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Page : 1 sur 32 (du 27/06/2017 au 16/10/2017)
16/10/2017 JOHN LEE HOOKER DANS SOUL BAG625

Je vous recommande la lecture du n° 228 (octobre/novembre/décembre 2017) du magazine Soul Bag* consacré en majeure partie au chanteur et guitariste de blues John Lee Hooker (1917-2001), dont on fête cette année le centenaire de la naissance. 

On y trouve : 20 pages d'interviews, de reportages et de nombreuses et magnifiques photos de cet artiste, ainsi qu'une analyse d'un certain nombre de ses enregistrements. Il y a même une playlist de trente enregistrements, perles extraites d'une œuvre fleuve

Dans ce même numéro, vous pourrez lire aussi un portrait du guitariste et chanteur de blues Carl Weathersby, qui vient en France prochainement avec la tournée du Chicago Blues Festival et un arrêt sur image sur le regretté Luther Allison (gu,voc). Ce numéro fête aussi les 50 ans de Black & Blue

 

Voilà, me semble-t-il, de quoi nous intéresser, nous les amateurs de blues authentique !

Marie-France DEMBELLE   - Membre du Hot Club de France

*Soul Bag, intitulé «  le magazine du Blues et de la Soul  » se consacre à la promotion de la musique noire des Etats-Unis, sous ses diverses formes.

 

- Photo : John Lee Hooker - Avril 1970 - Ph: Jean-Pierre Thamazian . Cliquez sur le visuel pour l'agrandir.

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (1) DES PIANISTES624

Du Jeudi 10 au Dimanche 13 Août : Oui, incontestablement, le cru 2017 du Festival Internaional de Boogie Woogie de La Roquebrou fut remarquable et, tout de suite, disons que c'est grâce au flair, au travail et à l'obstination de son Directeur Artistique Jean-Paul Amouroux ! Cette année encore, il nous a offerts sur la scène, en première partie de soirée, certains des meilleurs spécialistes du Boogie Woogie. Par moments ils jouent en duo, même en trio - voire plus dans les moments de folie - et ce sur trois pianos à queue Steinway & Sons !

Nous avons revu avec plaisir le jeune Nirek Mokar, qui a une assurance étonnante pour un gaillard de 14 ans. Il connaît ses classiques et il s'en inspire avec talent et une énergie notable. Il est toujours vigilant et désireux d'apprendre des pianistes plus expérimentés. À tout moment lorsqu'il voit un piano, il s'en rapproche et n'a qu'un désir : s'installer au clavier.

À noter aussi :

- La présence du robuste et puissant Jorg Hegemann, qui connaît la musique de son idole Albert Ammons sur le bout des doigts. 

- Un très bon noir américain : Daryl Davis qui, outre sa maîtrise dans le Boogie, chante fort bien et a joué le blues à la guitare en ceinturant Antony Stelmaszack d'une manière telle, que l'on aurait aimé en entendre davantage !

- Le sympathique Ethan Leinwand et son chapeau melon (photo)*. Ce bougre s'est spécialisé dans le Boogie primitif ce que l'on a appelé aussi le Barrelhouse Blues - et c'est diablement plaisant. 

- La jeune Suissesse Ladyva est gracieuse, et agréable à voir et à entendre. Mais lors de la première soirée, elle aurait dû, je pense, muscler un peu plus son propos. Ce qu'elle fit lors de sa seconde prestation !

Jacques MORGANTINI   Membre du Hot Club de France

*Photo : Cliquez sur le visuel d' Ethan Leinwand pour l'agrandir

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (2) LES ACCOMPAGNATEURS623

Parlons, dès maintenant, de ce qui nous a enchanté, réjoui, régalé : Ceux que la brochure-programme appelle les accompagnateurs des solistes . Ce fut un quatuor de magnifiques musiciens avec :

- Le splendide Claude Braud au saxo-ténor ! Il pétarade, pour ne pas me laisser aller à écrire plus. Enfin, un saxo-ténor qui joue comme on l'aime avec de larges inflexions, du poids donné à certaines notes, une sonorité ample et chaleureuse. Voilà un musicien exemplaire qui sait faire parler son instrument et envoyer de l'émotion à ses auditeurs, 

La section rythmique, elle aussi exemplaire, avec : 

- Un remarquable Anthony Stelmaszack à la guitare électrique, aussi à l'aise et éloquent dans ses accompagnements que dans ses solos. Continuez jeune homme ! 

- Notre ami Thibaut Chopin était à la contrebasse : belle sonorité ronde, ample, et surtout grand slappeur. Il sait, dans son jeu, rebondir avec souplesse d'une note sur l'autre, jouant le « bounce rhythm » à la manière des gars de Kansas-City comme Walter Page ou Gene Ramey. De plus, ce fripon joue remarquablement de l'harmonica, dans la grande tradition, et chante le blues d'une manière convaincante. 

 

 - À la batterie Gérard Marmet (photo)*. On trouvait là ce que j'appelle un vrai batteur, qui sait magnifiquement accompagner ses partenaires. De plus, il joue dense et épais. Avec un tel batteur, les solistes ne peuvent qu'être confortables. Trop de batteurs jouent léger, sans nuances, sans relances, ils époussettent leurs cymbales avec douceur ! Eh bien, non la batterie doit s'imposer et, par de solides et puissantes « pêches », elle doit souligner, compléter, baliser les arrangements et les évolutions des improvisations des solistes. Bravo au réjouissant Gérard Marmet !

