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Page : 1 sur 29 (du 28/06/2016 au 28/08/2016)
28/08/2016 AU FESTIVAL 2016 de BOOGIE WOOGIE de LA ROQUEBROU - COUPS DE CŒUR 561

Cette 18ème édition - 11 au 14 août 2016 - fut assurément une des toutes meilleures de ces dernières années.

Si les sets  des pianistes  - Christian Bleiming (D) , Lluis Coloma ( S) et Jean-Pierre Bertrand ( F) - du Tuxedo Big Band ( avec des arrangements et des orchestrations parfaites ) et du Philippe " Alfred " Audibert and his gang ont été , à juste titre , très appréciés , mes Coups de Coeur se sont toutefois portées sur les prestations de Silvan  ZIngg ( p), Papadon Washington (p), Denise King (voc) et Big Ron Hunter ( gu,voc).

- Silvan Zingg - le fondateur et directeur du Festival de Boogie de Lugano ( Suisse ) - a fêté, à sa manière, sa 4e venue à La Roquebrou . Ce fut le jeudi, avec un set dynamique et joyeux - mais pouvait-il en être autrement avec lui ? - et quelques surprises dont un inattendu Caravan en compagnie de l'omniprésent Guillaume Nouaux (dr). Le surlendemain, samedi, pour les 70  chanceux qui avaient eu la très bonne idée - ou le flair ? - d'aller déjeuner dans un restaurant d'une commune voisine , notre sympathique pianiste , forcené du clavier , offrit un récital étourdissant , se transformant en narrateur cultivé  et historien cocasse : Un hommage à B.B.King , un All of me en boogie sur tempo rapide , un mélodieux  In a sentimental Journey ... Et, pour rendre ce moment exceptionnel, Jean-Paul Amouroux et Jean-Pierre Bertrand - de passage ? - se joignirent à Silvan pour interpréter plusieurs thèmes ... à six mains ! Au total, un show de près de 4 heures . Une après-midi rare.

- Papadon Washington , basé généralement à New York, il était déjà venu dans le Cantal en 2007 . Il a ravi le public avec, dès le premier soir, une prestation riche et variée : blues / boogies / gospel . Sa musique est, à son image, élégante. Non programmé, mais présent toutefois le lendemain lors du passage de Denise King  - une chanteuse " explosive " originaire de Philadelphie, à la voix puissante et un répertoire R' n' B' swinguant à souhait - Papadon s'est avéré être aussi un accompagnateur parfait, y compris pour les duos vocaux.


- Et puis, peu avant la clôture du Festival , vint sur scène Big Ron Hunter, un bluesman semblant arriver tout droit du Deep South (cliquez sur le visuel pour l'agrandir) . Pour reprendre une phrase de Jean Paul Amouroux - Directeur Artistique du festival - il nous a été donné d'entendre  " du vrai blues , dru , authentique , comme nous l'aimons " . Membre de la Music Maker Relief Foundation  - une association ( et un label ) qui aide les bluesmen vétérans - Ron Hunter devrait revenir jouer en France à la fin de cette année, au sein d'une formation composée et dirigée par le saxophoniste et ethnologue Raphaël Imbert. À ne pas rater ! 

Michel LALANNE    Vice-Président du Bordeaux Hot Club

Les Photos sont de Michel Lalanne :

1 - de gauche à droite : Jean-Paul Amouroux, Jean-Pierre Bertrand, Silvan Zingg  

2 - Big Ron Hunter

Cliquez sur les visuels pour les agrandir.

09/08/2016 IMPRESSIONS DU FESTIVAL JAZZ A BLAUZAC 2016560

De vendredi 1er à Dimanche 3 juillet 2016, j'ai assisté aux 3 soirées du 5ème Festival de Jazz à Blauzac - village du Gard proche d'Uzès - organisé par la dynamique association Les soirées de Blauzac, où j'ai pu entendre :

 

- Little Guinguette : Trio composé d'Audrey Leclair (cornet, vocal), David Tavani (clarinette, vocal) et Clément Gleyze (guitare acoustique). Il est manifeste que ces jeunes musiciens sont intéressés par la musique de danse, dont le jazz des années 20 et 30, mais qu'ils n'ont pas eu l'occasion d'écouter abondamment les créateurs noirs américains de cette musique. L'avenir jazzy leur appartient s'ils poursuivent leur apprentissage par le disque auprès des créateurs de cette musique. 

- Les Rolling Dominos : La rythmique de Fats Dominos est tout de suite lancée par le batteur Jeannot Cirillo, le pianiste Christophe Mazen et Didier Quéron au sousaphone. Puis, le volcanique Didier Marty entre en scène : Homme orchestre, il joue avec fougue du saxo ténor, de la guitare et chante avec conviction. Les accompagnateurs, Benoît Ruault (bs), Muriel Marty (as) et Bruno Brochet (ts) apportent un soutien sans faille. Nous avons eu le plaisir d'entendre tous les grands succès de Fats, mais aussi des morceaux joués à la Fats tels que Muskrat Ramble - mon préféré - Saint-Louis Blues, On the Sunny Side of the Street... J'ai  regretté que le son de la batterie couvre très souvent les musiciens et les chanteurs, et ceci a gêné un certain nombre de spectateurs.

- Les White Chocolate Drops : Voilà un orchestre de jeunes musiciens montpelliérains, tout en swing, avec un batteur - Arnaud Lemure - qui a compris le rôle du batteur dans la section rythmique : souplesse et force. La chanteuse, Emily Cole, d'une blancheur diaphane, interprète avec feeling, sans chercher à l'imiter, le répertoire de Billie Holiday. Cet orchestre très apprécié du public était composé, en plus de ceux déjà nommés, de : Gilles Berthenet  (tp et bugle), Guillaume Corral (ts), Cyril K. (p), Julien Didier (b), Simon Laurent (gu et leader).

