crawford, Tom McDermott, Paul Longstreth, Christian Willisohn, David Paquette et Silvan Zingg, les appréciations ont été diverses. Certains, comme Michel Lalanne, ont préféré Christian Willisohn, d’autres, comme Jacques Besse, Tom Mc Dermott. Le public nous a semblé plébisciter le local de l’étape : Silvan Zingg. Bien sûr, Davell Crawford était hors catégorie.

 C’était la première fois, dans l’histoire d’Ascona qu’une telle soirée était organisée et nous espérons que, dans les années à venir, l’expérience sera renouvelée.

 

Regrets : Après deux heures et demie de piano, nous avons écouté le grand orchestre de l’École de musique de Lugano - SNUM Big Band - jouer un hommage à Jay McShann. Mais hélas, nous n’avons pu entendre qu’un excellent Moten Swing !

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

26/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (3) - SAMEDI 25 JUIN 2016540

La pluie s’est invitée dans la journée mais a disparu vers 17h. Elle n’a donc pas gêné les concerts du jour.

Je concentre mon compte-rendu de ce jour sur les musiciens qui ne repasseront pas…

 

- Barbara Dennerlein duo : Le Rhin est une rivière beaucoup plus large qu’on ne le croit : beaucoup d’artistes germaniques de talent ne viennent jamais en France (on n'entend guère que Echoes of Swing et les pianistes de Boogie). 

Faites comme moi, allez découvrir Barbara sur Youtube et sélectionnez plutôt des morceaux bluesy  (tout est bon, que ce soit lent ou rapide) - Cliquez sur photo de Barbara pour l'agrandir -

Barbara joue de l’orgue Hammond. Personnellement, je ne m'y connais rien techniquement mais, son instrument est un B3 et elle a expliqué, en allemand, tout l’intérêt d’un tel instrument par rapport à un clavier électronique !

Son style : Elle m’a rappelé celui de Rhoda Scott, peut être parce qu’elle joue les basses avec son pied gauche sur un pédalier. Elle a un style plus proche de Milt Buckner/Wild Bill Davis que de Jimmy Smith. Elle joue ses propres compositions. Donc, allez les découvrir sur internet.

 Le jeu de son compère à la batterie - Pius Baschnagel - montre qu’ils doivent souvent jouer ensemble.

 Un bon concert pour se mettre en bouche avant le clou de la soirée que fut :

 

- Davell Crawford trio featuring Herlin Riley : Il faut être simple et précis : En ce moment, Herlin Riley est le meilleur batteur en activité. Ce n’est pas pour rien qu’il accompagne souvent les Ahmad Jamal et autres Monty Alexander. (cliquez sur le visuel d'Herlin Riley pour l'agandir)

Mais là où il est l’égal des plus grands - oui !  Zutty Singleton ou Warren Baby Dodds -  c’est lorsqu’il joue dans le style Nouvelle Orleans . Vous savez, l’accompagnement sur la caisse claire tout en roulement comme Minor Hall dans les disques de Kid Ory  , ou les trouvailles rythmiques de Baby Dodds derrière les solistes. Il fait chanter sa batterie dans des solos qui ne sont jamais ni de l’esbroufe, ni du bruit. Herlin accompagne si finement, que par moment on prête plus l’oreille à la batterie qu’à Davell….

Davell Crawford, son rôle était d’évoquer les pianistes de la Nouvelle Orleans . Il a donc commencé par son grand-père : Sugar Ray Crawford (Iko, Iko). Puis, il a évoqué Fats Domino (Blueberry Hill, I’m walking, Aint that a shame), Professor Longhair  et James Booker (Something you got, Jungo Partner, Tipanina) et, un clin d’œil à Jelly Roll Morton (Buddy Bolden’s  blues). 

Il a aussi joué du Davell Crawford, l’écorché vif : Louisiana 1929 (sur les inondations), Do you know what it means to leave New Orleans et un blues en hommage à la Suisse et à Ascona, - qui nous a semblé improvisé, sur le moment - Comme vous le savez, j’adore Davell Crawford, son showmanship, son chant et son jeu de piano .

Le jeune Barry Stephenson fait le job à la basse, et pas mal du tout. Ce n’est pas pour rien qu’il a été choisi pour accompagner les deux vedettes.

Nous sommes partis juste après, en nous disant qu’on avait bien fait de faire le voyage à Ascona….Et tout cela pour 20€ !

Jacques BESSE    - Membre du Hot Club de France (waiting for Michel Lalanne)

25/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (2) - VENDREDI 24 JUIN 2016539

Première vraie soirée du festival, Premier week-end :

 

- The  NewOrleans Jazz Vipers : Un orchestre sans batteur. La section rythmique  composée de Molly Reeves à la guitare et Josuah Gouzy à la basse assurent un tempo solide et un soutien sans faille aux solistes. L’orchestre joue une musique très arrangée où les souffleurs accompagnent  les solistes, soit avec des contre-chants à la clarinette, soit avec des rifs au sax. Cliquez sur le visuel pour l'agrandir .

Craig Klein au trombone et Kevin Louis à la trompette sont parfaitement épanouis dans cet orchestre. Kevin Louis m’a  fait une impression bien meilleure que l’année dernière, que se soit avec ou sans sourdine. Les deux autres  souffleurs - les Bonie père et fils aux saxophones  - sont une découverte épatante. Le père, Earl, joue du ténor et de la clarinette, le fils Oliver de l’alto. Ils swinguent terrible !

