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CD du mois – Catégorie: Nouveauté
Chronique publiée dans le Bulletin du HCF N° 571 (Juin 2008) p. 23



GUILLAUME NOUAUX - “GUILLAUME’S INVITATION”
ClassicJazz GNO7CD5 (autoproduit). Distribution en ligne www.guillaumenouaux.com

TWO RB’S, HARBOR STREET PARADE, MINOR BASH, L’LL REMEMBER ALEX, SCANDINAVIAN SUMMER, LI DON’T MEAN A THING..., 1944 STOMP, TRANSIT, INVISIBLE, GUILLAUME’S INVITATION, SECOND LINE.


Guillaume Nouaux est un musicien discret qui, sans faire d’esbroufe, poursuit son itinéraire musical avec détermination et une certaine réussite. C’est son cinquième disque en tant que leader qu’il édite lui-même sous son propre label, Classic Jazz, et dont il assure aussi la distribution sous le nom de Guillaume Nouaux Production.
Pour cette séance d’enregistrement des 30 et 31 août2006, il a convié des musiciens de premier plan : Leroy Jones, trompette et bugle, avec lequel il a beaucoup d’affinités, Jerry Edwards, trombone, Julien Brunetaud, piano, Sébastien Girardot, contrebasse et, bien sûr, lui-même à la batterie. Le disque débute par Two RB’s, une composition de Ray Brown que ce dernier grava en 1994 en compagnie de Ray Bryant, d’où le titre. Ce morceau, bien enlevé, est très réussi. Il met en valeur Leroy Jones et Jerry Edwards mais aussi Julien Brunetaud, toujours aussi épatant au piano. Harbor Street Parade est de la plume de Guillaume Nouaux : Jerry Edwards joue un chorus de trombone fermé, un autre ouvert; lui succède Leroy Jones dont on apprécie le discours clair, bien soutenu par le drumming du batteur. Deux autres compositions sont à mettre à l’actif de ce dernier : I’ll remember Alex, une ballade mélancolique exposée avec beaucoup de feeling par Leroy Jones, ici au bugle. L’autre, Transit, est d’une facture beaucoup plus moderne. Deux thèmes sont dus à Leroy Jones : Scandinavian summer, au rythme exotique, qui balance agréablement, puis Guillaume’s invitation qui donne son titre au disque, bon tremplin pour l’ensemble de l’orchestre. Minor bash est signé Lou Donaldson : on y retiendra particulièrement de beaux échanges entre la trompette et le trombone. It dont mean a thing, le célèbre thème ducal, est rajeuni par une interprétation très novatrice: on assiste à une succession de riffs orchestraux ponctués par de solides breaks de batterie ; c’est du meilleur effet. La transition est assurée par le climat serein du piano de Julien Brunetaud. C’est très original. Une redécouverte avec un 1944 stomp, signé Don Byas, de bonne facture, où les musiciens installent une ambiance agréable sur un excellent tempo ; tous brillent sur ce morceau avec un très fringant Leroy Jones à la trompette. Invisible d’Ornette Coleman ne retient pas particulièrement l’attention, mais, last but not least, Second une, de Paul Barbarin, termine joyeusement le disque, porté par la pulsation New Orleans pur jus de Guillaume Nouaux. Leroy Jones, quant à lui, nous distille de sa belle voix un chorus chanté, puis assure le lead à la trompette avec beaucoup d’autorité. Un vrai régal.
Un CD de bon aloi, avec, pour constante, un orchestre dynamique et homogène bien emmené par son leader.
(Christian Sabouret )

CD du mois – Catégorie: Réédition
Chronique publiée dans le Bulletin du HCF N° 571 (Juin 2008) p. 20-21


LIONEL HAMPTON - “HAMP’S BIG BAND”
FLYING HOME, HEY BABA RE BOP, HAMP’S BOOGIE WOOGIE, KIDNEY STEW, HAMP’S MAMBO, MAIL SPECIAL, BIG BRASS, RED TOP, NIGHT TRAIN, ELAIN AND DAFFY, CUTTER’S CORNER, LE CHAT NOIR, BLUE LOU, FOR BETTER OR WORSE, WHAT’S NEW, WALKIN’ MY BABY BACK HOME, TILL YOUR RETURN, BEULAH’S BOOGIE.


