FORUM RÉAGIR

DATES

DOCUMENTS

PROPOSITIONS

VOUS AVEZ LA PAROLE !

Si vous désirez faire connaître votre opinion , communiquer une information , faire une proposition , donner une réponse, UNIQUEMENT sur un sujet relatif au jazz authentique, soumettez-nous votre message. (Il s'agit d'un FORUM en différé et non d'un Dialogue interactif).

Envoyez toujours vos Réponses et Commentaires par l'intermédiaire du Forum . Si vous écrivez directement à l'internaute,merci de copier le Forum à hcf@noos.fr

Ecrivez votre texte dans l'email, apres avoir cliqué sur le lien ci-dessous, (A la fin de votre message indiquez toujours vos NOM,PRENOM et EMAIL)

Après validation, votre message - ou son adaptation - sera publié dans le forum ci-dessous.

Page : 1 sur 28 (du 11/04/2016 au 29/06/2016)
29/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (6) - MARDI 28 JUIN 2016543

Un beau programme, dont nous avons extrait deux des plus belles perles .

 

- La Dyva : La découverte du jour s’appelle Vanessa Gnaegy, alias La Dyva. Cette jeune pianiste suisse joue essentiellement des boogies et fort bien - puissante et alerte main gauche -. Son répertoire va de Meade Lux Lewis (Honky Tonk train blues) à Axel Zwingenberger , le maître actuel du genre. On l’espère maintenant dans les grands festivals de boogie en France : La Roquebrou chez Jean Paul Amouroux et à Beaune chez Jean Pierre Bertrand. Artiste prometteuse.

 

- Lillian Boutté and her musician friends : Pour nous, les vedettes de cette soirée - intitulée Tribute to Louis Armstrong - ont été les trois trompettistes invités : Leon Kid Chocolate Brown, John Mickael Bradford et Shammarr Allen. Ils se sont multipliés en duo et en trio durant toute la soirée. Leon Brown, le plus proche de Satchmo,  nous a convaincu en solo sur Dinah and I’m confessin that I love youJohn Mickael Bradford, en net progrès par rapport à l’année dernière, brilla sur West end blues, Stardust et Struttin with some barbecue. Sa technique est parfaite mais sa sonorité est encore un peu blanche ). Shammarr Allen, le plus moderne des trois, sût se fondre dans les trios (Jeepers Creepers ou Hello Dolly).

Thomas L’Etienne, parfait maître de cérémonie, avait mis en œuvre le programme. Lui, son ami Uli Wunner et l’excellent trombone danois Ole Fessor Lindegren ont eu une part beaucoup moins importante et sont restés dans un rôle d’accompagnement.

L’impeccable section rythmique était composée du guitariste Denny Ilett, du bassiste Giorgos Antoniou et de l’extraordinaire drummer Shannon Powell, âme de l’orchestre. Frustré de n’avoir tenu qu’un rôle d’accompagnateur il nous a emmené dans un double rappel de 12 minutes sur Liza Jane !  (Rugissement final !!!!!!!!=)

Les deux chanteuses :

Tanya Boutté nous a fort bien interprété  Basin street blues, puis Exactly like you ; nous regretterons toutefois son manque de chaleur… Sa tante Lillian Boutté, vedette annoncée de la soirée, n’intervint qu’à trois brèves reprises (When it’s sleepy time down south, C’est si bon et What a wonderfull world). Et chacun de ses brefs passages étaient remplis d’une mélancolie palpable pour la majorité du public. Emotion maximale.

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France

28/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (5) - LUNDI 27 JUIN 2016542

Après la pluie, le beau temps.

La journée de lundi a été marquée par le retour du soleil, ce qui influe grandement sur le moral des festivaliers et le jugement des commentateurs.

 

- Aurora Neadland et Tom McDermott : Ce duo, que nous connaissions peu si ce n’est que par quelques échos venus d’Outre-Atlantique, joue un jazz très classique à base de standards : - Pour elle : Trouble inoutre Atlantiquemind, Tenessee Waltz, Wining boy (Jelly roll Morton) - Pour lui : Maple Leaf rag ou Tico Tico. (Ph:J.Besse - Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

Malgré plusieurs titres empruntés à Sidney Bechet - The broken wind meel ou Si tu vois ma mère - cette jeune femme, qui joue de la clarinette et du soprano, s’est forgé un style très personnel et pas du tout inspiré par le grand maître. Quand elle chante, elle fait penser à ces chanteuses des années 20, à la voix rauque et grave.

Son partenaire, le pianiste Tom McDermott, est très original, développant un style personnel, inspiré à la fois par Jelly Roll Morton et par certains pianistes de blues de La Nouvelle Orleans.

Le tandem fonctionne à la perfection : Par exemple, en ouvrant la deuxième partie du concert par un dynamique In the mood, joué à 4 mains.

 

- La Section Rythmique et Hetty Kate : Nous ne mettrons pas d’étiquette sur elle. Elle a le style - à la fois vocal et vestimentaire - des chanteuses de variétés américaines des années 50 (Blossom Dearie ou Anita O’Day). Ce n’est pas tout à fait ce que nous espérons à Ascona. Mais, nos amis de La Section Rythmique l’ont superbement accompagnée. Un moment agréable !

