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CD du Mois - Catégorie: Nouveauté

Chronique publiée dans le Bulletin du HCF N° 568 (Février-Mars 2008) p.18/19

 

 

 

 

ELLA FITZGERALD “LIVE AT MISTER KELLY’S”

Verve 0602517332157.

 

DISC 1. “THE MAIN SHOW”: YOUR RED WAGON,NICE WORK IF YOU CAN GET IT, I’M GLAD THERE IS YOU, HOW LONG HAS THIS BEEN GOING ON?, ACROSS THE ALLEY FROM THE ALAMO, PERDIDO, THE LADY IS A TRAMP, BEWITCHED, SUMMERTIME, IN THE WEE SMALL HOURS OF THE MORNING, SAINT LOUIS BLUES, WITCHCRAFT, LOVE ME OR LEAVE ME, JOE WILLIAM’S BLUES, PORGY AND BESS MEDLEY, HOW HIGH THE MOON.

DISC 2. “THE LATE SHOW”: INTRODUCTIONS,EXACTLY LIKE YOU, COME RAIN OR COME SHINE, STARDUST, ‘S WONDERFUL, YOU DON’T KNOW WHAT LOVE IS, WITCHCRAFT, PERDIDO, IN THE WEE SMALL HOURS OF THE MORNING, MY FUNNY VALENTINE, ANYTHING GOES.

 

Le label Verve a pris l’heureuse initiative d’exhumer de ses archives un concert, à ce jour inédit, de la chanteuse Ella Fitzgerald, ce qui nous vaut ce beau recueil de deux CD.

Ces faces proviennent d’un enregistrement réalisé le 10 Août 1958 au Mister Kelly’s de Chicago. Ella Fitzgerald qui avait à cette époque quarante ans est ici en pleine possession de ses moyens.

Sa voix chaude, gouailleuse parfois, fait merveille. Manifestement très à l’aise devant un public réceptif, Ella échange volontiers avec les spectateurs, plaisante à l’occasion ; le courant passe et cela se ressent dans sa prestation qui est de haut niveau. Ce climat de confiance permet à la chanteuse de prendre des risques, mesurés certes, ce qui n’est pas forcément le cas pour un enregistrement en studio, Il en est ainsi sur Perdido (version du premier CD), scatté avec force et conviction. De même sur Lady is a tramp très enlevé. Le sommet du disque est incontestablement Saint Louis blues, Ella Fitzgerald nous en donne ici une version très personnelle, le thème est pris sur un tempo casse-cou inhabituel qui lui permet de partir en un scat échevelé et rageur du meilleur effet. On passera sur quelques ballades assez insignifiantes : I’m gland there is you, Bewitched pour ne retenir que celles interprétées avec sensibilité : Summertime et In the wee small hours in the morning (version du premier CD) mais aussi Stardust chanté avec beaucoup de feeling. Le thème Love me or leave me nous vaut une belle version qu’Ella interprète avec délicatesse, bien soutenue par un swing appuyé de la section rythmique. Au cours de ce morceau elle évoque la personnalité de la grande dame qu’était Miss D en ces termes élogieux : « Personne ne chante le blues, personne ne swingue comme mon amie Dinah Washington »... et de se livrer à une imitation savoureuse et très évocatrice de Dinah. Enfin, sur Joe William’s blues, elle rend un vibrant hommage au chanteur Joe Williams dans une interprétation pleine de flamme. Sur le deuxième CD, trois faces sont des reprises du premier, elles différent peu des précédentes et l’intérêt s’en trouve amoindri.

Ella Fitzgerald est parfaitement accompagnée par une section rythmique soudée : Lou Levy au piano accompagne de façon sobre et inspirée, Max Bennett, à la basse, est discret mais efficace, quant au batteur Gus Johnson, comme à l’habitude, son drumming remarquable et sa pulsation souple apportent un soutien sans faille à la chanteuse.

Une édition bienvenue qui rend pleinement justice au grand talent d’Ella Fitzgerald. (C.S.)