Le grand orchestre de Lionel Hampton, enregistré à New York en avril 1959, comptait dans ses pupitres Cat Anderson (tp), mais aussi Donald Byrd (tp), Andrew McGhee (ts), mais aussi Herman Green (ts)..., bref beaucoup de bons musiciens mais pas toujours des jazzmen de haute volée, d’où un disque assez inégal quant à la qualité des solos. Billy Mackel est à la guitare, on l’entend peu ; il y a deux batteurs de valeur : Charlie Persip et Wilbert Hogan ; d’autres « Hamptoniens » ne se manifestent pas en soliste : Eddie Mullens (tp), Lou Blackburn (tb), Bobby Plater (as, mais aussi à la flûte, oui, hélas!), etc.
Jusqu’à Le Chat Noir vous pouvez vous référer à la chronique du disque Audio Fidelity 145.066, Bulletin 144. Je l’ai fait pour identifier certains solistes et les arrangeurs qui ne sont pas indiqués sur le livret du CD. Sans surprise, Flying home ouvre le disque avec un bon ténor, Andrew McGhee, que l’on entend aussi sur le second morceau du répertoire hampto­nien. Hamp’s boogie woogie est pour le piano de Lionel, son pianiste Wade Legge assurant la partie gauche du clavier. Dans l’arrangement d’Eddie Mullens, Kidney stew , arrangé par Eddie Mullens, est dévolu au chanteur Pinocchio James, style Joe Turner. Le mambo qui suit est de peu d’intérêt. Air mail special nous vaut les solos superficiels de Donald Byrd et Herman Green, Cat Anderson pimentant les ensembles avec ses aigus stratosphériques. L’interprétation suivante, Big brass , dynamique, est quelque peu gâchée par trois trompettistes « format standard » (il s’agirait de Donald Byrd, Eddie Williams, Art Hoyle), Cat Anderson faisant, en dernier, remonter un peu la qualité. Red top , dont l’arrangement est dû à Ben Kynard, aurait pu se passer du solo poussif de l’altiste Ed Pazant, mais nous gratifie heureusement du vibraphone inspiré du chef. Tout aussi excellent dans le morceau suivant, Night train (arrangement d’Oscar Dennard), Hampton nous habitue, décidément, à nous contenter du meilleur. Elain débute avec la flûte de Plater : ses phrases ne sont pas sans valeur mais l’exécution est bien terne ; fort heureusement, la guitare et le vibraphone relancent l’intérêt et le swing. Basses boogie et ‘afterbeat’ dessinent la scène de Cutters corner pour Lionel, hélas suivi de nos deux solistes «passe partout » Herman Green (ts) et Donald Byrd (tp), le solo de trombone étant le fait de Wade Marcus, auteur de l’arrangement. Enfin, Le Chat Noir : on se dit que c’est El Gato , Cat Anderson, dont on entend bien la magistrale et impressionnante trompette ; mais Donald Byrd arrive tout de même à se glisser dans la fête. Hampton, toujours en verve (quand cet homme est-il quelconque ?...), cite très adroitement un passage de Peer Gynt de Grieg. Blue Lou termine cette séance avec les ponctuations suraiguës d’Anderson dans les ensembles, Green et Byrd ressassent leurs solos habituels, et la musique swingue lorsque le Hamp apparaît.
De For better à la fin, nous retrouvons les musiciens du disque Lonehill 10312 pour la suite de cette séance de mars 1960. Les quatre trombones sont là, Lou McGarity a remplacé Sonny Russo, pas de changement ailleurs. Je vous renvoie à mes commentaires précédents. Je rappellerai simplement que la musique est centrée sur Hampton, que tout le monde joue bien, surtout Duvivier, que les trombones n’ont pas qu’un rôle d’habillage harmonique : ils apportent réellement quelque chose même si on peut les trouver, parfois, assez emphatiques (Till your return ). Mais Beulah’s boogie les réveille, et on entend Mackel pendant deux chorus !
Un disque inégal en première partie, excellent en seconde: ne vous en privez pas. Et l'enregistrement est bon.
(Daniel Janissier)