 

- Le pianiste Luca Filastro : Luca nous a joué un set en trio, composé à 70% de la musique de Fats Waller et à 20% de Milt Buckner. Un mélange surprenant, surtout lorsqu’il passe d’un style à l’autre dans le même morceau. Et, pour illustrer notre propos, 3 morceaux qui ne sont dans le répertoire ni de l’un, ni de l’autre : How high the moon, The flat floot foogie, Lady be good.

 

Demain, nous vous parlerons de Lillian Boutté, de ses deux nièces et de leurs accompagnateurs.

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

N.B. : Un pianiste suisse a retenu mon attention. Il s’agit de Renato Chicco, inspiré et mélodieux, qui joue dans le Patrick Bianco’s Cannonsoul  (M.L)

 

27/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (4) - DIMANCHE 26 JUIN 2016541

Swingin' in the rain !

Dimanche a été pour nous la journée des pianistes. Nous en avons écouté au moins 7 ! Et pour les bordelais du Bordeaux Hot Club - sous la direction de leur président Christian Sabouret -  juste arrivés, quel beau début de festival !

 

- Luca Filastro trio et Mickael Supnick : Luca et Mickael - qui, avec leur orchestre Gotha Swing (nous en reparlerons), animent les soirées dansantes jusqu’à 2 heures du matin - étaient convoqués à 11h30 au restaurant Pontile. Ils ont joué 2 heures sans discontinuer. 

Contrairement à son style du soir, où il joue souvent en block chords, Luca du matin joue beaucoup en stride.  Mais, sur certains morceaux - Rosetta, par exemple - on sent aussi l’influence d'Earl Hines et de Teddy Wilson.  Dans ses approches variées, il nous a rappelé un autre pianiste italien : Rossano Sportiello.

Mickael Supnick  - américain, émigré à Rome - joue de la trompette et du trombone. Il chante aussi, mais c’est surtout un entertainer qui a amusé le public (hélas, en italien!). Il nous a semblé plus à l’aise le soir avec Gotha Swing - (peut être le réveil !). Guido Giocomini, le bassiste, chante en s’inspirant de Fats Waller. C'est surprenant !

 

- The Piano Night : Sur une proposition du pianiste Davell Crawford, la soirée, au théâtre Del Gatto - parfaite acoustique - a réuni 6 pianistes, avec deux grands pianos. Ils furent présentés en soliste, puis en trio avec Barry Stephenson à la basse et Herlin Riley à la batterie et, sur un morceau, en duo avec Davell Crawford. (cliquez sur la photo de Davell Crawford pour l'agrandir)

Pour lire tout le bien que nous pensons d'Herlin Riley, voir notre compte-rendu du samedi 25 Juin.

Pour ce sommet, rassemblant : Davell Crawford, Tom McDermott, Paul Longstreth, Christian Willisohn, David Paquette et Silvan Zingg, les appréciations ont été diverses. Certains, comme Michel Lalanne, ont préféré Christian Willisohn, d’autres, comme Jacques Besse, Tom Mc Dermott. Le public nous a semblé plébisciter le local de l’étape : Silvan Zingg. Bien sûr, Davell Crawford était hors catégorie.

 C’était la première fois, dans l’histoire d’Ascona qu’une telle soirée était organisée et nous espérons que, dans les années à venir, l’expérience sera renouvelée.

 

Regrets : Après deux heures et demie de piano, nous avons écouté le grand orchestre de l’École de musique de Lugano - SNUM Big Band - jouer un hommage à Jay McShann. Mais hélas, nous n’avons pu entendre qu’un excellent Moten Swing !

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

26/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (3) - SAMEDI 25 JUIN 2016540

La pluie s’est invitée dans la journée mais a disparu vers 17h. Elle n’a donc pas gêné les concerts du jour.

Je concentre mon compte-rendu de ce jour sur les musiciens qui ne repasseront pas…

 

- Barbara Dennerlein duo : Le Rhin est une rivière beaucoup plus large qu’on ne le croit : beaucoup d’artistes germaniques de talent ne viennent jamais en France (on n'entend guère que Echoes of Swing et les pianistes de Boogie). 

Faites comme moi, allez découvrir Barbara sur Youtube et sélectionnez plutôt des morceaux bluesy  (tout est bon, que ce soit lent ou rapide) - Cliquez sur photo de Barbara pour l'agrandir -

Barbara joue de l’orgue Hammond. Personnellement, je ne m'y connais rien techniquement mais, son instrument est un B3 et elle a expliqué, en allemand, tout l’intérêt d’un tel instrument par rapport à un clavier électronique !

Son style : Elle m’a rappelé celui de Rhoda Scott, peut être parce qu’elle joue les basses avec son pied gauche sur un pédalier. Elle a un style plus proche de Milt Buckner/Wild Bill Davis que de Jimmy Smith. Elle joue ses propres compositions. Donc, allez les découvrir sur internet.

 Le jeu de son compère à la batterie - Pius Baschnagel - montre qu’ils doivent souvent jouer ensemble.

