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27/11/2017 AU JAZZ BAND BALL 2017 637

Depuis 1980, je fréquente chaque année le Jazz Band Ball, la réussite de la Mairie du V° arrondissement de Paris - place du Panthéon - qui, par sa gratuité, en a fait un évènement majeur de Paris, pour la promotion publique du Jazz Authentique des années 20 et 30. 

 

Cette année - samedi 25 septembre 2017 - j'ai pu appécier:

 

- Les Déroutes du Piston : orchestre connu tant via les festivals que via le Petit Journal Saint Michel. Il interprête des morceaux peu connus . Ses musiciens sont : J.Gonthier (cnt), D.Aubourg (bj), E.Perrion (sousophone), E.Marteau dr, G.Champème superbe clarinette et J.L.Caillon au piano ou flexitone ...le seul à jouer comme Achille Zavata !

 

- Three Blind Mice : De jeunes talents qui, en trois ans, sont devenus des essentiels, par l'originalité de leurs arrangements et par leur extrême sympathie. Felix Hunot  - guitare, soignée comme sa voix - Sebastien Girardot à la contrebasse dynamique et... la performance de Malo Mazurié, qui donne l'impression que la trompette, c'est si facile à jouer !

 

- Paris Washboard Superswing: La récente formation des Cinq “grands” que sont : Louis Mazetier - machine du piano stride - Alain Marquet au doigté de clarinette magique, Daniel Barda toujours percutant au trombonne, Charles Prevost au washboard et, à nouveau, Malo Mazurié, remplaçant, au pied levé, un Jérôme Etcheberry retenu à Pau.

 

- Les Southern Stompers, disciples du Créole Jazz Band de King Oliver, avec : Daniel Vit & Sébastien Gillot (cnt), Guy Champême (cl), J.M.Termoy (tb), Lou Lauprête (p), Sandrik de Davrichewy (bj), Eric Perrion (symphony bass), Francis Quétier (dr) et, la chanteuse américaine Dasha Pearl : une forte voix, à la Bessie Smith, malheureusement perturbée par son chapeau instable... et la résonance de cette, pourtant, si belle salle !

 

- The New Orleans Z'hulus : Pour clore la soirée, en perpétuant l'esprit des orchestres de rue de la Nouvelle Orleans . C'est un partenariat avec Jazz à Chevilly-Larue qui permit de recevoir là : 2 anglais, Brian Turnock (b,lead) et Emile Martyn (dr) - 2 belges, Dan Vercruysse (tp) et Philippe De Smet (tb) - 2 français, Pierre Jean (p) et Michel Boss Queraud, connu autant par sa clarinette que par ses dessins de Jazz (y compris ses affiches pour Jazz Band Ball et pour le Hot Club de France).

Cet orchestre invitant tous les danseurs de la salle à recréer, dans l'instant, l'ambiance collective des débuts du Jazz Band Ball

 

Ce fut une édition réussie du Jazz Band Ball, qui vaut des remerciements mérités à ses organisateurs bénévoles de l'APAJNO (Photo) ... ouverts à tous les soutiens. 

Jean DEPOID   Membre du HCF Paris

Photo : L'APAJNO, organisateur du Jazz Band Ball est animé par un comité comprenant (de gauche à droite) :

 

Francis Quetier, Daniel Vit, Bob Abramowicz et Jean-Pierre Daubresse.

 

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

25/11/2017 CLARINET UNLIMITED A PARIS636

Samedi 18 novembre 2017, le HCF Paris avait programmé Clarinet Unlimited, sur la péniche Le Marcounet Une formation unique que l'on a, hélas, peu souvent l'occasion d'entendre dans Paris, mais que, spectateur de Festivals de province, j'avais déja eu plusieurs fois le plaisir d'apprécier.

 

Après une brève présentation par Michel Stochitch, président du HCF Paris, le quintet -  Michel Mardiguian (cl) Jacques Montebruno (cl), Marie-Ange Martin (gu), Patricia Lebeugle (b) et Michel Denis(dr) - attaqua ferme avec un I can't believe that you're in Love with me - tout en souplesse, suivi d'un ellingtonien Stompy Jones, particulièrement mis en valeur grace à l'excellente sonorité de la salle du Marcounet.

La cohésion de la rythmique, qui soutient les 2 leaders comme les 2 doigts d'une main, fournit un swing puissant. S'en suivront le Blues in the air, un bien joli Dardanella, et  Moulin à café où les deux anches excellent dans le tricotatge précis qui caractérise ce thème. 