- Swiss Yerba Buena Creole Rice Jazz Band : Orchestre Suisse de jazz  - dirigé par Beat Clerc (trompette) - jouant de la musique des années 20 et 30, réglé comme du papier à musique ! A mon goût, le soliste le plus remarquable est le Français Jean-François Bonnel (saxo ténor). Le public a chaleureusement applaudi ce magnifique orchestre de danse composé aussi de: Renaud Perrais : (tp, cl, as) , Leonard Muller (cl, sax), Régis Dessimoz (tb), Jean-Daniel Gliscon (tuba), Jean-pierre Burkhard (p), René Hagman (as, tp, cl), Olivier Clerc (dr, wash)

- Jo and The Bananas : En 2015 ce groupe de musiciennes et chanteuses nous avait ravis par son interprétation authentique de vieux blues. Hélas, cette année, avec les mêmes instruments, elles ont choisi de chanter des airs populaires européens et d'Amérique du sud ! Agréables, mais loin du jazz et du blues.

- Drom Blanchard quintet : Jazz manouche avec Paul Guta, remarquable violoniste tzigane roumain  dont la virtuosité a emballé le public. Mais, loin du jazz manouche. A mon sens, l'ensemble a manqué de cohésion... et peut-être de répétitions.

 

En conclusions : - Attention à la sono ! Il doit toujours être possible d'entendre les différents musiciens et les voix, sans qu'un instrument vienne les couvrir.

                           - Nous avons vécu et vibré pour les très bons moments de jazz et de blues. Mais si Jazz à Blauzac veut conserver l'attrait de cette dénomination, il serait bon qu'il ne devienne pas un fourre-tout de musiques classées jazz... et qui ne le sont pas.

Marie-France DEMBELLE   Membre du Hot Club de France

Cliquez sur le lien 5ème Festival de Jazz à Bleuzac, ci -dessus, pour voir et écouter les videos - signées Jeff Guyot - des orchestres cités.

07/08/2016 JACQUES MORGANTINI HONORÉ AU CAHORS BLUES FESTIVAL559

Poussé par Jacques Gasser - réalisateur du DVD Mémoire de Blues - vers le Cahors Blues Festival, Jacques Morgantini y a été reçu magnifiquement et fraternellement par le Président Robert Mauriès, son épouse et toute l'équipe de splendides bénévoles du festival

-Pour commencer, il eut droit à un tour de la ville - dans une superbe limousine blanche Lincoln de 10 mètres de long ! - pour aller découvrir, sur une grande place, un Marker offert au Cahors Blues Festival par la Memphis Blues Foundation (USA), pour services rendus au Blues. Il a pu y voir figurer son nom et celui de son épouse Marcelle Morgantini, pour avoir découvert et enregistré à Chicago, dans les années 1970, les Magic Slim, John Littlejohn, Jimmy Johnson, Luther Johnson Jr, Bobby King et autres bluesmen nés dans la vallée du Mississippi. Le nom de Jean-Marie Monestier - créateur du label Black & Blue - y est également inscrit... Et ce n’est que justice.

-Puis, le 15 Juillet 2016 sur la grande scène du Cahors Blues Festival, devant un public très nombreux, remise par Jean Guillermo (Président de France-Blues) d’un diplôme à Jacques Morgantini, pour services rendus au Blues et à ses musiciens. Robert Mauriès lui a également offert un disque microsillon, en gravure directe, des artistes participants au festival, avec mention Hommage à Jacques Morgantini.

Soulignons la parfaite organisation - dans les plus infimes détails - du Cahors Blues Festival, suivi par des milliers de festivaliers venus de nombreux pays d'Europe et des Etats -Unis !

Bernard JOUAN   Président du Jazz Hot Club du Bassin d'Arcachon (JHCBA)

03/08/2016 LUIGI GRASSO SAXO-TENOR558

Au festival de jazz de Münster 2016, lors du concert donné par le big band de Michel Pastre, j’avais été fortement impressionné par un jeune saxo alto, Luigi Grasso, que je découvrais. Luigi Grasso est un saxo inventif et swinguant.             (Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

Dans sa chronique de JazzAscona 2016 du 24 juin 2016, Jacques Besse disait de lui : C’est un excellent musicien dont le style de base est le bop. Mais il a fait de somptueux solos sur le blues, avec soit de longues notes tenues, soit des arpèges bopisantes (j’aime moins !). Effectivement, la plupart des enregistrements vidéo trouvés sur le Net sont du bop. Mais, Luigi Grasso y joue souvent si bien que j’en arriverais presque à aimer le bop ! 

Malheureusement, peu de vidéos de jazz  classique disponibles. En voici trois qui permettront de se faire une idée de ce très bon saxo-alto, même si l’une d’entre elles est passagèrement bopisante : 

A Blues et Please Don't Take About Me When I'm Gone  (2009) avec Ehud Asherie et Dan Barrett.

- All of Me (2015) avec son quartet.

J’ajoute qu’avec le big band de Michel Pastre, Luigi Grasso n’était pas du tout bopisant. Peut-être vaut-il mieux l’écouter dans des formations solidement ancrées dans le jazz classique ?

Son site internet donne quelques éléments biographiques. 

Ralph BALLMER    

02/08/2016 DISPARITION D'ANDRE CLERGEAT - TEMOIGNAGE557

Samedi 23 juillet 2016, André Clergeat - ancien rédacteur en chef de Jazz Hot - nous a quittés. Ceux qui, comme moi, l'ont connu à titre personnel, sont très tristes.

Il possédait des connaissances encyclopédiques de l'histoire du jazz, que j'ai encore pu encore apprécier quatre jours avant son décès ; un cœur d'or sous un aspect bourru, une volonté devenue obsessionnelle de combattre les imposteurs  - c'était son mot - du jazz.

41 ans de chroniques de jazz à la radio, que les amateurs ne voulaient pas rater ! 