 Un bon concert pour se mettre en bouche avant le clou de la soirée que fut :

 

- Davell Crawford trio featuring Herlin Riley : Il faut être simple et précis : En ce moment, Herlin Riley est le meilleur batteur en activité. Ce n’est pas pour rien qu’il accompagne souvent les Ahmad Jamal et autres Monty Alexander. (cliquez sur le visuel d'Herlin Riley pour l'agandir)

Mais là où il est l’égal des plus grands - oui !  Zutty Singleton ou Warren Baby Dodds -  c’est lorsqu’il joue dans le style Nouvelle Orleans . Vous savez, l’accompagnement sur la caisse claire tout en roulement comme Minor Hall dans les disques de Kid Ory  , ou les trouvailles rythmiques de Baby Dodds derrière les solistes. Il fait chanter sa batterie dans des solos qui ne sont jamais ni de l’esbroufe, ni du bruit. Herlin accompagne si finement, que par moment on prête plus l’oreille à la batterie qu’à Davell….

Davell Crawford, son rôle était d’évoquer les pianistes de la Nouvelle Orleans . Il a donc commencé par son grand-père : Sugar Ray Crawford (Iko, Iko). Puis, il a évoqué Fats Domino (Blueberry Hill, I’m walking, Aint that a shame), Professor Longhair  et James Booker (Something you got, Jungo Partner, Tipanina) et, un clin d’œil à Jelly Roll Morton (Buddy Bolden’s  blues). 

Il a aussi joué du Davell Crawford, l’écorché vif : Louisiana 1929 (sur les inondations), Do you know what it means to leave New Orleans et un blues en hommage à la Suisse et à Ascona, - qui nous a semblé improvisé, sur le moment - Comme vous le savez, j’adore Davell Crawford, son showmanship, son chant et son jeu de piano .

Le jeune Barry Stephenson fait le job à la basse, et pas mal du tout. Ce n’est pas pour rien qu’il a été choisi pour accompagner les deux vedettes.

Nous sommes partis juste après, en nous disant qu’on avait bien fait de faire le voyage à Ascona….Et tout cela pour 20€ !

Jacques BESSE    - Membre du Hot Club de France (waiting for Michel Lalanne)

25/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (2) - VENDREDI 24 JUIN 2016539

Première vraie soirée du festival, Premier week-end :

 

- The  NewOrleans Jazz Vipers : Un orchestre sans batteur. La section rythmique  composée de Molly Reeves à la guitare et Josuah Gouzy à la basse assurent un tempo solide et un soutien sans faille aux solistes. L’orchestre joue une musique très arrangée où les souffleurs accompagnent  les solistes, soit avec des contre-chants à la clarinette, soit avec des rifs au sax.

Craig Klein au trombone et Kevin Louis à la trompette sont parfaitement épanouis dans cet orchestre. Kevin Louis m’a  fait une impression bien meilleure que l’année dernière, que se soit avec ou sans sourdine. Les deux autres  souffleurs - les Bonie père et fils aux saxophones  - sont une découverte épatante. Le père, Earl, joue du ténor et de la clarinette, le fils Oliver de l’alto. Ils swinguent terrible !

Ils chantent tous (sauf Earl Bonie) et c’est bon. Le répertoire est composé de hits : Lady be good, Rose Room, Second Line, mais aussi de morceaux beaucoup moins connus comme le New Orleans Bump de Jelly Roll Morton joué dans un arrangement très sophistiqué.

Un superbe concert ... complètement acoustique !

- China Moses : Accompagnée du pianiste Raphaël Lemonnier et de son orchestre, elle a joué un set de 2 heures sans discontinuer. China est bavarde, mais lorsqu’elle raconte, Raphaël l’accompagne au piano et c’est très agréable. Le concert a été pour une grande moitié du blues (ce que j’ai préféré) : Dinah’s blues, Why don’t you do right, Make up your mind. Pour le reste il fut consacré à une introduction à son futur CD, préparé en collaboration avec son nouveau directeur musical Luigi Grasso : Nicotine, Disconneted, Hung over, Watch out. Lorsque China chante, c’est presque toujours Raphaël Lemonnier qui assure l’accompagnement.

Luke Wynter à la basse et Marijus Alexsa à la batterie, assuraient une base solide à la formation.

Un mot sur Luigi Grasso : C’est un excellent musicien dont le style de base est le bop. Mais il a fait de somptueux solos sur le blues, avec soit de longues notes tenues, soit des arpèges bopisantes (j’aime moins !).

 

Jacques BESSE    - Membre du Hot Club de France - (Waiting for Michel LALANNE !) - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France.

Les jam sessions ont commencé dans l’ancien Hôtel Helvetia - relativement spacieux - et nous avons pu assister à un premier set, très agréable, animé par Paul Longstreth avec Teddy Boutté et John Michael Bradford. A suivre…

 

24/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (1) - JEUDI 23 JUIN 2016538

LE festival JazzAscona commence le vendredi mais, traditionnellement, la veille l’organisation présente un programme réduit pour se mettre en jambe (ou en bouche !).