Jacques Montebruno, dont le style évoque les grands clarinettistes créoles - Jimmy Noone ou D. Howard - 

et Mardiguian, plus proche de Sidney Béchet et de Ed Hall, s'entendent à merveille dans une complicité qui a impressionné le public. 

 

L'essentiel n'étant pas seulement d'impressionner, Marie-Ange Martin nous régala d'aisance et d'invention dans Stealin' Apples", où son phrasé rappela inévitablement Barney Kessel. Patricia Lebeugle, fameuse partout où elle passe pour son spectaculaire dynamisme, le montre encore dans Grapes are ready, sa basse et elle ne faisant qu'un dans un duo qui déborde du bonheur de jouer. 

Avec un autre thème ellingtonien Rockin'in Rythm, le quintet se paya le luxe de jouer un thème de big band alors qu'il n'y avait que 2 soufflants. Le résultat fut vraiment rocking, Michel Denis se taillant la part du lion. Mais ce formidable batteur reste présent partout, tant son soutien est d'une précision implacable, avec parfois juste un coup de baguette précis au centième de seconde qui propulse le soliste.

Avec une telle rythmique, j'ai eu l'impression que la front line était assise sur un volcan !

 

Vers la fin, parmi les thèmes particulièrement réussis, j'ai retenu un "How Can you face me où, sans appui de la rythmique, les 2 compères se sont livrés à un chase de clarinettes époustouflant, tantôt se répondant, entrelaçant leurs phrases ou lançant des riffs super swinguant, le tout avec un tempo d'acier.

Le public, enthousiaste, en a évidemment redemandé. 

 

Je considère qu'excellente et originale formation, Clarinet Unlimited mérite de rester plus qu'un bon souvenir.

 

Claude AGAMI   

Photo prise dans la salle du Marcounet = De gauche à droite : Marie-Ange Martin, Michel Mardiguian, Jacques Montebruno 

(Cliquez sur le visuel pour l'agrandir).

15/11/2017 LE DERNIER CONCERT DU HOT ANTIC JAZZ BAND635

Jeudi 9 novembre 2017, dans la Salle des Fêtes de la ville de Marguerittes (F.30), j'ai eu le très grand plaisir ... et la très grande tristesse, d'assister au dernier concert du Hot Antic Jazz Band. Ce fut une explosion de joie et d'émotions, dans une salle archicomble, avec un public recueilli par moment et exubérant par d'autres.

Le leader, Michel Bastide, nous a annoncé que des raisons de santé, pas graves mais gênantes en tant que cornetiste, l'avaient amené à annoncer son départ à ses musiciens. Ceux-ci, ne se voyant pas "fonctionner" sans leur leader, ont décidé de l'accompagner dans cette décision.

 

- En première partie du concert, nous avons pu entendre distinctement chacun des musiciens - même dans la collective - grâce à une sonorisation parfaite avec, entre autres interprètations : Three Little Words, Moulin à Café, Sugar, La Roulotte, Mississippi Muds, Boogie Woogie On, St-Louis Blues, Humming to myself, That Rythm Man, La Mer ...

 

- En seconde partie, l'orchestre a accompagné brillamment la pétulante Nicolle Rochelle - dans le chant, la danse et le tap dancing - sur des reprises de morceaux chantés par Joséphine Baker, Billie Holiday et Edith Piaf. 

 

L'orchestre et sa chanteuse ont été longuement applaudis et rappelés 3 fois par une assistance enthousiaste. 

Marie-France DEMBELLE   Membre du Hot Club de France

- Photo (Vincent Lacanal) - Cliquez sur le visuel pour l'agrandir - De gauche à droite : Michel Bastide(lead,cnt) Nicolle Rochelle (voc, danse) Martin Seck (p) Henry Lemaire (bjo) Daniel Huck (as) Jean-François Bonnel (cnt, as) Bernard Anthérieu (cl) Christian Lefèvre (tuba) Michel Bescont (ts) Jeff Guyot (wb)  

13/11/2017 LE PIANISTE EHUD ASHERIE - VIDEOS633

Dans un message précédent, au sujet du concert donné par 4 pianistes à Bülach (Suisse) - publié sur cette même page le 2/11/2017 - j'exprimais mon admiration et mon enthousiasme pour le pianiste Ehud Asherie. 

 

Outre l'achat de CDs, j'ai fait quelques recherches de vidéos sur le Net. Ci-dessous, j'en ai sélectionné une quinzaine où Ehud joue au moins un solo.