Gérard RÉGNIER   - Historien du jazz

24/07/2016 ANDRE CLERGEAT NOUS A QUITTES556

J'ai appris, avec regrets, le décès du journaliste de jazz André Clergeat, à l'âge de 89 ans.

André Clergeat aimait, entre autres, notre jazz authentique. Il le connaissait bien et a contribué largement à sa diffusion. En tant que journaliste, il collabora à plusieurs revues musicales dont Jazz Hot. Il fut producteur d'émissions de radio, notamment à France-Inter, et co-fondateur de l'Académie du Jazz.

En outre, André Clergeat est le co-auteur - avec Philippe Carles et Jean-Louis Comolli - du Nouveau Dictionnaire du Jazz publié dans la collection Bouquins de Robert Laffont, dont la dernière édition date de 2011. Il est aussi l'auteur des textes de Sinéclopédie du Jazz, illustré de 47 aquarelles de Siné (Editions Joelle Losfeld).

 

Michel STOCHITCH   Président du HCF - PARIS

16/07/2016 LE BATTEUR HERLIN RILEY555

Dans la chronique du 25 juin sur le festival JazzAscona 2016, Jacques Besse écrivait :"Il faut être simple et précis : en ce moment, Herlin Riley est le meilleur batteur en activité. Ce n’est pas pour rien qu’il accompagne souvent les Ahmad Jamal et autres Monty Alexander".(Cliquez surle visuel pour l'agrandir)

Ne connaissant pas du tout Herlin Riley, je suis allé farfouiller sur le Net pour connaître un peu mieux ce batteur. Je surenchéris en disant qu'il faut être « simple et précis » : Quasiment la totalité de la trentaine de vidéos que j’ai visionnées valent la peine d'être écoutées - même si toutes ne sont pas du jazz classique - tellement Riley y excelle. 

Pour vous en donner une idée, je vous soumets une sélection de solos de jazz classique : Un premier morceau datant de plus de dix ans, avec un superbe  drumming Nouvelle Orléans - Un deuxième de 2012, qui évoque pour moi certains solos de Jo Jones - Un troisième, datant de 2015 - Une quatrième, probablement des années 2012 ou 2013 . 

Herlin Riley a : 

-  sa page Wikipédia

-  son site officiel , sur lequel vous trouverez, entre autres, d'autres vidéos.

 

Ralph BALLMER   

14/07/2016 JAZZASCONA 2016 (14) - LAUREATS ET RECOMPENCES554

Cette année encore, au moment où s'achevait le Festival, le Comité d'Organisation de JazzAscona a souhaité que les journalistes et chroniqueurs accrédités, qui avaient couvert l'événement, donnent leur opinion sur les concerts auxquels ils avaient assisté. Il s'agissait de classer par ordre de préférence les 5 orchestres et les 5 solistes, que chacun avait le plus appréciés.

 

Dans la catégorie Orchestres, nous avons retenu l'un et l'autre : 

- The New Orleans Jazz Vipers ( qui ont fait l'unanimité) - Davell Crawford  en trio - l'exceptionnelle Night Piano (6 pianistes !) - les dynamiques australiens de SwingRocket . En ajoutant le duo Aurora Nealand & Tom McDermott ainsi que Lillian Boutté & his MusicFriends ( pour Jacques Besse) et le Blues Band  Southern Spirit de Christian Willisohn (pour Michel Lalanne) 

Pour les solistes et les divers musiciens venus en free lance, identité de vues quasi complète avec : - Leon Kid Chocolate Brown (tp) - Davell Crawford (p , voc)  - Les deux immenses batteurs : Herlin Riley et Shannon Powell - Le pianiste Paolo Alderighi. Plus un autre pianiste, familier des lieux, Christian Willisohn pour Michel Lalanne.

 

Comme chaque fois, ces choix nous semblent très réducteurs (citer seulement 5 !), car de nombreux autres musiciens nous ont laissé une belle impression. D'ailleurs, nous en avons parlé dans nos billets quotidiens. Ajoutons donc : -  Les trompettistes Kevin Louis et Shammarr Allen -  les saxos Bradford Child et Boris van der Leck  - les pianistes Luca Filastro et Paul Longstreth - les batteurs Jason Marsalis et Simon Lott - la chanteuse Teedy  Boutté - le Tremé Brass Band... et notre liste serait loin d'être terminée !

 

Prix remis pendant le Festival :

* The Ascona Jazz Awards 2016 - attribué par l’organisation - à Davell Crawford qui a donné deux remarquables prestations en trio , avec Herlin Riley (dr)  et organisé la Piano Night (voir ci-dessus) .

* The Swiss Jazz Award 2016 - attribué par le public - récompense le Quintet de Patrick Bianco pour son programme intitulé  Cannonsoul, en référence à un style très en vogue dans les années 60. 

* L'Audience Award revient, pour la première fois, à un orchestre salué à la fois par la critique et le public : Le sextet  The New Orleans Jazz Vipers, formation originale composée de 4 souffleurs, d'une basse et d'une guitare et parfaitement dirigée par une vieille connaissance, le trombone Craig Klein . 

 

A l'issue de ce JazzAscona 2016 - un très bon cru ! - adressons des félicitations aux deux chevilles ouvrières de ce Festival unique en Europe, à savoir : Nicolas Gilliet, le dynamique et omniprésent directeur artistique et Luca Martinelli, le souriant et si efficace responsable du secteur Presse et Communication. Bravo Messieurs !

Et, rendez-vous à JazzAscona, Jeudi 22 juin 2017...