 

Le premier spectacle a été cette année le Treme Brass Band  sous la direction du joueur de grosse caisse Benny Jones ; cet orchestre traditionnel de La Nouvelle Orleans  est mené par le Grand Marshall Oswald Jones aidé, pour cette soirée, par Trixie Minx vêtue d’un magnifique costume à plumes. (cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

- Les cuivres : Shammar Allen (tp), Terrence Taplin (tb) et Cedrix Wiley (sax), étaient renforcés par John Michael Bradford (tp) dont nous avons pu apprécier les progrès depuis l’an dernier (nous vous en reparlerons).

- La section rythmique : avec John Gross (tuba) et le vétéran Venon Serien (caisse claire), étaient renforcés de Derrick Freeman (le batteur de Kermit Ruffin) et du jeune Shawn Lee.

Ils ont bien sûr joué les standards de La Nouvelle Orléans - de Second Line à Down by the Riverside - et nous avons défilé avec eux, les yeux éblouis par le spectacle - des plumes de Trixie et des paysages du lac - en embrassant tous nos amis retrouvés. Et les oreilles charmées par la musique.

Un bon début de festival, sous un superbe ciel bleu et une chaleur estivale bien appréciée du pauvre parisien que je suis.

Un mot des concerts suivants de la soirée : 

La Section Rythmique - c’est excellent, mais cela vous le savez tous -  accompagnait la bonne chanteuse australienne Hetty Kate (si vous cherchez à fuir les bals des pompiers du 14 juillet, je vous conseille d’aller l'écouter vendredi 15 juillet 2016 au Caveau de la Huchette de Paris).  

Nous vous reparlerons de New Orleans Jazz Vipers - un orchestre NO sans batteur - et du duo Tom McDermott (p) Aurora Neadland (ss, cl, voc). Aurora joue du saxo soprano, sans chercher à imiter Sidney Bechet !

 

Jacques BESSE   - Membre du Hot Club de France - (Seul ...en attente de Michel LALANNE ... qui arrivera dimanche) - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France. 

Note du Site : Comme ils l'ont fait les années précédentes, Jacques Besse et Michel Lalanne - amateurs reconnus - ont accepté de commenter chaque jour, du jeudi 23 juin au samedi 9 juillet 2016 - En direct du festival JazzAscona 2016 - leurs Coups de Coeur et les Points Forts du festival . 

Publication quotidienne sur ce Site du Hot Club de France - Forum/Réagir : le lendemain, en fin de journée.

19/06/2016 DECES DE SIR CHARLES THOMPSON537

Le grand pianiste et organiste Sir Charles Thompson est décédé jeudi 16 juin 2016 au Japon où il vivait depuis de nombreuses années. Il était né le 21 mars 1918 et avait donc 98 ans. Sir Charles était marié à une Japonaise depuis 1990. Ses obsèques auront lieu le 21 juin 2016 à Tokyo.

 

Sir Charles Thompson (Ph:Blue Note)

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

 

Hugues Panassié écrivait que Sir Charles Thompson s'était inspiré de Count Basie, dont il avait l'extrème concision et le sens du Swing.

Il avait joué avec tous les plus grands noms du jazz : Lionel Hampton, Lucky Milinder, Lester Young, Illinois Jacquet, Buck Clayton, Coleman Hawkins, Don Byas, Jo Jones, Earl Bostic...

Sir Charles Thompson était également le compositeur du fameux standard Robbins' Nest.  

 

Michel STOCHITCH   Président du HCF - PARIS

13/06/2016 THREE BLIND MICE 536

Pour la sortie de leur nouveau CD, Three Blind Mice -Sébastien Girardot (b), Malo Mazurié (tp) et Félix Hunot (gu)- avaient réuni, dimanche 12 juin 2016 en soirée, ami(e)s, amateurs et musiciens de jazz au Paris Boogie Speakeasy d’Yves Riquet.

 

 Three Blind Mice

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir 

 

Devant une salle comble et enthousiaste, les jeunes et talentueux musiciens interprétèrent avec aisance et une virtuosité impressionnante quelques morceaux extraits de leur nouveau CD, parmi lesquels : Black Bottom Stomp (Jelly Roll Morton), Polka Dot Stomp (Noble Sissle – Sidney Bechet), Rockin’ in Rythm (Carney- Ellington)….

On notait dans l’assistance la présence de nombreux musiciens et musiciennes, dont : Aurore Voilqué, Jérôme Etcheberry, François Biensan, Michel Pastre, Nicolas Peslier, Hagop Demirdjian, Nirek Mokar, Raphaël Dever, Bruno Rousselet, Philippe Baudoin, Pauline Atlan, Cesar Pastre et Marie-Laure Celisse, Annie Terramorsi….

 

Merci pour cette belle soirée et bravo aux courageux musiciens de Three Blind Mice pour leur nouvelle production.

 

 

Michel STOCHITCH   Président du HCF - PARIS

Note du site : Le CD Three Blind Mice sera chroniqué dans un prochain numéro du Bulletin du HCF

 

 

 

 

11/06/2016 LA CHANTEUSE BRITANIQUE MELLOW BAKU 535

Je ne connaissais pas du tout l’excellente chanteuse anglaise Mellow Baku, jusqu’à la découverte, sur YouTube, de la video Ain't Nobody's Business If I Do

 

  Mellow Baku

 Cliquez sur le visuel pour l'agrandir 

 

Dotée d’une voix chaude, Mellow Baku a, lorsqu’elle chante le jazz authentique, un style directement et magnifiquement puisé dans celui des noirs. Elle est ici accompagnée par un orchestre comprenant les excellents Duke Heitger (tp) - ici très inspiré par Louis Armstrong- et Tomas Winteler (cl). Tous deux savent raconter une histoire !