 

 

Jacques MORGANTINI   Membre du Hot Club de France

*Photo : Cliquez sur le visuel de Gérard Marmet pour l'agrandir

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (3) LES SECONDES PARTIES DE SOIRÉES622

Dans les secondes parties de soirées, nous avons eu : 

 

Jeudi 10

- Les Blue Serenaders (quintet) avec la trompette de notre ami Laurent Verdeaux, maître dans l'art de l'utilisation des sourdines. La chanteuse Lydie Arbogast est ma foi bien plaisante à entendre. Elle possède une voix magnifique et sait s'en servir. (Photo - de gauche à droite - Lydie Arbogast (voc), Jean-Pierre Giraud(cl), Laurent Verdeaux (tp). Cliquez sur le visuel pour l'agrandir).

 - Par contre, cruelle surprise ! J'avais entendu parler, comme beaucoup, d'un grand harmoniciste de blues : Jean-Jacques Milteau. Mais, j'ai entendu un musicien qui n'aborde pas son instrument comme le font depuis la nuit des temps, tous les harmonicistes Noirs : ceux qui se sont servis de ce petit instrument à deux sous - qui était un des rares accessible à leurs faibles moyens - pour le faire  parler,  chanter  et gémir  comme une voix humaine, c'est-à-dire avec du vibrato. Et non, comme ce fut le cas, avec les sons lisses sans la moindre expressivité que nous avons entendus. On parle de Blues, je crois, mais ce soir-là, on était loin du Mississippi saxophone  des Sonny Boy Williamson, Louis Myers, Junior Wells et autres Little McSimmons que j'ai connus dans le passé. Voire même des magnifiques Cadijo ou de notre pote Nico Wayne Toussaint qui savent actuellement clamer le blues, en se servant du petit diatonique pour nous transmettre de belles émotions !

 

Vendredi 11

- Le Coup de Cœur avec le Claude Bolling Big Band ! C'est un bonheur d'avoir sur scène un grand orchestre de 18 gaillards qui soufflent à pleins poumons de solides arrangements. Il se dégage dans ces moments une euphorie qui vous remue. Un petit bémol toutefois : le batteur était trop léger pour un tel Big Band où, par moments, il faut cogner sur sa caisse claire avec de puissants rim shots ! Pensez aux Lionel Hampton, Panama Francis, Sonny Payne Sam Woodyard, Jo Jones, J.C.Heard, Big Sid Catlett… On souligne puissamment les moments où la batterie doit donner cette impulsion irrésistible et nécessaire ! 

Jean-Paul Amouroux tient à proposer chaque année aux festivaliers un Big Band. Et il a bien raison le bougre, qu'il en soit béni et qu'il continue.

 

Samedi 12

-Le groupe Louis Prima for ever* : Quel régal ! La musique, les solistes, les petits arrangements, la mise en scène, la classe de chacun des participants, la pulsation de la section rythmique, la conviction communicative des chanteurs Pauline Atlan et Patrick Bacqueville ! Et les interventions de Claude Braud au ténor, Nicolas Peslier à la guitare, Michel Bonnet à la trompette, Patrick Bacqueville au trombone. Tout cela chanté et joué avec une complicité et une joie évidente.  Soirée remarquable !

 

Lors de chacune de ces soirées, on a vu évoluer sur scène des danseurs , champions du monde de Lindy Hop. Ce fut un spectacle magnifique et complet, car le Jazz est une musique de danse. Un réel plaisir de voir que danse et musique ne faisaient qu'un.  Le swing était bien là.

Jacques MORGANTINI   - Membre du Hot-Club de France

*Photo Louis Prima for ever : Michel Bonnet (tp,voc) & Patrick Bacqueville (tb,voc). Cliquez sur le visuel pour l'agrandir

10/10/2017 A LA ROQUEBROU 2017 : (4) AUTOUR DU FESTIVAL621

Au Festival International de La Roquebrou, il y a depuis le matin, une ambiance gaie, joviale, détendue dans toute la cité. Les bars et les bistrots ont des pianos et cela joue jusqu'à des heures avancées de la nuit. Cela permet à des amateurs de montrer ce dont ils sont capables, comme, par exemple, Marie-Claire Simeone qui joue en duo avec sa fille Coline, bien jeune mais déjà talentueuse.

 Les rues de La Roquebrou sont sans cesse animées par des orchestres multiples et ça danse dans tous les coins, y compris, sous chapiteaux, avec des professeurs hautement qualifiés, qui dispensent, sans compter, leur savoir ! 

 

Il y eut aussi deux déjeuners swing, l'un au Teulet et l'autre à l'Hôtel des Voyageurs du Rouget. Ces deux jours, outre le Maître de cérémonie Jean-Paul Amouroux, des pianistes étaient présents : Nirek Mokar et Jorg Hegemann... infatigables. Mais aussi Claude Braud, Gérard Marmet (au Teulet). Avec en plus - et ce ne fut pas rien - le splendide Jean-Pierre Bertrand toujours si étincelant. Des moments musicaux qui ont enchanté les convives.

 

En conclusion : Le Festival International de Boogie Woogie de La Roquebrou apporte une ambiance superbe avec du Boogie, du Swing, des Riffs velus. C'est aussi un accompagnement et une gentillesse de tous les instants, et je salue au passage, le Président Bernard Momaux que je remercie pour son accueil et ses attentions.Quant à Jean-Paul Amouroux, il a déjà reçu sa brassée de reconnaissance.

 

À l'an prochain ! 

Jacques MORGANTINI   - Membre du Hot-Club de France

12/09/2017 SWING FM DE RETOUR SUR INTERNET620

Après cette si longue attente, la radio Swing FM est enfin revenue sur le net.

 

Bonne Ecoute !