 

2009I Never Knew - Isn't This A Lovely Day ? -  Manhattan  

2010Love Will Find A Way    

2012 : It Had To Be You' - Hey There   

2013 : By Strauss 

2014 : Top Hat, White Tie And Tails (repiquage d'un CD)

2015 : African Ripples / Viper's Drag - Delicious Blues  - I Won't Dance  -  September Song 

2016 : Seems Like Old Times  -  Variations on “Honeysuckle Rose” 

 

 Certains musiciens, assez moyens, peuvent faire illusion quelque temps sur tempos rapides, mais les temps moyens et lents révèlent vite leur niveau. Ehud Asherie joue, à ma connaissance, peu de tempos rapides, mais privilégie beaucoup les temps moyens et lents. Et c'est dans ce type de tempo que se révèle la grandeur de ce pianiste.

 

Ralph BALLMER   

12/11/2017 LES ROIS DU FOX-TROT AU PETIT JOURNAL SAINT MICHEL632

 

J'étais samedi 4 Novembre 2017 au Petit journal Saint Michel (Paris) pour entendre Les Rois du Fox Trot de Nicolas Montier.

 

Remarquable ! Du Duke Ellington - des années 20 et debut 30 - trancrit par le chef.

Et une belle soirée de Jazz tel que nous l'aimons.

 

Puis-je conseiller, à ceux qui n'ont pas encore entendu Les Rois du Fox-Trot - 10 musiciens - dans son nouveau répertoire, de se précipiter : Ils ne devraient pas être décus.

Comme disent les guides : Vaut le voyage !

Edmond RAVIER    - Membre du HCF-Paris

- Les Rois du Fox-Trot sont programmés au Petit Journal St Michel chaque premier samedi du mois (en décembre 2017 : samedi 2, en janvier 2018 : samedi 6 ... ).

 

- Cliquez sur la photo de Nicolas Montier pour l'agrandir

02/11/2017 QUATRE PIANISTES STRIDE AU JAZZCLUB BÜLACH 631

Les organisateurs du 50e anniversaire du JazzClub Bülach (Suisse) ont eu l'extraordinaire idée de réunir dans un même concert - d'une durée tout aussi extraordinaire de 3 heures - quatre des meilleurs pianistes stride du moment : Louis Mazetier, Berndt Lhotsky, Ehud Asherie et Luca Filastro. Sauf erreur de ma part, ce concert, joué deux soirées consécutives sur la même scène, était exclusif.

 

L'agencement musical se présentait ainsi : 

- Chaque pianiste joue quatre morceaux en duo avec chacun des trois autres, ainsi qu'environ trois solos.  

-La part de piano stride est jouée en alternance avec des ballades.  Magnifique alternance de styles différents - les plus opposés étant certainement ceux de Louis Mazetier et d'Ehud Asherie - qui s'accordent  pourtant dans des duos tous originaux. 

La complicité musicale entre les musiciens est superbe ; les duos ont souvent le même type de structure, soit l'un ou l'autre joue le thème, accompagné en arrière-plan par le second, puis le premier prend deux chorus et passe la balle au second, puis fréquemment le morceau se poursuit  ou l'un ne joue que quelques mesures, puis l'autre... Le passage de témoin se fait visuellement, quelquefois par une injonction lancée au partenaire. 

Quelle créativité ! Elle surprend souvent le public et même les musiciens sur scène provoquant quelquefois des exclamations, des rires ou des commentaires des deux musiciens restés dans la salle. Bien des échanges sont pleins d'humour, l'un des musiciens semblant provoquer un peu l'autre. Fréquemment, à la fin des morceaux, les musiciens se lèvent en riant et, tombent dans les bras l'un de l'autre ! 

Le concert se termine - il fallait s'y attendre - par deux drolatiques morceaux de piano à huit mains !

 

Si je connais bien Louis Mazetier et Bernd Lhotzky que j'admire, je découvrais Luca Filastro soliste (je l'avais vu en groupe à Ascona). Luca a joué à la Fats Waller, à la Milt Buckner et à l'Eroll Garner, mais aussi à la Filastro ! Son interprétation vocale de Ain't Nobody Business , vraiment réussie, a ravi le public.

Quant à Ehud Asherie, il fut pour moi une réelle découverte. Quelle finesse de jeu, quelle délicatesse, quelle créativité ! Ehud Asherie est pour moi, un pianiste majeur de ces 10 dernières années.

 

Un mot encore pour le choix fait par Louis Mazetier d'un thème ellingtonien, que je n'aurais pas pensé pouvoir être interprété en piano solo : Washington Wobble. Quelle réussite !