La seule autre bonne vidéo que j’ai trouvée d’elle, est Careless Love,  enregistrée au Whitley Bay en 2015 (comme la précédente).

Vous trouverez quelques renseignements  au sujet de Mellow Baku sur son site internet ,ainsi que sur le site de Jazz and Co.

Ralph BALLMER   

21/05/2016 NIREK MOKAR : UN JEUNE SURDOUE DU BOOGIE WOOGIE 534

Au moment où est déjà prévu l'enregistrement de son deuxième C.D, il paraît opportun de reparler de  Nirek Mokar, tout jeune pianiste de Boogie Woogie. Il fut la révélation du Festival International de Boogie Woogie de La Roquebrou 2015 où le public lui réserva un beau succès à l'issue de chacun de ses passages, tant sur la scène principale (IN) que dans les cafés (OFF).

Agé aujourd'hui de 13 ans, il a découvert le piano et le Boogie Woogie dès sa plus tendre enfance, en accompagnant son père au club privé : le Paris Boogie Speakeasy. C'est là qu'il acquit ses premières notions de base de Boogie Woogie, conseillé par des pianistes de passage comme... Jean-Baptiste Franc, Jean-Pierre Bertrand et...Jean-Paul Amouroux.

 

 Nirek Mokar

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir 

 

Depuis ses grands débuts, en décembre 2013 au Beaune Blues Boogie Festival, Nirek Mokar s'est fait remarquer tant à Paris qu'au récent Silvan Zingg International Boogie Woogie Festival de Lugano ( Suisse). Il sera présent au prochain Festival de la Baule, puis à celui de Gyor ( Hongrie ) et il est annoncé ... à Cincinnati ( U.S.A ). Quel parcours !

En attendant la parution de son nouvel album, revenons sur le premier, Nirek Mokar plays Boogie Woogie,  enregistré en trio - avec Claude Braud (ts) et Thomas Racine(dr) - , pour le label Boogie Land ( BL 2002 )*. On y retrouve Albert Ammons à plusieurs reprises parmi les 14 thèmes proposés ( In a little Spanish town, Shout for Joy ...).

Nirek Mokar impressionne par sa virtuosité . Il est doté d'une dextérité et d'une aisance peu communes ce qu'il démontre par ses interprétations de standards tels que Pinetop's Boogie Woogie, Frantic ( de Sammy Price ) ou Lambert Boogie. Et, heureuse surprise Mr Freddie Blues, en guise d'hommage à Pete Johnson est joué en stride, montrant ainsi la polyvalence du pianiste.

 

Pour découvrir un petit prodige ! 

Michel LALANNE   - Vice Président du Bordeaux Hot Club

* Il faut souligner le rôle important de ses deux partenaires : Claude Braud excellent dans le rôle du Honker qu'il affectionne et Thomas Racine au jeu souple, présents dans plusieurs morceaux. Ils participent grandement à la réussite de cet album.

 

Note du Site : Le CD Nirek Mokar plays Boogie Woogie sera chroniqué dans un prochain numéro du Bulletin du HCF

22/05/2016 MICHEL PASTRE BIG BAND ET DOMINIQUE MAGLOIRE 533

 

Samedi 7 mai 2016, dans le cadre du Festival de Jazz de Münster (F.), le Michel Pastre Big Band donnait un concert et recevait la chanteuse Dominique Magloire.

 

La première partie du concert - absolument magnifique - était consacrée à Count Basie. Là, le Big Band de Michel Pastre est dans son domaine de prédilection : le Swing. L'orchestre est emporté par une section rythmique, digne de Basie, avec : François Laudet, l'un des meilleurs batteurs français de Big Band, la guitare d' Enzo Mucci qui apporte toute sa souplesse au swing, et les excellents Raphaël Dever (b) et Pierre Christophe(p). Section rythmique qui apporte tout son soutien, en boostant les solistes. 

M'ont franchement enthousiasmés les solos de : 

- François Biensan, qui n'est pas seulement un très bon trompette, mais un grand trompette.

- Luigi Grasso (as) fut, pour moi, une magnifique découverte ,

- Patrick Baqueville (tb) et, bien entendu, Michel Pastre (ts).

Pour être juste, je devrais citer tous les autres ! 

La plupart des arrangements étaient de François Biensan. Le public ne s'y est pas trompé qui a réagit avec enthousisame, dès le premier morceau.

 

Dominique Magloire fut l'invitée de la seconde partie, où elle bénéficia d'un soutien sans faille du Big Band. Le répertoire était puisé dans celui de Billie Holiday. Dominique Magloire ne s'est jamais fourvoyée dans une imitation de Billie, mais a repris ses titres dans son propre style. 