Ils chantent tous (sauf Earl Bonie) et c’est bon. Le répertoire est composé de hits : Lady be good, Rose Room, Second Line, mais aussi de morceaux beaucoup moins connus comme le New Orleans Bump de Jelly Roll Morton joué dans un arrangement très sophistiqué.

Un superbe concert ... complètement acoustique !

- China Moses : Accompagnée du pianiste Raphaël Lemonnier et de son orchestre, elle a joué un set de 2 heures sans discontinuer. China est bavarde, mais lorsqu’elle raconte, Raphaël l’accompagne au piano et c’est très agréable. Le concert a été pour une grande moitié du blues (ce que j’ai préféré) : Dinah’s blues, Why don’t you do right, Make up your mind. Pour le reste il fut consacré à une introduction à son futur CD, préparé en collaboration avec son nouveau directeur musical Luigi Grasso : Nicotine, Disconneted, Hung over, Watch out. Lorsque China chante, c’est presque toujours Raphaël Lemonnier qui assure l’accompagnement.

Luke Wynter à la basse et Marijus Alexsa à la batterie, assuraient une base solide à la formation.

Un mot sur Luigi Grasso : C’est un excellent musicien dont le style de base est le bop. Mais il a fait de somptueux solos sur le blues, avec soit de longues notes tenues, soit des arpèges bopisantes (j’aime moins !).

 

Jacques BESSE    - Membre du Hot Club de France - (Waiting for Michel LALANNE !) - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France.

- Photo : Michel Lalanne (Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

 

- Les jam sessions ont commencé dans l’ancien Hôtel Helvetia - relativement spacieux - et nous avons pu assister à un premier set, très agréable, animé par Paul Longstreth avec Teddy Boutté et John Michael Bradford. A suivre…

 

24/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (1) - JEUDI 23 JUIN 2016538

LE festival JazzAscona commence le vendredi mais, traditionnellement, la veille l’organisation présente un programme réduit pour se mettre en jambe (ou en bouche !).

 

Le premier spectacle a été cette année le Treme Brass Band  sous la direction du joueur de grosse caisse Benny Jones ; cet orchestre traditionnel de La Nouvelle Orleans  est mené par le Grand Marshall Oswald Jones aidé, pour cette soirée, par Trixie Minx vêtue d’un magnifique costume à plumes. (cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

- Les cuivres : Shammar Allen (tp), Terrence Taplin (tb) et Cedrix Wiley (sax), étaient renforcés par John Michael Bradford (tp) dont nous avons pu apprécier les progrès depuis l’an dernier (nous vous en reparlerons).

- La section rythmique : avec John Gross (tuba) et le vétéran Venon Serien (caisse claire), étaient renforcés de Derrick Freeman (le batteur de Kermit Ruffin) et du jeune Shawn Lee.

Ils ont bien sûr joué les standards de La Nouvelle Orléans - de Second Line à Down by the Riverside - et nous avons défilé avec eux, les yeux éblouis par le spectacle - des plumes de Trixie et des paysages du lac - en embrassant tous nos amis retrouvés. Et les oreilles charmées par la musique.

Un bon début de festival, sous un superbe ciel bleu et une chaleur estivale bien appréciée du pauvre parisien que je suis.

Un mot des concerts suivants de la soirée : 

La Section Rythmique - c’est excellent, mais cela vous le savez tous -  accompagnait la bonne chanteuse australienne Hetty Kate (si vous cherchez à fuir les bals des pompiers du 14 juillet, je vous conseille d’aller l'écouter vendredi 15 juillet 2016 au Caveau de la Huchette de Paris).  

Nous vous reparlerons de New Orleans Jazz Vipers - un orchestre NO sans batteur - et du duo Tom McDermott (p) Aurora Neadland (ss, cl, voc). Aurora joue du saxo soprano, sans chercher à imiter Sidney Bechet !

 

Jacques BESSE   - Membre du Hot Club de France - (Seul ...en attente de Michel LALANNE ... qui arrivera dimanche) - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France. 

Note du Site : Comme ils l'ont fait les années précédentes, Jacques Besse et Michel Lalanne - amateurs reconnus - ont accepté de commenter chaque jour, du jeudi 23 juin au samedi 9 juillet 2016 - En direct du festival JazzAscona 2016 - leurs Coups de Coeur et les Points Forts du festival . 

Publication quotidienne sur ce Site du Hot Club de France - Forum/Réagir : le lendemain, en fin de journée.

19/06/2016 DECES DE SIR CHARLES THOMPSON537

Le grand pianiste et organiste Sir Charles Thompson est décédé jeudi 16 juin 2016 au Japon où il vivait depuis de nombreuses années. Il était né le 21 mars 1918 et avait donc 98 ans. Sir Charles était marié à une Japonaise depuis 1990. Ses obsèques auront lieu le 21 juin 2016 à Tokyo.

 

Sir Charles Thompson (Ph:Blue Note)

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

 

Hugues Panassié écrivait que Sir Charles Thompson s'était inspiré de Count Basie, dont il avait l'extrème concision et le sens du Swing.

Il avait joué avec tous les plus grands noms du jazz : Lionel Hampton, Lucky Milinder, Lester Young, Illinois Jacquet, Buck Clayton, Coleman Hawkins, Don Byas, Jo Jones, Earl Bostic...

Sir Charles Thompson était également le compositeur du fameux standard Robbins' Nest.  

 

Michel STOCHITCH   Président du HCF - PARIS

Page : 1 sur 28 (du 19/06/2016 au 24/07/2016)