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE.   En exclusivité pour le site internet du Hot Club de France

13/07/2016 JAZZASCONA 2016 (13) - NOS OUBLIES : LES FRANCAIS553

Nous n’avons pas beaucoup parlé des orchestres français à Ascona . Nous avons cité : - Guillaume Nouaux, le pilier de La Section Rythmique - Raphaël Lemmonier, l’accompagnateur de China Moses; - Les Primatics toujours aussi dynamiques - Opé Smith, le nouveau chéri de ces demoiselles (et son orchestre). Mais nous avons complètement oublié deux orchestres sortant de l’ordinaire : les niçois de Jazz à Bichon et Lost of Swing (l’orchestre de jazz du conservatoire de Lausanne).

 

Jazz à Bichon : Ils sont niçois, donc très loin de Paris (plus loin qu’Ascona !). Ils visitent dans leur répertoire des orchestres louisianais dont je n’avais jamais entendu parlé - par exemple le Half Way Orchestra ou les New Orleans Owls - ou des plus classiques comme Clarence Williams.

Ils jouent les arrangements de l’époque sans batteur et avec un tuba (Robert  Bichon) ; c’est pour cela que cela manque un peu de swing par moment.

Ils maintiennent une tradition de JazzAscona : présenter des orchestres qui mettent en valeur des enregistrements rares et nous font découvrir des aspects anciens du jazz qui étaient quasiment inaccessibles et souvent inaudibles . Le plus connu dans cette tradition étant le Swiss Yerba Buena Rice Orchestra.

 

Lost in Swing : Je gardais un très mauvais souvenir du premier passage à Ascona des écoles de jazz suisses. Divine surprise avec l’Ecole de Jazz de Lausanne  L’orchestre qui s’est produit à Ascona a un répertoire très varié, d’excellents solistes et de bons arrangements et… ils swinguent.

Lorsqu’ils présentaient leurs morceaux, j’ai trouvé qu’ils avaient un accent bizarre qui sentait plus Nantes et Reims que Lausanne et Neufchâtel. En fait, ils sont presque tous français et je tiens à citer : -le vibraphoniste, Julien Lemoine, pas intimidé par Lionel Hampton - le clarinettiste, Clément Meunier à la brillante technique et Louis Billette au saxophone, ténor au punch irrésistible.

Un répertoire swing tout en finesse - Don’t be that way, Creole love call, After you’ve gone -  sans chercher à faire rugir les foules par des titres populaires, un bon moment et une grande surprise. S’ils passent chez vous, ne passez pas votre chemin.

 

Jacques BESSE   - Membre du Hot Club de France

12/07/2016 JAZZASCONA 2016 (12) - NOS OUBLIES 552

En moyenne, on chronique 2 à 3 orchestres par jour. On est pris par des coups de cœur qui nous obligent à nous épancher rapidement sur un sujet imprévu. On garde des sujets pour les jours où il n’y aurait rien à dire. Et, comme tous les jours on découvre autre chose... On vous fait manquer des moments immanquables.

Donc, en revisitant les chroniques, je vais vous présenter ici quelques orchestres qui ne méritent pas l’oubli dans lequel nous les avons tenus.

 

Anaïs St John & her Italian New Orleans Connection : Je n’en ai pas parlé, mais je les ai vus quatre fois. Anaïs est une chanteuse/danseuse qui a son premier passage à Ascona (en 2012) ne nous avait pas fait une grande impression - dû à son voisinage avec la grande Germaine Bazzle -  Cette fois-ci, elle était entourée de très bons musiciens italiens : Paolo Alderighi au piano, Alfredo Ferrario à la clarinette et Fabrizio Cattaneo à la trompette (déjà évoqué), soutenus par Roberto Piccolo à la basse - l’accompagnateur habituel de Paolo - et le brillant jeune batteur américain Simon Lott.

Tout tourne très bien, un excellent répertoire - La vie en rose, All of me, After you’ve gone - Une chanteuse très expressive et brillante meneuse de revue. Un set m’a laissé des regrets : celui avec Leon Brown où les deux vedettes américaines ont plus alternés que joués ensemble. Dommage ! Mais j’ai pu faire une photo ... (Cliquez sur le visuel pour l'agrandir).

 

Teedy Boutté et Paul Longstreth quartet : Ils sont venus cette année en quartet avec Pat Casey à la basse et l’excellent Derrick Freeman (le batteur de Kermit Ruffins). Teedy - la plus grande par la taille des Boutté et pour moi, aujourdhui, la meilleure - et Paul travaillent ensemble depuis de longues années. C'est soit pendant les séjours de Teedy aux USA, soit pendant les passages de Paul Longstreth en Scandinavie où Teedy Boutté a émigré. Il y a une réelle complicité entre les deux artistes. Paul, vu aussi dans la Night Piano, est un excellent accompagnateur. Leur répertoire est principalement le Rhythm and Blues de la Nouvelle-Orléans : I’m walking, Bourbon street parade, Working on the coal mine

Ils furent accompagnés un soir par John Michael Bradford... Bof !

 

Sam Burckhardt : Sam était dans les trois finalistes du Jazz Swiss Award. Il a fait une partie de sa carrière comme accompagnateur de bluesmen américains - comme Sunnyland Slim - et cela se ressent dans son jeu. Un bon sax, mais il manque de jus comme chanteur. Si vous êtes à Bâle quand il joue habituellement, vous passerez un bon moment en sa compagnie.

 

Et les Français ? Voir commentaire suivant. 

Jacques BESSE   - Membre du Hot Club de France

07/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (11) - DIMANCHE 3 JUILLET 2016551

Jazz in una giornata estiva ! (jazz on a summer day).

Dimanche, les gens partent; le bord du lac ferme ses portes. Mais le festival fait de la résistance dans les divers restaurants qui lui ont servi d’écran. J’en ai donc profité pour écouter encore deux concerts, avant de prendre la route.