Alain REJOU    Président de Swing FM

01/09/2017 JE SUIS FOU DE TUBA SKINNY619

Depuis 2009, Tuba Skinny est un Orchestre de rue de La Nouvelle Orléans. Pas un Marching  band mais un Sitting  band. Je suis devenu fou de cet orchestre, grâce à Youtube où chacun peu visionner d' innombrables vidéos de ses concerts *  

 

L'orchestre est à géométrie variable mais, depuis 2009, son noyau dur semble être : Shaye Cohn (cnt & lead), Barnabus Jones (tb), Winfield « Todd » Burdick (tuba), Robin Rapuzzi (wb), Erika Lewis (voc).

 

Shaye Cohn est assurément une musicienne exceptionnelle. Elle joue de beaucoup d'instruments. C'est au piano et au cornet qu'elle subjugue le plus les amateurs. Pops Coffee, un anglais de Nottingham, donne - sur son excellent blog - beaucoup d'informations sur Shaye et l'orchestre.

* A titre d'exemples, je vous suggère : 

- De visioner Frog Hop (sans Erika Lewis), dans lequel on découvrira le drive phénoménal de Shaye Cohn. 

- D' écouter l'audio-Youtube Freight Train Blues , avec une bouleversante Erika Lewis.

 

 En 2012 à JazzAscona, Michel Lalanne et Jacques Besse étaient tombés sous le charme d'Erika Lewis et Shaye Cohn, chanteuse et pianiste d'un orchestre dirigé par le trompette Norbert Susemihl. Shaye Cohn, au cornet cette fois, avait même fortement impressionné nos deux reporters lors d'une jam session.

Pierre INGRIN   Membre du Hot Club de France

Photo : A gauche Erika Lewis, à droite Shaye Cohn.(cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

22/08/2017 AU FESTIVAL DE LA ROQUEBROU 2017 : DÉCOUVERTES ET COUPS DE CŒUR618

Cette 19ème édition du Festival International de Boogie Woogie de La Roquebrou - du 10 au 13 Août 2017 - nous apporta, comme chaque année, son lot de satisfactions. Avec, entre autres, les sets de l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau, en sextet avec deux remarquables chanteurs américains, du Claude Bolling Big Band dirigé aujourd'hui par Vincent Cordelette - Philippe Milanta est au piano -  et du Louis Prima For Ever de Stéphane Roger et Patrick Bacqueville, avec Pauline Atlan parfaite dans le rôle de Kelly Smith.

 

Mes préférences se sont portées sur les prestations de : 

- Daryl Davis (photo) - piano et vocal - solide pianiste originaire de Chicago (Illinois), ville de naissance des célèbres Jimmy Yancey, Albert Ammons et Meade Lux Lewis.

Doté d'un jeu puissant et d'une voix très noire, il joue avec la même énergie le Blues, le Boogie et le R' n' B. Il proposa un set varié qui s'acheva par un hommage à Chuck Berry " mon pôte " sur Johnny B.Good. Un final spectaculaire avec une séquence-guitare à quatre mains et la participation d'Anthony Stelmaszack.

- Ethan Leinwand - piano - personnage singulier offrant un aspect archéologue : bretelles bien visibles et chapeau melon comme se présentaient autrefois Willie " the Lion " Smith ou Fats Waller. Il interprète avec talent Blues et Boogies de la façon dont  ils étaient joués dans les Barrelhouses, ces établissements exclusivement réservés aux danseurs - et spectateurs - noirs dans les années 20 et 30. Il est venu de Saint Louis, sa ville de résidence, avec Miss Jubilee (Valerie Kirchhoff), une chanteuse inspirée par Victoria Spivey et Trixie Smith. Un très intéressant et original moment.

- Retour gagnant pour Jörg Hegemann  - piano - natif de Dortmund ( Allemagne), venu dans le Cantal en 2006. Il est considéré comme le meilleur interprète européen des thèmes d'Albert Ammons. Il s'est produit à plusieurs reprises seul ou avec son habituel partenaire, le chanteur Thomas Aufermann ( grand admirateur du blues-shouter Big Joe Turner). Ses généreux sets lui valurent de beaux succès mérités à chacun de ses passages.

- Anthony Stelmaszack - guitariste et chanteur - occupa le devant de la scène à maintes reprises. Très actif depuis 15 ans, ce bordelais d'origine, sollicité tout au long du Festival, fut un parfait accompagnateur et se fit remarquer chaque soir par la qualité et la justesse de ses nombreux et riches solos.

- Et puis, il y avait l'incontournable Claude Braud - sax ténor - Immanquable et omniprésent, il a soufflé avec presque tous les orchestres. Gros son et formidable pêche en permanence, y compris au cours du traditionnel déjeuner-swing du samedi dans une commune voisine où Jean-Paul Amouroux avait convié quelques-uns de ses amis musiciens pour une longue et superbe jam-session.

 

Le prochain Festival International de Boogie Woogie de La Roquebrou aura lieu du 9 au 12 Août 2018. Ce sera la 20 eme édition. Il faudra y être !

 

Michel LALANNE   Vice-Président du Bordeaux Hot Club

Cliquez sur la photo de Daryl Davis pour l'agrandir

12/08/2017 FILM - LES FIGURES DE L'OMBRE617

Si vous n'avez pas encore vu le film Les figures de l'ombre  - Hidden figures - du réalisateur américain Théodore Melfi , je vous engage vivement à le voir. 

 

Le  Synopsis : L'histoire de 3 femmes noires , cerveaux du premier voyage spatial habité réussi par les Américains en 1962. Ces trois Afro-Américaines travaillaient pour la NASA et ont permis à l'astronaute John Glenn de réaliser son premier vol en orbite. 