 

Trois heures de pur bonheur ! Merci au JazzClub Bülach !

Raph Ballmer   

Photo : De gauche à droite: Berndt Lhotsky, Ehud Asherie,Luca Filastro,Louis Mazetier (cliquez sur le visuel pour l'agrandir) 

01/11/2017 ENTRE SONS ET BRUITS630

Une nuit sans sommeil, j'eu le plaisir d'assister, sur la chaîne Djazz, à la diffusion d'un concert public de Louis Armstrong en Belgique (1959). J'ai pu faire une comparaison entre ces lives d'alors et ceux de maintenant ... 

 

Dans le concert d'Armstrong il n'y avait qu'un micro, vers lequel chaque musicien s'approchait pour son solo, Armstrong à la trompette restant à bonne distance. Il n'y avait alors, semble-t-il, pas de retours sur la scène et encore moins dans les oreilles. Le volume sonore semblait bien passer, puisque la salle applaudissait vivement à chaque fin de morceau. 

Que voit-on maintenant ? 

- Une quantité d'enceintes de retours sur scène .

- Des musiciens et chanteurs portant des retours auriculaires, car sinon ils n'entendraient pas ou mal ce que jouent les autres musiciens de l'orchestre. 

Il faut dire que le volume sonore est parfois si insupportable dans certains concerts que je suis obligée, pour ma part, de mettre maintenant des protections auditives ! Le niveau sonore de la batterie est souvent si fort qu'il n'est plus possible d'entendre distinctement chaque musicien et que très souvent, la voix du chanteur est couverte . Est-ce un progrès ? En 1982, j'étais allée à un concert de Muddy Waters et quelle ne fut pas ma surprise lorsque, après s'être installé sur une chaise haute pour jouer, il prit soin lui-même de glisser des protections auditives dans ses oreilles ! La hauteur du son d'alors devait déjà le gêner. Et pourtant, dans ces années-là, pour le public dans la salle, le volume sonore était normal et tous les instruments pouvaient être distinctement entendus.

A Cahors, lors du récent Blues Festival 2017, j'ai demandé à 3 femmes d'une cinquantaine d'années si elles n'étaient pas gênées par le volume sonore . Leur réponse  : « Mais non, on vient pour ça ! »  Ce n'était donc pas la musique qui les attirait, mais la quantité de décibels déversés sur une foule passive et en voie de surdité. Ceci m'explique les raisons de l'oposition des musiciens concernant la mise en application des dernières dispositions réglementaires pour la protection auditive. 

 

Heureusement, il existe encore des lieux de concerts de Jazz où le niveau sonore est normal et où on prend alors plaisir à écouter chacun des musiciens et chanteurs. Ces lieux sont à valoriser et à soutenir.

Marie-France DEMBELLE   Membre du Hot Club de France

31/10/2017 KENNY NEAL BLUES A MARCQ EN BAROEUL629

Excellent concert de La formation Blues de Kenny Neal - vendredi 20 octobre 2017 - au Théâtre Charcot de Marcq en Baroeul (F.59).

Accompagné par ses frères : Daniel aux claviers et Frederic à la guitare basse, ainsi que par Bryan Morris à la batterie et Alfonso Guilory au saxophone, Kenny Neal a enchanté les spectateurs par son dynamisme, sa joie de vivre, son sens du spectacle. 

Mettant tour à tour en valeur son talent de chanteur, de guitariste et d'harmoniciste, Kenny a proposé aux amateurs un répertoire Blues diversifié composé de reprises et de nouveautés.

Parmi les classiques, nous avons eu la chance d'apprécier des versions renouvelées de Honest I do, Since I met you baby, The things we used to do, Oh when the Saints, Jambalaya, Got my mojo working.

 

A titre d'exemple, on pourra visionner la vidéo de Christmas comes but once a year*. Certes, Kenny Neal n'a pas interprèté ce morceau lors de ce concert du 20 Octobre 2017, mais il est musicalement très représentatif de sa prestation.

Raphaël AUBIN   

* La version studio de ce Blues constitue l'un des moment les plus excitant du CD de Kenny Neal : I'll be home for Christmas (Cleopatra Blues CLO 0105),  chroniqué dans le Bulletin du HCF 650 d'Avril 2016. A notre connaissance c'est son meilleur publié à ce jour. (R.A)

 

- Photo : Kenny Neal (Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

30/10/2017 DECES DE FATS DOMINO (1928 - 2017)628

Fats Domino nous a quittés !

