PARIS SWING ORCHESTRA, "LIVE AU MERIDIEN"
(Black & Blue 672, distribution Night & Day) : P.S.O. indicatif,
I'll see you in my dreams, Is you is or is you ain't my baby, Say si si, La Chevaucherie
fantastique, Just as though you were here, Flying home, Clarinet madness,
Pennies from heaven, Body and soul, St. Louis blues, Boy meets horn, Marie,
Azure, Bugle call rag, Opus one.
Ce second album du Paris Swing Orchestra a été enregistré les 15 et 16 décembre 2002 au jazz club Lionel-Hampton de l'hôtel Méridien Etoile de Paris. On retrouve avec plaisir cet excellent big band, de surcroît quasi inchangé depuis sa dernière apparition en disque, l'unique modification étant le remplacement de Didier Desbois par Gérard Meissonnier dans le double rôle d'alto et de membre du trio vocal. Cette stabilité règle le problème de l'homogénéité de la formation, toujours remarquablement précise, bien en place et poussée par une rythmique souple et énergique. La présence de bons solistes achève de rendre l'orchestre fort attrayant, d'autant qu'il dispose d'arrangements constamment efficaces.
Après l'indicatif rondement mené, au cours duquel les volubiles alto de Marc Richard et ténor de Nicolas Montier encadrent le trombone tranquille de Patrick Bacqueville, ce dernier expose nonchalamment I'll see you in my dreams sur un fond orchestral stimulant, laisse sa place au trio vocal (Christophe Davot, Gérard Siffert, Gérard Meissonnier) puis à Michel Bonnet un peu couvert par l'ensemble qui poursuit pour conclure. Le trio vocal apparaît également, de façon brève, généralement pour un chorus, dans Say si si, Marie, St. Louis blues, Opus one, ces deux derniers particulièrement plaisants.
Quelques morceaux sont réservés aux spécialités mettant un soliste en lumière, ainsi Marc Richard dans Is you is or is you ain't my baby, de Louis Jordan, où brille son jeu d'alto, dense et vibrant. Il récidive à la clarinette, de manière moins convaincante, dans Clarinet madness. Patrick Bacqueville interprète Just a though you were here avec sensibilité, tendresse, s'interrompant pour quelques touches de piano. Sans être spécialement perspicace on peut se douter que La Chevaucherie fantastique est consacrée à la contrebasse de Gilles Chevaucherie, et aussi que Boy meets horn va permettre à Michel Bonnet de rencontrer Rex Stewart enfin que Body and soul donnera l'occasion à Nicolas Montier de saluer Coleman Hawkins de façon profondément chaleureuse.
L'orchestre se distingue dans Flying home. Après l'exposé du thème par l'ensemble (et Jacques Schneck sur le pont), Christophe Davot prend trois swinguants chorus de guitare, le ténor de Pierre-Louis Cas lui succède, après trois chorus au cours desquels il s'échauffe de plus en plus, il place le chorus de Jacquet, puis un autre porté par les riffs qui se déclenchent alors puis se poursuivent cependant que la trompette de James Powell évolue dans l'aigu. Notons aussi Pennies from heaven présenté par Jacques Schneck au piano puis par l'orchestre et par le vocal de Bacqueville suivi par Marc Richard à l'alto, Bacqueville au trombone, Christophe Davot à la guitare et l'ensemble final. Azure baigne dans une prenante atmosphère ellingtonienne et dans Bugle call rag, allègrement enlevé, les solos reviennent à Nicolas Montier, Michel Bonnet, Patrick Bacqueville et Marc Richard.
A.V.