Ces 3 femmes : 

- Katherine Johnson, physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale 

- Mary Jackson, aspirante ingénieure

- Dorothy Vaughan, superviseuse de l'équipe des calculatrices

travaillaient au centre de recherche de Langley, dans un milieu de scientifiques composé en grande majorité d'hommes blancs, au moment où sévissait encore la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Des situations cocasses et stupides, liées à cette ségrégation dans le travail, nous montrent combien pour les noirs - et les femmes noires en particulier - il était difficile de se faire admettre.

Ce que j'ai admiré dans ce film, c'est la grande résilience de ces femmes noires qui, avec intelligence  et persévérance, sans manifestations de revendications extrêmes qui auraient braqué les Blancs, arrivent à s'imposer par leur intelligence, leurs compétences et leurs connaissances. La négociation pleine de finesse et d'intelligence psychologique de Mary Jackson, auprès du procureur du tribunal de Virginie afin d'obtenir l'autorisation de suivre les cours du soir d'ingénieur, dans un lycée de blancs, nous montre les ressources humaines de ce peuple passé de l'esclavage à la ségrégation pour survivre et progresser. 

C'est sous Obama que le génie de ces femmes fut enfin reconnu et particulièrement celui de Katherine Johnson, toujours vivante lors de la réalisation de ce film.

Nous, amateurs de Jazz authentique, connaissons les capacités artistiques des Noirs américains. Il serait bon que nos enfants et petits-enfants découvrent eux aussi cette réalité.

Marie-France DEMBELLE   Membre du Hot Club de France

Photo : L'actrice TP.Henson dans le rôle de Katherine Johnson

04/07/2017 JAZZASCONA 2017 (15) - DES OUBLIES616

Endirect de JazzAscona 2017 - Des oubliés  : Sur les conseils de ma direction artistique, il m'a été demandé de ne pas faire des articles de plus d'une page pour le site *. Donc, souvent, je n'ai chroniqué que 2 ou 3 orchestres par jour, mais mon rythme de concerts c'est plutôt quatre et parfois cinq. Je n'ai donc chroniqué que 23 orchestres du festival sur les 39 qui ont participé. 

Je n'ai pas écouté les 39 orchestres. Par exemple, pour des questions de programmation je n'ai pas entendu Nina Attal qui, les deux derniers jours, partageait les scènes avec Jon Cleary .

Donc, en reprenant mes notes, je vais vous chroniquer quelques bons moments supplémentaires.

 

New Orleans Swamp Donkeys Jass band

Ils sont revenus et j'ai pu les écouter dans de très bonnes conditions à la Piazetta. Ils étaient prêts à faire de la musique et moins de show, comme certains soirs.

Le leader James Williams est un brillant trompettiste. Il domine son orchestre. Ses inspirations sont très Louis Armstrong.  Sa voix extrêmement rocailleuse est originale et son chant swingue bien (Careless love, Buddy Bolden Blues, After you've gone) .

Son batteur Josh Marotta sonne bien, dans la tradition des batteurs de style New Orleans. Une mention pour Myles Lyons, le trombone  chanteur sur Saint Louis blues et pour le multi-instrumentiste Ricardo Pascal qui alterne clarinette, saxo alto et saxo soprano.

 

Paddy Sherlock et Ellen Birath Band

L'orchestre, c'est Cris Cody le pianiste australien (encore un !). 

Nos deux immigrés parisiens - Paddy de Dublin et Ellen de Suède - n'ont réellement pas besoin de grand monde  pour occuper la scène. Le public les adore et ils ont un show de bonne qualité musicale et très comique. 

Paddy chante, joue du trombone, se promène, interpelle les gens.  Ellen chante et commente le jeu de scène de Paddy  - en anglais ou en français avec son succulent accent suédois - Leur entente est difficile à expliquer mais c'est très bon, surtout avec Cris Cody derrière. Ce dernier fournit un efficace contre-chant aux deux chanteurs et sa main gauche est la section rythmique de l'orchestre.

Un bon moment de jazz et de music-hall.

 

Jacques BESSE   Membre du Hot Club de France

* Sur internet, les messages sont moins lus lorsqu'ils sont longs. 

04/07/2017 JAZZASCONA 2017 (14) - DERNIERS CONCERTS615

En direct de JazzAscona 2017 (Samedi 1er juillet)

 

 

Jon Cleary (bis)

L'honnêteté intellectuelle me force à revenir sur mon jugement du Quartet de Jon Cleary (mais pas sur le commentaire du concert de vendredi  soir !).

J'ai été trop déçu par le premier concert de Jon Cleary, pour ne pas retenter ma chance une deuxième fois. Et, en fait, le problème était technique et acoustique.

Comment saboter une musique à ce point, alors que le lendemain tout l'équilibre des instruments est parfait. Au deuxième concert, plus besoin de Boules Quies, l'orgue et le piano se différencient parfaitement. Enfin, on entend bien le batteur (A.J .Hall) qui va être rejoint pendant les 20 dernières minutes par Jason Marsalis. Et là, cela balance terrible .

Jon Cleary chante et est soutenu par  son bassiste - Cornell Williams - qui donne un son gospel sur tous les blues, Frenchmen street Blues ou autres What do you want a girl to do.L'orgue Hammond de Nigel Hall sonne fort bien et envoie un contre-chant très intéressant au piano de Jon.

Un second concert fort réussi.

 

Domino Swing 

Ils nous viennent de Barcelone mais, en discutant avec eux, on découvre deux  guitaristes italiens - le soliste Neter Calafati et l'accompagnateur Frederico Fiore - un violoniste portugais - Joao Silva - et, un bassiste mexicain : Juan Carlos Buchan.