 

 



 

 

 

CD du Mois - Catégorie: Réédition

Chronique publiée dans le Bulletin du HCF  N° 568 (Février-Mars 2008) p.15/16

 

BIC BILL BROONZY “1930-1956”

(2 CD + BD Éditions Nocturne)

 

CD 1: SATURDAY NIGHT RUB, I CAN’T BE SATISFIED, BULL COW BLUES, LONG TALL MAMA, FRIENDLESS BLUES, MISSISSIPPI RIVER BLUES, C-C RIDER, THE SOUTHERN BLUES, YOU MAY NEED MY HELP SOMEDAY, KEEP YOUR HAND OFF HER, GOOD LIQUOR GONNA CARRY ME DOWN, BIG BILI BLUES, BLACK WIDOW SPIDER, SOUTHERN FLOOD BLUES, HORNY FROG, YOU DO ME ANY OLD WAY, HATTIE BLUES, TRUCKING LITTLE WOMAN, IT’S YOUR TIME NOW, NEW SHAKE-EM ON DOWN, W.P.A. RAG, TROUBLE AND LYING WOMAN, JUST A DREAM, DON’T YOU BE NO FOOL.

CD 2: MIDNIGHT STEPPERS, LOOKING UP AT DOWN, ROCKIN’ CHAIR BLUES, ALL BY MYSELF, I FEEL SO GOOD, TELL ME BABY, ROLL THEM BONES, YOU GOT THE BEST GO, WHY DID YOU DO THAT, OLD MAN BLUES, SATURDAY EVENING BLUES, STOP LYING WOMAN, SUMMERTIME BLUES, YOU’VE BEEN MISTREATING ME, WATER COAST BLUES, HOUSE RENT STOMP, BLACK BROWN AND WHITE, BLUES IN 1890, TOMORROW, JOHN HENRY, KIND HEARTED WOMAN, LITTLE CITY WORNAN, ROMANCE WITHOUT FINANCE, HEY HEY BABY.

 

Dans le format vertical adopté par cette collection, sous une solide couverture dans laquelle sont insérés deux CD, se trouvent une BD, mettant en images Big BilI dans un scénario naïf et fantaisiste, suivie d’une biographie bien documentée, pour laquelle l’auteur a puisé à la bonne source, et enfin des renseignements discographiques (comportant quelques erreurs) relatifs aux 48 enregistrements regroupés sur les deux disques.

Big BilI a été bien traité par les programmes de rééditions (ce qui se justifie absolument)

aussi les titres de la présente sélection se trouvent-ils disséminés sur des parutions antérieures (voir notamment les chroniques des Bulletins 540, 538, 529, 495, 492, 471, 456, 451, etc.). La production de Big BilI présente une qualité si régulière et exceptionnelle qu’en piochant les enregistrements au hasard on obtiendrait tout de même une anthologie convenable.

Les interprétations des deux albums, où guitare et chant manifestent une classe unique, jalonnent l’intégralité de la carrière de l’immense bluesman. Au début on l’entend seul ou accompagné par un autre guitariste (ex : Saturday night rub) puis, dans douze plages, associé au pianiste Black Bob (ex : You may need my help someday, ‘Horny frog ; notons également C-C rider, seul enregistrement dans lequel Big But utilise le violon). Ensuite on le découvre faisant équipe avec deux autres fameux pianistes, Blind John Davis (Trouble and lying woman, I feel so good) et le formidable Joshua Altheimer (It’s your time now, Just a dream, Midnight steppers, Looking up at down). Lorsque ce dernier mourut, il fut remplacé par Memphis Slim (All by myself, Saturday evening blues) et Big Maceo (Roll them bones, You got the best go). On trouve ensuite Big BiIl avec Don Byas (Why did you do that), à la tête de petits groupes sur le modèle Louis Jordan (Summertime blues), lors de la période de désaffection du public (Water coast blues), la venue en Europe (House rent stomp) et la carrière relancée jusqu’à l’une des dernières apparitions au cours de l’été 1946 (Hey hey baby).

Tout serait bien si la production n’avait cru devoir endommager la couverture en l’illustrant d’un dessin hideux représentant un guitariste à l’allure patibulaire, au visage grimaçant, convulsif, limite abruti, sans l’ombre d’une ressemblance lointaine avec Big BilI. (A. V.)