Avant ce concert, j'avais visionné de nombreuses vidéos de Dominique Magloire. Elle chantait dans différents styles : chansons, classique, gospel et... un peu de jazz. Dans ce dernier style, elle était bien loin de m'enthousiasmer! Il est fort probable que son passage chez Michel Pastre lui a permis de mettre en évidence ses qualités de chanteuse de jazz. Et, quelle réussite ! Dominique Magloire a une très belle voix chaleureuse, ample et puissante, au swing souvent subtile.

 

Bref, ce fut une soirée sublime !

Ralph BALLMER   

18/05/2016 LE BLUES DE BILLIE HOLIDAY - LE SYBO ET NICOLLE ROCHELLE532

Lorsque j’écoute un enregistrement de Billie Holiday, je me surprends presque systématiquement à plus écouter ses accompagnants que Billie. Ce qui n’est jamais le cas lorsque j’écoute, en CD ou en spectacle, Nicolle Rochelle.

 

Le Swiss Yerba Buena Orchestra (SYBO) a enregistré un CD avec Nicolle Rochelle sous le titre Le blues de Billie Holiday.

 
Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

 

Ce mème titre est également disponible sous forme de DVD qui est présenté sur YouTube

 

D'autre part, Nicolle Rochelle et Béat Clerc (leader du Swiss Yerba Buena Orchestra) ont été interviewés par la Radio Télévision Suisse le 16 avril 2016. Cette interview, illustrée d'intermèdes musicaux en direct avec l'orchestre - en formation réduite - a une durée de 25 minutes.

 

Ralph BALLMER   

17/05/2016 TELECHARGEMENT ET ECOUTE D’INTEGRALES SUR LE NET531

Sous le nouveau label Complete Jazz Series on peut trouver sur plusieurs sites internet, dont Amazon, des centaines d’intégrales de musiciens et d’orchestres de l’histoire du Jazz Authentique… et du Blues. 

 


Cliquez sur le visuel pour l'agrandir 

 

Classés pour chaque interprète par ordre chronologique, ces enregistrements sont disponibles au Téléchargement MP3 par pistes groupées ou par pistes individuelles.

On peut également les écouter en streaming sur Deezer .

LE SITE   

01/05/2016 HARRY ALLEN QUARTET A LA TESTE DE BUCH 530

C’est un plaisir de retrouver le trop rare saxophoniste ténor Harry Allen en France.

Samedi 30 avril 2016, à la Teste de Buch (F.33), ce fut un retour fort apprécié du public qui avait répondu nombreux à cet événement car, rappelons-le, sa dernière venue dans notre région datait de … 1990. Ce concert était dû à l’initiative de la très active association Bassin’Jass.

Harry Allen était entouré de David Blenkhorn (gu), Cédric Caillaud (b) et Didier Ottaviani (dr). Une rythmique qui a épaulé de façon efficace le saxophoniste.

 

 Harry Allen

Ph:Yvette Chamberlin

cliquez sur le visuel pour l'agrandir 

 

Hommage fut rendu aux belles compositions de Neal Hefti : Splanky, Fly of the foo birds et l’incontournable Girl talk. Harry Allen à la sonorité chaude, ample dont le jeu est largement inspiré de celui de Coleman Hawkins, développe des phrases très étirées qui mettent en valeur sa généreuse sonorité, notamment en tempo lent : Que reste-t-il de nos amours ? (alias I wish you love) ou That’s all. En tempo rapide, Harry Allen possède un solide jump comme lors de The sound investment, une composition d’un autre saxophoniste ténor célèbre Flip Phillips.

Le guitariste David Blenkhorn distille des accords subtils et toujours du meilleur goût, aussi bien en solo qu’à l’accompagnement. Quant à Cedric Caillaud, c’est un bassiste attentif, à l’écoute de ses comparses, et toujours à la recherche de la juste note.

En somme, une de ces soirées qui restent en mémoire.

                                                                                                                     

Christian SABOURET   Président du Bordeaux Hot Club

25/04/2016 AU PREMIER LÉOGNAN’S BOOGIE FESTIVAL529

 Portée par la passion de leur fils Florian pour le piano en général et le style de piano boogie woogie en particulier, la famille Michiels vient de créer l’association Les Nuits du Boogie dont c’était le premier festival, à Léognan - dans la banlieue bordelaise - en ce samedi 23 Avril 2016.

 Le programme était alléchant avec deux pianistes maîtres es boogie woogie : Jean-Pierre Bertrand et Frank Muschalle et une rythmique de feu avec Gilles Chevaucherie (b), Nicolas Peslier (gu), Stéphane Roger (dr). Et donc, le jeune pianiste Florian Michiels dont c’était la toute première confrontation avec les tout meilleurs. Pour autant, Florian Michiels s’est montré à la hauteur de ses deux compères. Les uns et les autres se produisant au piano soit en solo, soit en duo. Leurs prestations, souvent endiablées, ont enflammé le public.

 

 Parmi les moments forts :

Un duo Bertrand/Michiels sur Lady be good puis Swanee river boogie, en référence à Albert Ammons.

- Une surprenante version de Thishomingo blues adaptée au boogie woogie par Jean-Pierre Bertrand.