Ils sont d'excellents suiveurs du Quintet du Hot Club de France : Neter Calafati est très inspiré de Django et Joao Silva est un disciple de Stéphane Grappelli.

Ils nous ont donc joué un programme rendant hommage aux grands anciens : Nuages, Night and day, How high the moon, The Sheik of Araby auxquels ils rajoutent leurs propres compositions. Comme ils perpétuent aussi une autre tradition de timidité oratoire, je n'ai rien compris aux titres qu'ils ont annoncés, mais la musique était fort belle et très originale.

Une excellente fin de festival 2017

 

Jacques BESSE   Membre du Hot Club de France

Photo : Jao Silva(vln) & Neter Calafati(gu) - Cliquez sur le visuel pour l'agrandir.

01/07/2017 HOMMAGE A CHRISTIAN BONNET 614

Un beau jour de 2008, alors que nous recherchions un président pour la Maison du Duke alors en gestation, l'ami Claude Carrière me présente un grand type solaire, enthousiaste, cultivé, entreprenant, musicien accompli, inscrit dans les réseaux du jazz, amoureux de cette musique et d'une remarquable qualité d'écoute. On ne pouvait pas trouver mieux, et notre mission commune s'est immédiatement mise à groover

Nos échanges m'ont appris à connaître l'Homme, sa générosité, sa gestion rigoureuse de l'association, ses multiples facettes, attachantes et parfois déconcertantes, et un cercle d'amis d'une rare qualité. Missionnaire infatigable pour la MDD, je lui ai un jour suggéré de s'atteler à la tâche immense de la traduction des mémoires de Duke Ellington. Loin d'être impressionné, il a déplacé des montagnes pour atteindre un résultat qui force l'admiration de tous. 

Christian était aussi l'un des plus fervents supporters du Duke Orchestra duquel il prenait souvent des nouvelles, et un formidable ambassadeur du Provins Duke Festival. Christian Bonnet, c'était un oiseau rare, passionné et passionnant, qui nous contaminait d'une foi débordante. Il vivait dans l'urgence d'accomplir, et nous a quittés de la même façon. Christian, je te dois tant… Tes encouragements et ton sourire me manquent atrocement.

Laurent MIGNARD   - Duke Orchestra

Photo :Christian Bonnet, Musicien et Président de la Maison du Duke, décédé le 13 juin 2017 (cliquez sur le visuel pour l'agrandir)

01/07/2017 JAZZASCONA 2017 (13) - JON CLEARY ASCONA JAZZ AWARD613

En direct de JazzAscona 2017 (Vendredi 30 juin) : Une journée spéciale, puisque l' Ascona Jazz Award a été attribué à Jon Cleary,  l'un des pianistes les plus représentatifs de la tradition de La Nouvelle-Orléans.

 

Jon Cleary

Il vient avec son quartet, un batteur, un bassiste et un organiste. Le concert a donc comporté des séquences de piano solo et des séquences en quartet.

Quand Jon joue en solo, on peut apprécier son jeu fortement inspiré de Professor Longhair, Dr John et autres James Booker ...C'est fort agréable.

Lorsqu'il joue en quartet, l'orgue Hammond couvre le piano. Est-ce volontaire ou est-ce dû à la très mauvaise et bruyante sonorisation qui favorise le batteur et l'organiste au détriment des autres instruments? Mais, une fois qu'on s'est équipé de Boules Quiès, le son redevient normal ...

 

Soul Brass Band

A la fin du set de Jon, le Soul Bras Band envahit la scène, puis la salle. Ils arrivent renforcés par Kid Chocolate, puis par Jon Cleary, qui joue de la cloche à vache et du tambourin. Ce Set, inattendu et plein de fougue, va durer 45 minutes. Sur les thèmes classiques de La Nouvelle-Orléans - The Saints, Second Line ... - ils vont faire danser le public. Un très bon moment !

 

 

Topsy Chapman et le Palm Court Jazz Coffee All Stars

Le Palm Court Jazz Coffee All Stars porte assez bien son nom. Il a en son sein, l'un des plus grands batteurs actuels de jazz : Jason Marsalis. Jason pousse l'orchestre comme Tubby Hall poussait celui de Kid Ory : tout en force et swing, principalement à la caisse claire. Comme les grands batteurs de ce style, il nous force à nous concentrer sur son jeu de batterie parfois hypnotique... On en oublie les solistes !

Parlons maintenant des autres musiciens : La ligne de front comprend l'excellent Sammy Rimington (clarinette et saxo alto), le très bon Gregg Stafford à la trompette - qui dirige les ensembles avec autorité - et le trombone Robert Harris, dont on retiendra surtout ses qualités de chanteur.

Lars Edegran - le chef d'orchestre - au piano  et Richard Moten à la basse complètent la section rythmique. Ils sont très bien dans leur rôle.

Topsy Chapman est une chanteuse, qui nous avait ravi lorsque nous l'avions croisée en 2005 à Ascona. Sa voix a , hélas, mal vieillie et ne justifie plus, pour le groupe, l'appellation All Stars.

Jacques BESSE   Membre du Hot Club de France

Photo (Jacques Besse) : Jon Cleary entre Kevin Louis (à gauche) et Kid Chocolate (à droite) 

Cliquez sur le visuel pour l'agrandir.