 

- LaDyva trio : La jeune artiste, dont nous avons brièvement évoqué les premiers sets, était en vedette pendant deux longs sets. La jeune pianiste de boogie woogie est assez inégale, elle manque parfois un peu de souplesse, mais ses deux accompagnateurs swinguent. Elle s’inspire principalement d'Axel Zwingerberger et de Jerry Lee Lewis - pas les deux pianistes les plus souples -. Son frère intervient et chante. Son inspiration, c’est Elvis Presley et Frank Sinatra. Moi, je préfère Chuck Berry et Sam Cooke !

 

- Paolo Alderighi et Stephanie Trick : La clôture du festival pour moi... en apothéose ! Ils jouent en solo, en trio, à quatre mains, seuls ou en double trio (quatre mains et accompagnateurs).                                              

Tout est bon. Paolo est au sommet de son art et Stéphanie fait de gros progrès chaque année. 

Le contraste des styles est intéressant : Paolo joue - beaucoup - dans le style d’Erroll Garner. Earl Hines et Teddy Wilson sont ses autres sources d’inspiration. Stéphanie joue stride; elle dit son admiration pour James P. Johnson et Fats Waller (ne pas oublier que Louis Mazetier a été son professeur). Elle est aussi une bonne pianiste de boogie, inspirée par Albert Ammons.       Cliquez sur le visuel pour l'agrandir.

Michel Lalanne les avait écoutés sur deux pianos et a préféré (de fait cette formule comporte moins de contraintes). Mais leur show à quatre mains, en virevoltant autour du clavier, est aussi un exercice remarquable. Il est fait avec humour et une grande musicalité. Nous avons dit l’année dernière, tout le bien que nous pensions de leurs accompagnateurs : Roberto Piccolo basse et Nicola Sranieri batterie.

Ils ont joué, par exemple, HoneySucklerose Paolo à la Garner puis Stéphanie en stride. Une très jolie ballade à quatre mains : Love me tender. J’ai beaucoup aimé le quatre mains sur Agitation rag... Un thème rare. 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

Juste un dernier mot pour vous dire que l’année prochaine le festival aura lieu du jeudi 22 juin au samedi 1er juillet 2017. 

Longue vie à JazzAscona !

 

07/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (10) - SAMEDI 2 JUILLET 2016550

Promenade le long du lac. Programme perturbé par l' Euro de football (Allemagne-Italie) et...par la météo.

Des orchestres nouveaux sont arrivés mais, nos préférences de cette journée ont été aux orchestres réécoutés en matinée : The New Orleans Jazz Vipers et les SwingRockets renforcés par Leon Kid Chocolate Brown.

 

Toutefois, un mot sur les orchestres programmés pour cette fin de semaine. 

 

- Albie Donnelly's Supercharge : Un orchestre blues/rock’n roll, le set commence par Rocket 88 et finit par Sweet home Chicago. Le chef chante et joue du sax ténor, il est entouré de cuivres, guitar e et orgue. 

Un orchestre dont les membres jouent ensemble depuis longtemps, bien soudés. Un bon moment sympathique. Mais pourquoi un tel niveau sonore... qui pousse les gens à fuir le devant de la scène ?

 

- Gunhild Carling : On l’attendait entourée et soutenue par sa famille ; hélas, l’orchestre qui jouait avec elle - l’équipe de Larry Franco - ne la connaissait pas et ne la comprenait pas. Dommage !

 

- Opé Smith : Le nouveau venu de la soul française. Un bon orchestre, bien soudé, mais dans une éthique un peu éloignée de celle du Hot Club de France. 

Toutefois, la fin du concert nous a beaucoup plu. Entre le Mess Around de Ray Charles et le Hey Jude des Beatles, un grand succès auprès des jeunes filles.

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

 Swiss Jazz Award 2016  : Il fut attribué au Quintet du saxophoniste-alto Patrick Bianco, très apprécié dans un programme dénommé Cannonsoul , le titre de leur dernier C.D . C'est un hommage aux deux frères Nat et Cannonball Adderley qui connurent beaucoup de succès dans les années 60 . Les vainqueurs de ce Swiss Jazz Award seront invités à Ascona pour l'édition de 2017 .

07/07/2016 JAZZASCONA 2016 - LA GRANDE SEMAINE DE CHRISTIAN WILLISOHN 549

Il est entré sur scène dans son habituelle tenue - veste et chemise noires -  coiffé de son inséparable casquette sur laquelle est écrit un seul mot : BLUES. Un peu vouté , l'air timide , il a souri au public qui l'accueillait par des applaudissements puis s'est assis sur son tabouret. Et, le pianiste  a ouvert le concert par un See See Rider entièrement revisité . Première et heureuse bonne nouvelle : il était toujours le même !
 Au cours des concerts - il a joué à JazzAscona toute la semaine - il s'est donné à fond, que ce soit au piano ou en vocal (voix rauque et profonde), interprétant chaque thème avec force et conviction . Aidé, il faut le souligner, par son Band : le Southern Spirit . Quatre musiciens qui forment un groupe homogène, avec deux anciens : le très original saxophoniste ténor hollandais Boris van der Leck (compagnon de longue date) et, le guitariste Titus Vollmer . Et, deux plus récents entrants : le  bassiste Christian Diener et le batteur Peter Kraus.

Cliquez sur le visuel* pour l'agrandir

 

Son programme se compose toujours de Blues  - reprises et titres personnels - de diverses facettes des Musiques d'aujourd'hui de la Nouvelle-Orléans et des alentours, ainsi que de ballades et de quelques boogies . Les incontournables sont évidemment bien présents , tels :  Hold on , Cho-cho Train , New Orleans medley , Suzie Q. , Honky Tonk Train Blues , Boogie Woogie Stomp , Battle Hymn of America (spécialité de Boris Van der Leck ) ...
Omniprésent cette année , Christian Willisohn a également participé : le 20 juin 2016, à la Night Piano où son passage - 4 titres - a été remarqué et très apprécié d'un public qui le lui fit savoir .
Le 27 juin 2016, il fut aussi invité par Lillian Boutté à monter sur scène et à tenir le piano, tout au long du second set de l'émouvant concert-hommage, rendu à la chanteuse sous le titre  Lillian Boutté and her Musicfriends .
Souhaitons retrouver l'an prochain - ici-même, à JazzAscona 2017 - ce sympathique pianiste, bluesman d'envergure,  découvert au début des années 80 ... du coté de Munich.