Après une longue carrière s'étendant sur près de six décennies (1948-2006), Antoine (Anthony) Fats Domino - pianiste autodidacte et chanteur - s'est éteint au cours de la nuit du 24 au 25 Octobre 2017, à la Nouvelle-Orléans sa ville natale. Il était âgé de 89 ans.  

Il fut l'un des principaux créateurs de cette musique - née en Louisiane à la fin des années 40 - appelée  Rhythm and Blues : un heureux brassage culturel avec les pays voisins,  à la fois coloré, chaloupé, entraînant, joyeux ... et idéal pour la danse. Le personnage, lui-même, était d'ailleurs ainsi, avec un visage rond, aimable, souriant et respectueux du public.

 

Ce musicien aux 70 millions de disques vendus - peut-être davantage ? - et aux dizaines de disques d'or, est allé probablement retrouver ses anciens partenaires, qui l'accompagnèrent durant une grande partie de sa vie musicale : Le bassiste Billy Diamond - Les saxophonistes Buddy Hagans, Herb Hardesty et Lee Allen - Le fameux batteur Earl Palmer ... et quelques autres.

Seul survivant, d'une époque hélas révolue, le trompettiste Dave Bartholomew (né en 1920). C'est lui qui découvrit puis encouragea le jeune Anthony, avant de devenir tour à tour - et souvent en même temps - son compositeur et arrangeur principal, celui qui constituait les orchestres et celui qui les dirigeait .

Michel LALANNE   

Fats Domino - Montauban 1983 - (Ph : Michel Lalanne) . Cliquez sur le visuel pour l'agrandir.

 

28/10/2017 UNDERGROUND RAILROAD - LE LIVRE627


Colson Whitehead est un écrivain américain. Il vient de publier son 6e roman Underground Railroad - Le Chemin de Fer Clandestin - réseau de routes clandestines utilisées par les esclaves noirs fuyant l'enfer du Sud. Il a reçu le prestigieux prix Pulitzer 2017 pour cet ouvrage.

Dans Underground Railroad on suit la fuite de Cora,  très jeune esclave des États du Sud esclavagistes, vers les États du Nord anti-esclavagistes (l'histoire n'est pas datée, mais on peut penser qu'elle se passe dans la première moitié du 19e siècle).  

Colson Whitehead a étudié de nombreux documents et témoignages, étude éprouvante avouera-t-il. « La bizarrerie de l'Amérique, c'était qu'ici, les gens étaient des choses ». Le résultat de ses recherches lui permet de donner une assise historique solide à un roman débordant d'imagination. Colson Whitehead ne tombe jamais dans le moralisme en restant neutre face à ce pan de l'histoire américaine. Le roman peut donc être qualifié de roman historique.

« Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d'hier et d'aujourd'hui » (The New York Times).

Underground Railroad, qui raconte l'Amérique d'avant le blues, illustre à la perfection ce que Laurent Verdeaux disait dans son livre Jazz-Jazz  (p.14) : « Le jazz […] est né il y a un bon siècle. Avant de devenir planétaire grâce au génie propre qui l'habitait, il a été le formidable élan de tout un peuple. Mais aussi, l'enchantement d'une misère atroce et l'expression d'un optimisme vraiment indomptable, qui avait survécu à la déportation, à l'émiettement des populations . Donc, à la perte de toute mémoire collective, et surtout à l'esclavage, page oubliée d'un siècle des Lumières qui en avait pourtant bien profité ». 

Underground Railroad me parait être une lecture indispensable pour tout amateur de blues . À dire vrai, je ne suis pas sorti indemne de ce roman bouleversant !

 

Ralph BALLMER   

- Edition originale en anglais chez Penguin Random House ISBN: 978-0385542364 .

- Traduction française d'Underground Railroad chez Albin Michel (2017) ISBN:2226393196

* Cliquez sur le visuel de la couverture du livre pour l'agrandir

20/10/2017 THOMAS WINTELER - CLARINETTISTE ET SAXO SOPRANO626

Je ne connaissais le musicien Suisse-Romand, Thomas Winteler (cl, ss) que par vidéos. L'excellente impression qu'il m'avait faite fut confirmée lors d'un concert qu'il donnait, avec une partie de sa formation habituelle, au Festival de Jazz de Vercorin (Suisse). Thomas Winteler possède un drive enthousiasmant et un beau vibrato. Il s'est inspiré de Bechet et, de façon prédominante, de Johnny Dodds qu'il connaît sur le bout de ses "dix" doigts. 