01/07/2017 JAZZASCONA 2017 (12) - LOUIS PRIMA FOR EVER612

En direct de JazzAscona 2017 (Jeudi 29 Juin)

 

Louis Prima for ever

Louis Prima était un chanteur extrêmement populaire, mais aussi un trompettiste de bon niveau, très inspiré de Louis Armstrong. Son orchestre comprenait un saxophoniste  dynamique : Sam Butera et il fut longtemps accompagné par celle qui était sa compagne, à la ville et sur scène : Kelly Smith.

Rendre hommage à Louis Prima demande donc un bon chanteur avec un grain de folie : Patrick Bacqueville, un bon trompettiste : Michel Bonnet , un bon saxophoniste dans le même style, c'est Claude Braud et, il faut une bonne chanteuse et nous avons ici Pauline Atlan.

Comme dans Blanche Neige et les 7 Nains, qu'ils chantent pour aller au boulot, il en faut 4 de plus : Un bon batteur - le patron de l'orchestre : Stéphane Roger - un bassiste avec un zeste italien : Enzo Mucci, un guitariste : Nicolas Peslier et un pianiste : Fabien Saussaye.

Et, comme vous avez dans l'orchestre Patrick Bacqueville, vous avez donc le meilleur trombone français.

Comme nous sommes sur un site d'amateurs de jazz, je me contenterai de signaler :

- Le duo trompette/batterie de Sing, Sing, Sing. Quel swing !

- Les solos de guitare remarquables, et applaudis, de Nicolas Peslier sur Just too marvelous for words, donc pas la peine d'en rajouter ! et sur 5months, 2 weeks and 2 days.

Les Gigolos me manquaient et je trouve la nouvelle mouture très sympathique.  Nous  ne nous  lassons pas de Just a gigolo ... Pourvu qu'eux ne se lassent pas.

 

Jacques BESSE   Membre du Hot Club de France

30/06/2017 JAZZASCONA 2017 (11) - POUR LILLIAN BOUTTÉ611

En Direct de JazzAscona 2017 (Jeudi 29 juin) : La pluie, c'est un sujet qui n'intéresse … que les anglais. Elle continue de tomber, mais je ne vous en parlerai plus.

 

Tanya Boutté and friends : You've gotta love Lil

L'orchestre a été rassemblé pour lever des fonds, afin que la famille de Lillian Boutté puisse s'organiser pour l'accompagner dans la maladie qui la frappe. Nicolas Gilliet a donc organisé une mini-tournée comprenant sa nièce Tanya et des musiciens proches de son cœur comme son ancien mari Thomas L'Estienne, le guitariste Danny Illet ou notre Julie Saury, qui faisaient partie de son dernier orchestre. Un CD a été publié, dont le produit de la vente ira à cette bonne œuvre.

Mes notes ont été perturbées par l'orage qui s'est abattu sur le concert et je dois citer de mémoire : Martinique. Is you or isn't you my baby. Danny Illet chante, en duo avec Tanya, Gee Baby. Le superbe chant de Tanya sur Just a closer walk with Thee

Je me souviendrai longtemps de ses pleurs lorsqu'elle donne des nouvelles de Lillian : « Elle a ses bons jours et ses moins bons. Elle me reconnaît mais elle ne se souvient pas de mon nom…» Courage Tanya !  

Un bel hommage à une grande dame qui ne peut plus être parmi nous.

 

Jazz Five

Ils nous viennent du Danemark  - Jazz Five était à Ascona il y a deux ans -  et ils jouent le Rythm and Blues de La Nouvelle-Orleans. Vous connaissez tous Fats Domino, mais on connaît moins les Rufus Thomas, James Booker et autres Professor Longhair, qui sont l'inspiration de cet orchestre.

La formation est emmenée de main de maître par le batteur/chanteur Stefan Andersen et par le pianiste Esben Hillig. Deux souffleurs : Jeppe Zacho (ts), Johan Bylling(as) et le bassiste/chanteur Jonas Starke complètent le quintet.

En plus des classiques : Something you've got ou Blue Monday, ils jouent leurs propres compositions strictement dans l'esprit du Rn'B : Street Parade ou Behavour Blues. Une belle démarcation de The mooche, dont je n'ai pas saisi le titre.

Le concert se termine sur un You never can tell suivi d'un appel aux dames : I want to be your sugar daddy

Un très bon moment.

 

Jacques BESSE   - Membre du Hot Club de France

Photo : Tanya Boutté - Cliquez sur le visuel, pour l'agrandir

30/06/2017 JAZZASCONA 2017 (10) - DAVID PAQUETTE EN JAM SESSION610

En direct de JazzAscona 2017  : Un autre jour - Au Restaurant Otello avec David Paquette

 

C'est toujours agréable d'aller écouter David Paquette, pianiste de style New Orleans, plein de swing et d'invention. Et, qui plus est, chanteur original.

Mais cette fois-ci, surprise ! Thomas L'Estienne (cl) et Uli Wünner (saxo alto) - qui sont à Ascona pour rendre hommage à Lillian Boutté - viennent faire une jam session avec David. Se succèdent de jolis thèmes typiquement Nouvelle -Orléans comme  : Glory of love, Breeze, You tell me your dream…L'entente entre les trois musiciens est parfaite. 

Vers la fin du set, Anthony Howe s'installe avec sa caisse claire, puis Bradford Child (tenor sax) se joint à eux pour un dernier Shake it and brake it (façon NO de jouer Weary Blues).

Mais les surprises ne s'arrêtent pas là : Dan Barnett (tb) et Steven Grant, l'excellent pianiste des SwingRocket - ici avec une trompette de poche - se joignent à la jam session. Connivences amusantes entre tous ces jazzmen authentiques qui se font des 4x4 à 2, à 3, se renvoyant la balle avec une jubilation évidente. Ils se font plaisir et... ils nous font plaisir.