- Frank Muschalle au jeu plein, délié, toujours inspiré, notamment sur le blues, en solo lors de Blue Morbihan puis, en duo avec Jean-Pierre Bertrand, sur le délicat Morning glory.

 La solide section rythmique, portée par le drumming de métronome de Stéphane Roger, la basse slappante de Gilles Chevaucherie et les beaux accords de guitare de Nicolas Peslier, soutenait avec vigueur le swing impulsé par les pianistes. 

 

 Une soirée musicalement réussie où l’on aurait souhaité un auditoire plus fourni pour un concert de cette qualité. Les dévoués organisateurs méritaient mieux pour une première. Formons des vœux pour une prochaine édition avec, cette fois, un nombreux public.

Christian SABOURET   Président du Bordeaux Hot Club

21/04/2016 AU 70e ANNIVERSAIRE DU HOT CLUB DE PAU528

Samedi 16 Avril 2016, à la Maison pour Tous de Gan (F.64), le Hot Club de Pau a fêté dignement - et même glorieusement -  son 70ème Anniversaire, par un concert étourdissant.

 

 

Tonky de la Pena

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

Cinq formations se sont présentées : 

- D’abord, le New-Orleans Jazz Band, qui a ouvert la soirée en défilant, dans les allées de la salle de concert, façon Louisianaise,
- Puis, South 61 avec Christelle Riou chanteuse dynamique et chaleureuse,
- Arrive alors le Howling Blues Band avec le magnifique Michel Foizon venu renforcer avec sa guitare éloquente son ami Sébastien Loup, lui aussi guitariste, chanteur et organiste.
- Les « pros » entrent en scène avec MG and the Two A’S, c’est le groupe de l’étonnante chanteuse Gladys Amoros avec son abattage et sa voix noire. Bien sûr, Michel Foizon est à ses côtés et il faut parler de la section rythmique avec : Abdell B.Bop (b) et le puissant Andy Martin (dr).
- Enfin, venant spécialement pour nous de Madrid, le formidable guitariste-chanteur de blues Tonky de la Pena à la tête de son Tonky Blues Band, avec saxo-ténor, second guitariste, basse et batterie. Tonky de la Pena et Michel Foizon comptent actuellement parmi les meilleurs guitaristes de blues d’Europe.

- En invité bonus il y eut l’étonnant Harmoniciste Cadijo qui, en parfait fil rouge, a joué ça et là avec toutes les formations. 
Après l’entr’acte les pros ont remis la gomme, avant la jam-session finale, sous les ovations d’un public tellement nombreux ... que la salle était archipleine !
Donc, succès absolu, public et musique de haut niveau : tout y était pour cette grande fête. Merci à tous. On attend maintenant le 100ème anniversaire !

Jacques MORGANTINI   - Président du Hot Club de Pau

20/04/2016 REMISE DU PRIX BLUES 2013 AU FRENCH BLUES ALL STARS527

Dimanche 20 mars 2016, à Saint-Jean-de-Braye – près d’Orléans – l’association du blues O’ swing présentait le French Blues All Stars dirigé par Simon « Shuffle » Boyer (dr) avec Youssef Remadna (voc,harm), Anthony Stelmaszack (gu, voc), Stan Noubard Pacha (gu), Benoît Ribière (clv), Christophe Garreau (b). Ils ont donné un magnifique concert, tout en diversité et contrastes.

Réflexion d’une auditrice à l’entracte : J’avais oublié que le blues pouvait être autant diversifié.

 

Remise du Prix à Simon Boyer

(Ph: Eric Fouqueau)

Cliqez sur le visuel pour l'agrandir 

 

C’est donc devant un public ravi et debout, qu’à la fin du concert j’ai remis à Simon Boyer le Prix Blues 2013 du Hot Club de France qui leur fut décerné pour leur splendide CD : French Blues All-Stars, Live in Paris. J’ai aussi rappelé qu’en 1995, le père de Simon Boyer - Pierre Boyer (ts) - avait obtenu le Prix Musicien Français 1991 du Hot Club de France pour son CD Harlem Nocturne.

Pierre INGRIN    Responsable Artistique de l’association du blues 0’ swing – Membre du Hot Club de France

Note du site : Prochain concert de l’association du blues O’ swing : Nikki & Jules, 24/04/2016 à 17h

(voir Forum-Dates)

18/04/2016 SAXOPHONE CHU BERRY 526

La maison C.G. CONN (USA) a fabriqué - entre 1925 et 1931 - une série de Saxophone Ténor sous le nom de Chu Berry, en l'honneur du fameux saxophoniste. La gamme Chu Berry de Conn comportait des Soprano, des sax altos, ténors et barytons.

Ce sont ces modèles que vous pouvez trouver sur eBay ou sur d'autres sites de vente via internet. Je ne pense donc pas qu'il puisse s'agir ici d'un saxophone ayant appartenu à Chu Berry.

 

Des saxophones de la gamme Chu Berry étaient produits avec une finition plaqué or 14 carats, comme celui faisant l'objet du message précédent. On peut voir sur le site de Cadences music d'interessantes photos de détails d'un tel saxophone ténor.