 

Les vidéos de Thomas Winteler ne manquent pas sur le Net. Voici ma sélection :       

 

A la clarinette 

- 2010 : Little Bits , Forty and Tight ,

- 2012 : Gallion Stomp Litttle Bits , Two Sweets for Words , Travelin' Blues , Waste For Tears Blues , Perdido Street Stomp 

- 2014 : LIttle Bits 

- 2015 : Ain't Nobody business if I do  ,  Porto Rico , East Coast Trot  

Au saxo soprano :  

- 2001 : What a dream

- 2012 : Sobbing and Crying , Wild cat Blues 

 

Voilà un musicien que sa musique rend manifestement heureux ! Je le considère comme l'un des meilleurs clarinettiste européen.

Ralph BALLMER   

Photo de Thomas Winteler : Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

16/10/2017 JOHN LEE HOOKER DANS SOUL BAG625

Je vous recommande la lecture du n° 228 (octobre/novembre/décembre 2017) du magazine Soul Bag* consacré en majeure partie au chanteur et guitariste de blues John Lee Hooker (1917-2001), dont on fête cette année le centenaire de la naissance. 

On y trouve : 20 pages d'interviews, de reportages et de nombreuses et magnifiques photos de cet artiste, ainsi qu'une analyse d'un certain nombre de ses enregistrements. Il y a même une playlist de trente enregistrements, perles extraites d'une œuvre fleuve

Dans ce même numéro, vous pourrez lire aussi un portrait du guitariste et chanteur de blues Carl Weathersby, qui vient en France prochainement avec la tournée du Chicago Blues Festival et un arrêt sur image sur le regretté Luther Allison (gu,voc). Ce numéro fête aussi les 50 ans de Black & Blue

 

Voilà, me semble-t-il, de quoi nous intéresser, nous les amateurs de blues authentique !

Marie-France DEMBELLE   - Membre du Hot Club de France

*Soul Bag, intitulé «  le magazine du Blues et de la Soul  » se consacre à la promotion de la musique noire des Etats-Unis, sous ses diverses formes.

 

- Photo : John Lee Hooker - Avril 1970 - Ph: Jean-Pierre Thamazian . Cliquez sur le visuel pour l'agrandir.

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (1) DES PIANISTES624

Du Jeudi 10 au Dimanche 13 Août : Oui, incontestablement, le cru 2017 du Festival Internaional de Boogie Woogie de La Roquebrou fut remarquable et, tout de suite, disons que c'est grâce au flair, au travail et à l'obstination de son Directeur Artistique Jean-Paul Amouroux ! Cette année encore, il nous a offerts sur la scène, en première partie de soirée, certains des meilleurs spécialistes du Boogie Woogie. Par moments ils jouent en duo, même en trio - voire plus dans les moments de folie - et ce sur trois pianos à queue Steinway & Sons !

Nous avons revu avec plaisir le jeune Nirek Mokar, qui a une assurance étonnante pour un gaillard de 14 ans. Il connaît ses classiques et il s'en inspire avec talent et une énergie notable. Il est toujours vigilant et désireux d'apprendre des pianistes plus expérimentés. À tout moment lorsqu'il voit un piano, il s'en rapproche et n'a qu'un désir : s'installer au clavier.

À noter aussi :

- La présence du robuste et puissant Jorg Hegemann, qui connaît la musique de son idole Albert Ammons sur le bout des doigts. 

- Un très bon noir américain : Daryl Davis qui, outre sa maîtrise dans le Boogie, chante fort bien et a joué le blues à la guitare en ceinturant Antony Stelmaszack d'une manière telle, que l'on aurait aimé en entendre davantage !

- Le sympathique Ethan Leinwand et son chapeau melon (photo)*. Ce bougre s'est spécialisé dans le Boogie primitif ce que l'on a appelé aussi le Barrelhouse Blues - et c'est diablement plaisant. 

- La jeune Suissesse Ladyva est gracieuse, et agréable à voir et à entendre. Mais lors de la première soirée, elle aurait dû, je pense, muscler un peu plus son propos. Ce qu'elle fit lors de sa seconde prestation !

Jacques MORGANTINI   Membre du Hot Club de France

*Photo : Cliquez sur le visuel d' Ethan Leinwand pour l'agrandir

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (2) LES ACCOMPAGNATEURS623

Parlons, dès maintenant, de ce qui nous a enchanté, réjoui, régalé : Ceux que la brochure-programme appelle les accompagnateurs des solistes . Ce fut un quatuor de magnifiques musiciens avec :

- Le splendide Claude Braud au saxo-ténor ! Il pétarade, pour ne pas me laisser aller à écrire plus. Enfin, un saxo-ténor qui joue comme on l'aime avec de larges inflexions, du poids donné à certaines notes, une sonorité ample et chaleureuse. Voilà un musicien exemplaire qui sait faire parler son instrument et envoyer de l'émotion à ses auditeurs, 

La section rythmique, elle aussi exemplaire, avec : 

- Un remarquable Anthony Stelmaszack à la guitare électrique, aussi à l'aise et éloquent dans ses accompagnements que dans ses solos. Continuez jeune homme ! 

