JAZZ ET SOCIÉTÉ SOUS L’OCCUPATION
par Gérard RÉGNIER
L’Harmattan, 2009 - (21,5 x 13,5 cm) -
296 pages. Quelques fac-similés de documents.
Broché, En français.
.
ISBN 978-2-296-10134-0.
Dans cet ouvrage, issu de sa thèse de doctorat, l’auteur bat en brèche l’affirmation largement répandue que le jazz, musique « négro-judéo-anglo-saxonne », n’avait pas droit de cité sous l’Occupation et que son écoute et sa pratique ne pouvaient exister que dans la clandestinité. Or les faits, analysés à partir des documents d’époque (articles de journaux, publicités pour les concerts, programmes radiophoniques…), viennent démentir ces allégations. Gérard Régnier organise sa démonstration en quatre grandes parties : 1. Une musique « négro-judéo-anglo-saxonne » dans l’Europe en guerre ; 2. Jazz et swing, la musique des jeunes ; 3. Jazz interdit : légende ou réalité ?; 4. Les enjeux idéologiques. Il définit ainsi la situation du jazz qui, grâce à l’activité du Hot Club de France et de sa double direction (Charles Delaunay en zone occupée, Hugues Panassié en zone libre), connaît succès et développement à travers concerts, conférences, émissions de radio et enregistrements phonographiques. Si bien qu’en ces années sombres, le jazz, loin d’être étouffé, apparaît au contraire comme un dérivatif permettant d’oublier les difficultés du quotidien et, pour la jeunesse, un moyen de d’affirmer son indépendance dans le climat moralisateur instauré par l’idéologie de Vichy. Des sujets aussi sensibles que la collaboration (jouer devant un parterre d’Allemands était-ce collaborer ?) et l’épuration (qui, semble-t-il, n’a concerné que les chefs d’orchestre) sont également abordés avec la rigueur et l’impartialité de l’historien. Une lecture essentielle donc pour qui veut comprendre l’importance du jazz dans la société française des années de guerre. (chronique détaillée dans le Bulletin du HCF N° 589, mars 2010).