Michel LALANNE    

*photo : site JazzAscona

06/07/2016 JAZZASCONA 2016 - UNE SYNTHESE PERSONNELLE548

Ayant saisit la chance de revenir à ce grand Festival, proche de Jacques et Michel - dont les comptes-rendus journaliers ont été si vivants - et en compagnie de vieux amis ... 

 

Voici mes préférences :

- The New Orleans Jazz Vippers : Si authentique ! Avec Craig Klein, un animateur de chaque jour.

- Swing Rocket : De remarquables et efficaces Australiens.

- Palm Court Jazz : Rien que des stars, avec Topsy Chapman. Encore meilleurs au café Pontile-Piazza.

- Lillian Boutté : Avec également ses anciens, et John Michael Bradford jeune trompette partout invité 

- Leon Kid Chocolate Brown : Superbe trompette invité et, si touchant - dans le café Pontile-Piazza - avec Luca Filastro trio.

- Davel Crawford et Herlin Riley : Le véritable sommet.

- La Section Rythmique : Nos Nouaux-Girardot-Blenkhorn avec Hetty Kate . Pas assez programmés !

- Aurora Neadland : La grande découverte clarinette et saxophone, avec Tom Mc Dermott aussi grand pianiste.

- Stephanie Trick : La reine du piano stride, avec  Paolo Alderighi son si inventif mari.

- Lost in Swing : La découverte de bien jeunes Français, aux remarquables arrangements précis.

- The Primatics : Le groupe français qui a enthousiasmé le plus de festivaliers... Et vendu tant de CD !

 

Jean DEPOID    - Membre du HCF Paris.

Jean Depoid prépare, pour l'automne, un DVD de ces souvenirs.

02/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (9) - VENDREDI 1er JUILLET 2016547

- Palm Court Jazz all stars : Dernier passage à Ascona de l’orchestre du Palm Court Café dirigé par le pianiste Lars Edegran.  Nous avions été un peu déçus par leur première prestation due, d’après eux, à une sonorisation déficiente. Vendredi, réel changement ;  nous avons pu entendre et apprécier les 3 souffleurs (Gregg Stafford (tp), Sammy Rimmington (cl) et Robert Harris (tb et voc) bien soutenus par une très bonne rythmique composée, outre du leader, de Richard Moten (b) et Jason  Marsalis (dr). Jason a fourni un drumming très New Orleans en accompagnement de ses partenaires et a participé à la fête en lançant des soli très musicaux : On entend la mélodie dans Second Line ou Fidgety feet. Topsy Chapman nous a semblé plus particulièrement à l’aise dans les négro spirituals : Bye & bye , Jesus walks with me.

 

- David Paquette : ll anime les déjeuners du restaurant Otello.  C’est un pianiste important, car c’est un passeur. Il a dans son style un mélange des anciens de La Nouvelle Orleans . Jelly Roll Morton est un de ces auteurs préférés - Wining boy, ou Sweet Substitute - et des bluesmen qu’il a pu croiser dans ses années d’apprentissage. Notre ami le trompettiste Jean-Marie Hurel, en grande forme lui aussi, a participé à trois morceaux  - When I grow to old to dream, Tin roof blues et I want a litlle girl - Une bonne Mise en Oreille pour le reste de la journée.

 

- LaDyva : Nous avions apprécié lors de son premier  passage LaDyva, toute jeune pianiste de boogie. Hier, elle était invitée à se produire avec un trio (second piano, basse et batterie). Hélas, son partenaire principal, le pianiste, exubérant et un brin égocentrique - son imitation de Jerry Lee Lewis ! - ne lui a que très rarement laissé la possibilité de jouer, et surtout de se faire entendre, car la sono était à l’évidence particulièrement déséquilibrée.

 

- Notre coup de cœur de la journée fut pour le trompettiste italien Fabrizio Cattaneo de la formation The Italian-New Orleans jazz connection   qui a donné une bonne réplique à Leon Brown, sans rivalité déplacée.

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

01/07/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (8) - JEUDI 30 JUIN 2016546

Lors d’un festival comme JazzAscona, notre émotion provient parfois de découvertes, jeunes talents ou musiciens confirmés qui pour des raisons diverses sont restés en dehors de nos antennes...

 

- Leon « Kid Chocolate » Brown rencontre Luca Filastro trio :

...D’autres fois, l’émotion vient de l’écoute d’orchestres qui ont longtemps travaillé ensemble et dont on sent la cohésion et le swing (Les New Orleans Jazz Vipers, par exemple). Dans d’autre cas, l’émotion vient d’une rencontre entre grands talents dont l’exemple le plus frappant fut il y a (déjà!) trois ans le Trumpet Summit et le duo  Nicola Payton/Wendell Brunious sur Cornet Shop Suey . Choc confirmé 2 ans plus tard, à Montargis, par Rossano Sportiello qui fut ce soir-là le maître de cérémonie.

Ce matin, à Pontile, la rencontre de musiciens qui ne s’étaient jamais parlé, mais qui surent s’écouter et travailler ensemble nous a comblés de joie : Leon Kid Chocolate Brown, la gentillesse faite homme, jouant avec le trio de Luca Filastro. Ils n’ont pas pris de risques en choisissant  un programme très standards de jazz : de Body and Soul à Sweet Georgia Brown. Le talent du trompettiste et chanteur et le trio à son écoute, tout cela nous a fait passer un très bon moment.

 

- Les Primatics

Que dire de plus que l’analyse qu’a faite, sur notre site, Ralph Ballmer sur cet  orchestre ?