Fin, avec un émouvant New Orleans puis un dynamique Down in honky tonk town. Le public en redemandait encore ! 

 

Jean Marie HUREL   Musicien - Membre du HCF Paris

29/06/2017 JAZZASCONA 2017 (9) - DEUX PIANISTES CHANTEURS609

En Direct de JazzAscona 2017 (Mercredi 28 juin) : Swingin' in the rain. La météo a été catastrophique, il a plu toute la journée ! Il ne faisait pas un temps à mettre un chat dehors. En anglais Cat = Amateur de Jazz ! Donc, nous nous sommes rabattus sur les restaurants et autres bars.

 

Al Copley

À Ascona, pour faire un cadre idyllique, il suffit de construire une terrasse au bord du lac, de laisser pousser toute la végétation méditerranéenne que vous voulez, y compris des palmiers... La météo s'y prête : le climat est très doux et, depuis trois jours, nous comprenons pourquoi tout est très vert. Vous nourrissez les petits oiseaux - moineaux, rouges-gorges ... - qui viennent grignoter sur les tables. Vous ajoutez un bon buffet, un bon piano et un bon pianiste derrière le piano…La recette est facile et voilà une super soirée !

Au Beach Lounge, dans un tel cadre idyllique, Al Copley est de retour à Ascona. Les Parisiens le connaissent bien, car il passe chaque année à La Huchette. Il n'a rien perdu de ses qualités de chanteur et de pianiste. Il chante le rythm and blues des années 50 : Amos Milburn, Roy Milton, Willie Mabon, Professor Longhair... Sa voix rugueuse est parfaitement adaptée à son répertoire. Cela swingue bien et l'on comprend que Les Blues Brothers l'aient choisi comme pianiste ! 

Ne manquez d'aller écouter Al Copley; vous le trouverez bien quelque part, car il fait encore 260 concerts par an, des deux côtés de l'Atlantique.

 

David Paquette

David est depuis de nombreuses années le pianiste officiel du restaurant Otello. Lorsque vous allez l'entendre, des fois il est seul, des fois il est accompagné. C'est la roulette de Locarno ! (Le casino sponsorise le festival).

Le hasard fait que, lorsque je vais le voir, il est seul avec son piano et son chant et c'est donc comme cela que je le préfère.

Ses influences principales sont de La Nouvelle-Orléans et, en particulier, Jelly Roll Morton dont il joue et chante de nombreux airs (Wining boy, Sweet substitute). Ce qu'il aime, ce sont les vieux styles (ragtime, blues et Boogie)   et, il a développé son jeu, très original, à partir de ces influences.

En deux heures, il a enchaîné 32 morceaux différents. Il a dû s'employer, car tout seul, c'est sa main gauche (et son pied gauche) qui maintient le tempo. Il commence par un de ses airs fétiches : The Glory of love et je citerai ensuite Trouble in mind, My walking stick , Saint James Infirmary, Down Hole blues. Le ragtime de Georgia Camp Meeting, le Boogie de Shake it or brake it.

 

Comme Jean Marie Hurel, lui, a croisé David Paquette avec un orchestre, je lui laisse le soin de vous en parler (voir ci-dessus).

 

Jacques BESSE   Membre du Hot Club de France

Photos : Cliquez sur les visuels d'Al Copley et de David Paquette pour les agrandir.

28/06/2017 JAZZASCONA 2017 (8) - SUR DES SCENES TRADITIONNELLES608

En direct de JazzAscona 2017 (Mardi 27 Juin) : Comme Jean Marie Hurel vous entraine vers les nouveaux  horizons de JazzAscona,  je dois donc vous raconter ce qui se passe sur les scènes traditionnelles du festival.  La météo nous poussant vers les salles de restaurant et vidant les scènes non abritées.

 

Players Ella and Louie Tribute Band

Ella, c'est Eleina Dennis, Louie c'est Leon Kid Chocolate Brown. Les parisiens ont eu la chance de voir Leon dans trois concerts l'année derniere et donc, chers et fidèles lecteurs, vous devez être familiers avec son style tout en finesse et en retenue, son brillant jeu de trompette très classique et sa voix plus proche de Nat king Cole que de Louis Armstrong.

Mais, depuis son dernier passage à Ascona,  vous n'aviez plus entendu parler de Eleina Dennis.  Soyons simple : C'est la grande chanteuse de jazz du festival. Elle est en pleine possession de ses moyens, parfaitement adaptée à son Tribute à la grande Ella, dont elle est une des très bonnes disciples. En soliste sur Mack the knife et Stomping at the Savoy ou en duo avec Leon sur Can we be Friends ou Cheek to Cheek. Elle est vraiment extraordinaire !

Mitchell Player à la basse, Leslie Martin à la guitare, Todd Duke au piano complètent l'orchestre et poussent les solistes. Leon Anderson, batteur plutôt impressionniste,  m'a fait regretter Gerald French, le titulaire du poste dans leur très intéressant CD.

Question : Players est il une référence à un sponsor bien connu, au chef d'orcheste (le bassiste), ou à des joueurs ?

 

Fatsology Sextet

Le projet - c'est un mot à la mode chez les gens qui font le marketing de la musique - est de jouer la musique composée par Fats Waller, en  servant  à la fois ses grands classiques et des pépites moins connues, avec un bon chanteur ... mais sans piano !!

Ils ont donc joué HoneySucklerose, On the sunny side of the street - vendu par Fats un dollar - The joint is jumping, mais aussi Anita, Martinique ou Hold my hand.