Ces instruments bénéficient d'une forte notoriété tant auprès des musiciens professionnels que des collectionneurs.

 

Michel STOCHITCH   Membre du Hot Club de France

Note du site : Le saxophoniste André Villeger nous fait une remarque similaire : Est-ce vraiment LE saxophone de Chu Berry ou bien, comme je le pense, un modèle Chu Berry?

17/04/2016 SAXO de CHU BERRY A VENDRE525

Je viens de remarquer que le Saxophone-Ténor Conn de Chu Berry est actuellement en vente, aux enchères, sur ebay, à la mise à prix modeste de... 4200 € !

 

 

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

Bertrand MATHIEU   Membre du HCF Paris

11/04/2016 DUKE ELLINGTON - MUSIC IS MY MISTRESS EN FRANCAIS524

Publié pour la première fois aux États Unis en 1973 , chez Da Capo Press New York - soit quelques mois seulement avant la mort de Duke Ellington - Music is my Mistress est à nouveau édité et, cette fois, en Français, aux Editions Slatkine & Cie. La traduction limpide est due à Françoise Jackson et Clément Bosqué, avec le précieux concours de Christian Bonnet - Président de La Maison du Duke.

Cette autobiographie de Duke Ellington, riche de près de 600 pages, s'ouvre avec une préface explicative de Claude Carrière , ellingtonien de toujours et auteur-présentateur, sur France-Musique d'un inoubliable et inégalé Tout Duke  - émission de radio qui dura pas moins de 9 ans (1976 à1984).

La parution de cet ouvrage dans notre langue est un apport essentiel pour tenter de mieux appréhender d'une part l'existence - le mode de vie - de l'homme et d'autre part l'immensité et l'universalité de l'œuvre du musicien. Il était attendu par ceux qui possédaient l'édition américaine, mais dont la lecture s'avérait difficile et par ceux qui espéraient - sans plus y croire vraiment !- pouvoir, un jour, lire les mémoires,  depuis longtemps quasi introuvables, du compositeur, pianiste et chef d'orchestre.

 

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

 

Music is my Mistress est, en schématisant, une succession de souvenirs de Duke Ellington, depuis son enfance à Washington - le portrait admiratif de sa mère, Daisy - jusqu'à l'interrogation finale dans l'avant dernier chapitre intitulé La retraite, pourquoi faire? (parfaite traduction de Retire to what sur l'édition américaine). Inépuisable suite d'anecdotes les plus diverses et très souvent souriantes , des notices bienveillantes mais en général assez condensées sur les musiciens de ses orchestres - à la notable exception toutefois de Billy Strayhorn qui sera , sans surprise ,cité pas moins de 78 fois - et aussi sur quelques autres avec qui il aura travaillé, seul ou avec son orchestre. On découvrira également des portraits indulgents sur des personnalités côtoyées au gré des tournées et des réceptions données  en son honneur à travers le monde. La vie de Duke Ellington fut aussi une succession de rencontres dues à son charisme et sa gentillesse .

Afin de conserver le souvenir précis de faits majeurs ou qui lui tenaient à cœur, Duke utilisa, durant une grande partie de sa vie, une méthode simple : il notait tout, parfois même sur des bouts de papier, au fur et à mesure du déroulement des événements. Il remettait ensuite ses notes à Stanley Dance, un ami fidèle, journaliste de profession, qui était chargé, avec Mercer Ellington son fils, de la mise en forme. Ainsi, le lecteur peut découvrir, de l'intérieur, sous le sous-titre Journal de ... , une dizaine de passionnants comptes-rendus des tournées effectuées par l'orchestre, en dehors des Etats-Unis, durant la période 1963 / 1972. A retenir :

- Le long déplacement organisé en 1963 par le Département d'Etat, qui durera dix semaines et qui sera interrompu le 22 novembre, jour de l'assassinat du Président Kennedy. 

- En Septembre 1968, les deux venues de l'orchestre en Amérique latine avec, au Mexique, la première version de ce qui sera The Latin American Suite.

Et puis, il y a le Journal de Goutelas, cet étonnant moment qui, en février 1966 , verra Duke Ellington, venir en France seul, et jouer dans une petite commune du département de la Loire afin de soutenir le projet de rénovation du château local. Ce séjour dans le Forez - où il resta non pas un jour mais trois - sera immortalisé, quelques années plus tard avec la création en 1971 de The Goutelas Suite.

Par ailleurs, beaucoup se réjouiront de la présence de deux copieux chapitres consacrés l'un aux Suites - Jump for Joy - et l'autre aux Concerts de Musique Sacrée, des domaines souvent négligés par les amateurs de Jazz et auxquels pourtant le Duke accordait toujours une place importante dans ses concerts.

Enfin, observateur attentif et fin analyste de sa propre existence publique, l'homme - qui est avant tout un musicien - fait l'impasse totale sur sa vie privée, un choix de bon sens .

Un livre riche et élégant - comme l'était son auteur - et qui est une invitation à se replonger, avec délectation, dans une œuvre monumentale.

 

Michel LALANNE   Vice-Président du Bordeaux Hot-Club

Page : 1 sur 28 (du 11/04/2016 au 29/06/2016)