Cette formation remporte à JazzAscona un énorme succès populaire et leur CD est le best seller du festival. Ils en auraient vendu en 2 soirs plus de 100 exemplaires. (Pas de publicité, car nous ne l’avons pas encore écouté) . A noter que le trombone, qui jouait jeudi, était Pierre Guicquéro (non annoncé dans le programme).

 

- Gotha Swing and Dancers

L’orchestre anime tous les soirs la piste de la salle Casino (ex Torre). Il accompagne un fort bon couple de danseurs (Francesca de Vita et Henrik Persson). Ils sont tellement élégants qu’ils donnent des complexes aux autres danseurs potentiels et se retrouvent, hélas, un peu seuls en piste.

La formation dirigée par le trompettiste Michael Supnick  se compose de 7 musiciens : la section rythmique étant le trio de Luca Filastro, renforcée de Rep Pellini au ténor, Giorgio Cuscito à l’alto et Luca Velotti (soprano et clarinette).

Ils jouent les standards swing, sur des tempos favorables à la danse. Nous avons apprécié les sax sur Jumpin at the Woodside et Mood Indigo, et Michael sur Muskat ramble. Un orchestre sympathique, qui mériterait un passage à une heure plus favorable. Luca Filastro, qui avait déjà donné un concert dans la journée - voir plus haut - s'est parfaitement intégré dans ce groupe de musiciens chevronnés.

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

30/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (7) - MERCREDI 29 JUIN 2016545

La journée commencée en Australie, avec le quintet SwingRocket, s’est terminée à La Nouvelle Orleans avec l’Orchestre du Palm Court Café.

 

- SwingRocket : Comme chaque année, Nicolas Gilliet - Directeur artistique du festival - propose un orchestre australien. Cette fois, l’équipe était composée de musiciens vivant à Sydney et Melbourne. Nous avions déjà longuement écouté le batteur leader Antony Howe - un vétéran d’Ascona - et le tromboniste Dan Barnett. Le saxophoniste ténor Bradford Child avait été découvert, ici même il y a deux ans, à un concert de ce qui est maintenant La Section Rythmique. Les deux autres musiciens : le solide bassiste Mark Elton et le pianiste Steven Grant - bon disciple de Teddy Wilson - nous étaient inconnus.

Nous avons apprécié : - When you’re smiling (introduction pleine de punch et vocal agréable de Bradford Child),  - Margie, qui met en vedette Dan dans un scat plein d’humour. - Out of nowhere , balade interprétée avec beaucoup de sensibilité par Bradford. - What a wonderfull  world réclamé par le public et pris en boogie !

Une excellente surprise !

 

- Gospel Concert : Le concert de Gospel à la Chiesa Collegio Papo a rempli, comme tous les ans, la jolie petite église d’Ascona. Glen David Andrews - le chanteur et tromboniste de la Nouvelle Orleans - avait été chargé de proposer un programme où seraient réunis musique sacrée et standard de jazz revisités. Il était avec son habituel trio (Simon Oslender à l’orgue, Bruno Müller guitariste , le jeune et brillant batteur Jérôme Cardynaals).

Un invité de marque : le brillant trompettiste Shammar Allen.

L’entente parfaite entre les deux souffleurs a permis d’assister à un set passionnant d'une heure, passée trop vite.  Chaque thème a été réarrangé pour la circonstance : Down by the riverside, What a wonderfull world , the Saints (avec procession dans l’allée centrale) et Georgia on my mind qui permit d’entendre un remarquable solo de Shammar Allen. Superbe final sur Let it shine.

Concert très inattendu car Shammar Allen et Glen David Andrews ont la fâcheuse tendance à vouloir tirer un peu trop la couverture à eux. Ce qu’ils n’ont pas fait cette fois-ci ! 

 

 Et pour le Palm Court Café, à demain... Si vous le voulez bien !

Jacques BESSE et Michel LALANNE   - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France

30/06/2016 THE PRIMATICS544

A JazzAscona 2016, le septet The Primatics (Public Award Jazzascona 2015) joue dans la formation suivante : David Costa Coehlo (voc), Francis Guero (tb), Julien Silvand (tp), Julien Duchet (ts), Fabien Saussaye (p), Stéphane Barral (b), Simon Boyer (dm).(Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

 

Un grand moment de Swing fou ! Swing qui manquait passablement aux concerts de jazz que j'ai suivis ici jusqu’à présent et à mon goût.

La section rythmique soudée, swingue comme un seul homme, emmenée par l'omniprésent et pourtant discret Simon Shuffle Boyer - le bien nommé -. Simon a exécuté un des plus beaux solo de batterie que j'ai entendu depuis quelques années . Et, je ne suis généralement pas très fan de solos de batterie.

Le groupe, souvent très Louis Prima, est aussi inspiré par le rock'n'roll des années '50 (mais swinguant, n'est-ce pas !) ou par Cab Calloway. Il joue notamment des classiques comme On the sunny side of the street ou Basin street blues . Mais dans leur style, ce qui est très surprenant et franchement réussi.

L'extraordinaire et bouillonnant chanteur David Coehlo, doté d'une voix chaude et un peu éraillée selon les besoins, n'a rien à envier à Louis Prima et à Cab Calloway. Il emmène - musicalement parlant tout au moins - le groupe et lui imprime un drive fou. Il émaille les paroles officielles par des paroles drôlatiques comme sabe o bacalao, ce qui fait rire le public ! Les solistes sont systématiquement excellents : le pianiste au style concis emprunte quelquefois des tournures à la Ray Charles ou à Basie, le saxo-ténor et le trompettiste sont facilement exubérants. Je ne regrette que le peu de solos du trombone.

 

The Primatics cumule - cultive devrais-je dire - les gags sonores ou rythmiques. Les musiciens s'amusent comme des fous. Mais, où diable puisent-ils leur énergie ? 