Deux des musiciens sont des habitués du festival : l'excellent clarinettiste  Alberto Ferrario et le bassiste Roberto Piccolo (vu avac Paolo Alderigi probablement). Nous avons apprécié les autres : le bon chanteur Allan Farrington, le vibraphoniste Marco Bianchi et le guitariste, plein d'humour, Sandro Gibellini. Un autre batteur impressionniste - voir plus haut -  Gianni Cazzola compléte l'orchestre.

Un concert sympathique, mais où il manquait le grain de folie - que possèdent très souvent les australiens, par exemple - qui fait la différence entre un bon concert et un grand moment de jazz.

Jacques BESSE   Membre du Hot Club de France

Photo (Jacques Besse) : Eleina Denis et Mitchell Player (cliquez sur le visuel por l'agrandir)

28/06/2017 JAZZASCONA 2017 (7) - 607

En direct de JazzAscona 2017 (Lundi 26 juin - suite) : Encore deux excellents moments de swing où nous nous  trouvons quasiment seuls - comme amateurs de jazz - pour profiter d'une belle musique.

 

Le Soul Brass Band

Un brunch dans les jardins de l'hôtel Ascovilla où se produit le Soul Brass  Band, mais en version « assis » et non parade. Un répertoire Swing et non plus New Orleans, où tous les musiciens s'expriment de façon décontractée.

A retenir : The old rugged cross  en rythme rumba ! Lily of the Valley, vocal et souba par le jeune Doyle Cooper qui a fait ses classes à la trompette avec le Treme Brass Band. On thesuny side of the street, ténor sax et vocal par James Martin, jeune musicien natif de La Nouvelle-Orléans - qui a suivi les cours de la très réputée NOCA. Il joue avec Trombone Shorty et bien d'autres.  Bref, il connaît la musique !

Encore un concert réjouissant auquel les amateurs de Jazz ont eu tort de ne pas assister plus nombreux.

 

Mickael Watson et Danny Abel

À 19h30, dans le salon de l'Eden Rock, un duo : Mickael Watson (tb et vocal) et Danny Abel (banjo).  Je n'aime pas le banjo crincrin  dixieland. En dehors de Danny Barker et évidemment de Don Vappie - et, bien sûr, de Didier Schmitz des Fidgetee Feet Jazz Band)Jean-Marie, je ne connaissais pas de banjoïste intéressant.

Mais avec Danny Abel banjoïste, nous trouvons un vrai musicien de jazz, tant en accompagnateur qu'en soliste et, en plus, d'une grande originalité. Il sait utiliser et faire sonner son instrument parfois comme une guitare, parfois comme une contrebasse, selon les besoins du soliste qu'il soutient. En solo, c'est un vrai mélodiste. Un grand du banjo ! 

Jean-Marie HUREL   - Musicien - Membre du HCF Paris

27/06/2017 JAZZASCONA 2017 (6) – THE SHOW MUST GO ON606

En direct de JazzAscona 2017 (Lundi 26 juin) : La météo n'est pas au beau fixe. Lundi soir, Dana Gillepsie a joué deux heures non-stop devant moins d'une dizaine de personnes et sous un orage continu. Mais comme dit la chanson : the show must go on.

 

Randolph Matthews Blues Band

Vous n'avez jamais entendu parler de Randolph Matthews et...c'est normal. Ce grand jeune homme est anglais et chante le blues. Mais comme il habite Londres et est originaire des Antilles, ses textes ne parlent ni de champs de coton, ni de sa femme qui l'a quitté.

Randolph est un magicien de la voix et du geste et il nous raconte - en chantant, en scattant et en bruitant - les aventures d'un londonien d'aujourd'hui : les voisins bruyants, sa femme qui le soule de paroles, ses enfants (qui sont des enfants), son ordinateur parfois démoniaque.

Il est accompagné par un bon trio italien, sous la conduite d'Asselandro Diaferro (guitariste). L'orchestre est bien huilé, car le show se déroule sans accrocs, la rythmique accompagnant ses textes et son chant.

Randolph Matthews est un artiste original, qui nous a fait passer un bon moment en montrant qu'on peut faire un long set de blues sans chanter Sweet home Chicago. Un peu trop bavard pour mes amis, qui ne parlent peut-être pas anglais.

 

Dana Gillespie & Joachim Palden trio

Dana est la chanteuse de blues européenne la plus remarquable. Sa voix est rugueuse et pleine de swing. Elle a, sur scène, une grande présence. Elle était lundi soir avec son vieux complice Joachim Palden au piano (un des maitres européen du boogie woogie). Ils travaillent ensemble depuis plus de 20 ans, et cela s'entend. Nous les avons revus avec plaisir.

Dana chante les classiques, soit de son répertoire : Big boy, soit du traditionnel : Saint Louis Blues. Elle nous explique aussi qu'il faut prendre un chéri plutôt moche - Ugly man blues  - car personne ne vous le piquera. Sage conseil ! Tout cela sur des basses de Boogie et un rythme shuffle entrainant. Une mention pour le bon saxophoniste, Tom Müller.

La douche qui nous est tombée dessus, m'a empêché de prendre des notes et donc je m'arrêterai là. Mais Dana est toujours aussi en forme et c'est une sacrée battante. Grand merci aussi à Dana de nous avoir fait une petite place sur la scène...quand l'orage grondait.

Jacques BESSE   Membre du Hot Club de France

En l’absence de Michel Lalanne retenu à Bordeaux, Jean Marie Hurel - le fameux trompettiste du HCF Paris - m’a proposé d’écrire quelques commentaires. Le premier - qui concerne dimanche 25 juin - est publié ci-dessous.

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