- Notre ami Thibaut Chopin était à la contrebasse : belle sonorité ronde, ample, et surtout grand slappeur. Il sait, dans son jeu, rebondir avec souplesse d'une note sur l'autre, jouant le « bounce rhythm » à la manière des gars de Kansas-City comme Walter Page ou Gene Ramey. De plus, ce fripon joue remarquablement de l'harmonica, dans la grande tradition, et chante le blues d'une manière convaincante. 

 

 - À la batterie Gérard Marmet (photo)*. On trouvait là ce que j'appelle un vrai batteur, qui sait magnifiquement accompagner ses partenaires. De plus, il joue dense et épais. Avec un tel batteur, les solistes ne peuvent qu'être confortables. Trop de batteurs jouent léger, sans nuances, sans relances, ils époussettent leurs cymbales avec douceur ! Eh bien, non la batterie doit s'imposer et, par de solides et puissantes « pêches », elle doit souligner, compléter, baliser les arrangements et les évolutions des improvisations des solistes. Bravo au réjouissant Gérard Marmet !

 

 

Jacques MORGANTINI   Membre du Hot Club de France

*Photo : Cliquez sur le visuel de Gérard Marmet pour l'agrandir

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (3) LES SECONDES PARTIES DE SOIRÉES622

Dans les secondes parties de soirées, nous avons eu : 

 

Jeudi 10

- Les Blue Serenaders (quintet) avec la trompette de notre ami Laurent Verdeaux, maître dans l'art de l'utilisation des sourdines. La chanteuse Lydie Arbogast est ma foi bien plaisante à entendre. Elle possède une voix magnifique et sait s'en servir. (Photo - de gauche à droite - Lydie Arbogast (voc), Jean-Pierre Giraud(cl), Laurent Verdeaux (tp). Cliquez sur le visuel pour l'agrandir).

 - Par contre, cruelle surprise ! J'avais entendu parler, comme beaucoup, d'un grand harmoniciste de blues : Jean-Jacques Milteau. Mais, j'ai entendu un musicien qui n'aborde pas son instrument comme le font depuis la nuit des temps, tous les harmonicistes Noirs : ceux qui se sont servis de ce petit instrument à deux sous - qui était un des rares accessible à leurs faibles moyens - pour le faire  parler,  chanter  et gémir  comme une voix humaine, c'est-à-dire avec du vibrato. Et non, comme ce fut le cas, avec les sons lisses sans la moindre expressivité que nous avons entendus. On parle de Blues, je crois, mais ce soir-là, on était loin du Mississippi saxophone  des Sonny Boy Williamson, Louis Myers, Junior Wells et autres Little McSimmons que j'ai connus dans le passé. Voire même des magnifiques Cadijo ou de notre pote Nico Wayne Toussaint qui savent actuellement clamer le blues, en se servant du petit diatonique pour nous transmettre de belles émotions !

 

Vendredi 11

- Le Coup de Cœur avec le Claude Bolling Big Band ! C'est un bonheur d'avoir sur scène un grand orchestre de 18 gaillards qui soufflent à pleins poumons de solides arrangements. Il se dégage dans ces moments une euphorie qui vous remue. Un petit bémol toutefois : le batteur était trop léger pour un tel Big Band où, par moments, il faut cogner sur sa caisse claire avec de puissants rim shots ! Pensez aux Lionel Hampton, Panama Francis, Sonny Payne Sam Woodyard, Jo Jones, J.C.Heard, Big Sid Catlett… On souligne puissamment les moments où la batterie doit donner cette impulsion irrésistible et nécessaire ! 

Jean-Paul Amouroux tient à proposer chaque année aux festivaliers un Big Band. Et il a bien raison le bougre, qu'il en soit béni et qu'il continue.

 

Samedi 12

-Le groupe Louis Prima for ever* : Quel régal ! La musique, les solistes, les petits arrangements, la mise en scène, la classe de chacun des participants, la pulsation de la section rythmique, la conviction communicative des chanteurs Pauline Atlan et Patrick Bacqueville ! Et les interventions de Claude Braud au ténor, Nicolas Peslier à la guitare, Michel Bonnet à la trompette, Patrick Bacqueville au trombone. Tout cela chanté et joué avec une complicité et une joie évidente.  Soirée remarquable !