Ralph BALLMER   

29/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (6) - MARDI 28 JUIN 2016543

Un beau programme, dont nous avons extrait deux des plus belles perles .

 

- La Dyva : La découverte du jour s’appelle Vanessa Gnaegy, alias La Dyva. Cette jeune pianiste suisse joue essentiellement des boogies et fort bien - puissante et alerte main gauche -. Son répertoire va de Meade Lux Lewis (Honky Tonk train blues) à Axel Zwingenberger , le maître actuel du genre. On l’espère maintenant dans les grands festivals de boogie en France : La Roquebrou chez Jean Paul Amouroux et à Beaune chez Jean Pierre Bertrand. Artiste prometteuse.

 

- Lillian Boutté and her musician friends : Pour nous, les vedettes de cette soirée - intitulée Tribute to Louis Armstrong - ont été les trois trompettistes invités : Leon Kid Chocolate Brown, John Mickael Bradford et Shammarr Allen. Ils se sont multipliés en duo et en trio durant toute la soirée. Leon Brown, le plus proche de Satchmo,  nous a convaincu en solo sur Dinah and I’m confessin that I love youJohn Mickael Bradford, en net progrès par rapport à l’année dernière, brilla sur West end blues, Stardust et Struttin with some barbecue. Sa technique est parfaite mais sa sonorité est encore un peu blanche ). Shammarr Allen, le plus moderne des trois, sût se fondre dans les trios (Jeepers Creepers ou Hello Dolly)

Thomas L’Etienne, parfait maître de cérémonie, avait mis en œuvre le programme. Lui, son ami Uli Wunner et l’excellent trombone danois Ole Fessor Lindegren ont eu une part beaucoup moins importante et sont restés dans un rôle d’accompagnement.

L’impeccable section rythmique était composée du guitariste Denny Ilett, du bassiste Giorgos Antoniou et de l’extraordinaire drummer Shannon Powell, âme de l’orchestre. Frustré de n’avoir tenu qu’un rôle d’accompagnateur il nous a emmené dans un double rappel de 12 minutes sur Liza Jane !  (Rugissement final !!!!!!!!=)

Les deux chanteuses :

Tanya Boutté nous a fort bien interprété  Basin street blues, puis Exactly like you ; nous regretterons toutefois son manque de chaleur… Sa tante Lillian Boutté, vedette annoncée de la soirée, n’intervint qu’à trois brèves reprises (When it’s sleepy time down south, C’est si bon et What a wonderfull world). Et chacun de ses brefs passages étaient remplis d’une mélancolie palpable pour la majorité du public. Emotion maximale.

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   - En exclusivité pour le Site internet du Hot Club de France

PHOTO Lillian Boutté and her musician friends (Ph: Almira Arthara) - Cliquez sur la photo pour l'agrandir

De gauche à droite : Ole Fessor Lindgren (tb), Leon Kid Chocolate Brown (tp), John Mickael Bradford (tp),Tanya Boutté (voc), Lillian Boutté (voc), Thomas L’Etienne, Denny Ilett (gu), Uli Wünner, Shannon Powell (dr), Giorgos Antoniou (b).

 

 

 

28/06/2016 EN DIRECT DE JAZZASCONA 2016 (5) - LUNDI 27 JUIN 2016542

Après la pluie, le beau temps.

La journée de lundi a été marquée par le retour du soleil, ce qui influe grandement sur le moral des festivaliers et le jugement des commentateurs.

 

- Aurora Neadland et Tom McDermott : Ce duo, que nous connaissions peu si ce n’est que par quelques échos venus d’Outre-Atlantique, joue un jazz très classique à base de standards : - Pour elle : Trouble inoutre Atlantiquemind, Tenessee Waltz, Wining boy (Jelly roll Morton) - Pour lui : Maple Leaf rag ou Tico Tico. (Ph:J.Besse - Cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

Malgré plusieurs titres empruntés à Sidney Bechet - The broken wind meel ou Si tu vois ma mère - cette jeune femme, qui joue de la clarinette et du soprano, s’est forgé un style très personnel et pas du tout inspiré par le grand maître. Quand elle chante, elle fait penser à ces chanteuses des années 20, à la voix rauque et grave.

Son partenaire, le pianiste Tom McDermott, est très original, développant un style personnel, inspiré à la fois par Jelly Roll Morton et par certains pianistes de blues de La Nouvelle Orleans.

Le tandem fonctionne à la perfection : Par exemple, en ouvrant la deuxième partie du concert par un dynamique In the mood, joué à 4 mains.

 

- La Section Rythmique et Hetty Kate : Nous ne mettrons pas d’étiquette sur elle. Elle a le style - à la fois vocal et vestimentaire - des chanteuses de variétés américaines des années 50 (Blossom Dearie ou Anita O’Day). Ce n’est pas tout à fait ce que nous espérons à Ascona. Mais, nos amis de La Section Rythmique l’ont superbement accompagnée. Un moment agréable !

 

- Le pianiste Luca Filastro : Luca nous a joué un set en trio, composé à 70% de la musique de Fats Waller et à 20% de Milt Buckner. Un mélange surprenant, surtout lorsqu’il passe d’un style à l’autre dans le même morceau. Et, pour illustrer notre propos, 3 morceaux qui ne sont dans le répertoire ni de l’un, ni de l’autre : How high the moon, The flat floot foogie, Lady be good.

 

Demain, nous vous parlerons de Lillian Boutté, de ses deux nièces et de leurs accompagnateurs.

 

Jacques BESSE et Michel LALANNE   

N.B. : Un pianiste suisse a retenu mon attention. Il s’agit de Renato Chicco, inspiré et mélodieux, qui joue dans le Patrick Bianco’s Cannonsoul  (M.L)

 

Page : 1 sur 29 (du 28/06/2016 au 28/08/2016)