 

Lors de chacune de ces soirées, on a vu évoluer sur scène des danseurs , champions du monde de Lindy Hop. Ce fut un spectacle magnifique et complet, car le Jazz est une musique de danse. Un réel plaisir de voir que danse et musique ne faisaient qu'un.  Le swing était bien là.

Jacques MORGANTINI   - Membre du Hot-Club de France

*Photo Louis Prima for ever : Michel Bonnet (tp,voc) & Patrick Bacqueville (tb,voc). Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (4) AUTOUR DU FESTIVAL621

Au Festival International de La Roquebrou, il y a depuis le matin, une ambiance gaie, joviale, détendue dans toute la cité. Les bars et les bistrots ont des pianos et cela joue jusqu'à des heures avancées de la nuit. Cela permet à des amateurs de montrer ce dont ils sont capables, comme, par exemple, Marie-Claire Simeone qui joue en duo avec sa fille Coline, bien jeune mais déjà talentueuse.

 Les rues de La Roquebrou sont sans cesse animées par des orchestres multiples et ça danse dans tous les coins, y compris, sous chapiteaux, avec des professeurs hautement qualifiés, qui dispensent, sans compter, leur savoir ! 

 

Il y eut aussi deux déjeuners swing, l'un au Teulet et l'autre à l'Hôtel des Voyageurs du Rouget. Ces deux jours, outre le Maître de cérémonie Jean-Paul Amouroux, des pianistes étaient présents : Nirek Mokar et Jorg Hegemann... infatigables. Mais aussi Claude Braud, Gérard Marmet (au Teulet). Avec en plus - et ce ne fut pas rien - le splendide Jean-Pierre Bertrand toujours si étincelant. Des moments musicaux qui ont enchanté les convives.

 

En conclusion : Le Festival International de Boogie Woogie de La Roquebrou apporte une ambiance superbe avec du Boogie, du Swing, des Riffs velus. C'est aussi un accompagnement et une gentillesse de tous les instants, et je salue au passage, le Président Bernard Momaux que je remercie pour son accueil et ses attentions.Quant à Jean-Paul Amouroux, il a déjà reçu sa brassée de reconnaissance.

 

À l'an prochain ! 

Jacques MORGANTINI   - Membre du Hot-Club de France

12/09/2017 SWING FM DE RETOUR SUR INTERNET620

Après cette si longue attente, la radio Swing FM est enfin revenue sur le net.

 

Bonne Ecoute !

Alain REJOU    Président de Swing FM

01/09/2017 JE SUIS FOU DE TUBA SKINNY619

Depuis 2009, Tuba Skinny est un Orchestre de rue de La Nouvelle Orléans. Pas un Marching  band mais un Sitting  band. Je suis devenu fou de cet orchestre, grâce à Youtube où chacun peu visionner d' innombrables vidéos de ses concerts *  

 

L'orchestre est à géométrie variable mais, depuis 2009, son noyau dur semble être : Shaye Cohn (cnt & lead), Barnabus Jones (tb), Winfield « Todd » Burdick (tuba), Robin Rapuzzi (wb), Erika Lewis (voc).

 

Shaye Cohn est assurément une musicienne exceptionnelle. Elle joue de beaucoup d'instruments. C'est au piano et au cornet qu'elle subjugue le plus les amateurs. Pops Coffee, un anglais de Nottingham, donne - sur son excellent blog - beaucoup d'informations sur Shaye et l'orchestre.

* A titre d'exemples, je vous suggère : 

- De visioner Frog Hop (sans Erika Lewis), dans lequel on découvrira le drive phénoménal de Shaye Cohn. 

- D' écouter l'audio-Youtube Freight Train Blues , avec une bouleversante Erika Lewis.

 

 En 2012 à JazzAscona, Michel Lalanne et Jacques Besse étaient tombés sous le charme d'Erika Lewis et Shaye Cohn, chanteuse et pianiste d'un orchestre dirigé par le trompette Norbert Susemihl. Shaye Cohn, au cornet cette fois, avait même fortement impressionné nos deux reporters lors d'une jam session.

Pierre INGRIN   Membre du Hot Club de France

Photo : A gauche Erika Lewis, à droite Shaye Cohn.(cliquez sur le visuel pour l'agrandir)


 
HOT CLUB DE FRANCE 2017