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Catégorie: Nouveauté

Chronique publiée dans le Bulletin du Hot Club de France N° 577, page 15

 

 

 

MONTY ALEXANDER “PLAYS THE SONGS OF TONY BENNETT - THE GOOD LIFE”

Chesky Records SACD 340

  That old devil moon,The good life, Smile, Maybe September, The way you look tonight, Just a little street, Just in time, Emily, Put on a happy face, I wanna be around,

Once upon a time, Because 0f you

 

    Monty Alexander, dans sa plus tendre enfance, entendait fréquemment sa mère chanter des succès popularisés par Tony  Bennett, en particulier la chanson Because of you qu’il aimait beaucoup. Et c’est pour rendre hommage au charme et à la longévité du célèbre crooner qu’il a enregistré ce recueil de chansons en 2008.

Ce disque réalisé en studio n’offre pas l’intensité de swing que l’on trouve dans les meilleures prestations ‘live’ de Monty Alexander, mais il est d’une qualité comparable à celle de recueils tels que “Echoes 0f Jilly’s” (Bulletin 469, p. 5) ou encore “Impressions in blue” (Bulletin 530, p. 7). Les accompagnateurs, et tout particulièrement George Fludas à la batterie, sont bons, avec cette réserve toutefois que, dans certains passages, l’enregistrement de la contrebasse manque de puissance.

Si vous êtes un admirateur du grand pianiste, vous serez alors stupéfait de constater la capacité qu’il possède de renouveler Smile qui dure plus de sept minutes. Just in time, pris sur un tempo rapide, est interprété avec impétuosité et audace. Vous prendrez également plaisir à l’entendre jouer des standards comme The good lite de Sacha Distel ou encore The way you look tonight. Grâce à sa forte personnalité musicale, Monty Alexander sait transfi­gurer ces thèmes et les adapter à son propre univers artistique. Ainsi, dans Emily, il met en valeur sa musicalité, sa sensibilité, son toucher, son sens des contrastes. Dans I wanna be around, il se montre particulièrement tonique et pimente ses variations de quelques effets « blues » irrésistibles. Les interprétations les moins réussies sont les deux dernières qui s’apparentent plus à la musique d’ambiance qu’au jazz. L’utilisation du ‘stride’ aurait apporté davantage de punch et d’éclat à Because of you, mais Monty Alexander a préféré conserver une couleur sentimentale jusqu’à la fin du disque.

Que conclure, si ce n’est que Monty Alexander porte bien haut la musique que nous aimons ? En s’inspirant de pianistes aussi talentueux que Nat King Cote, ErrolI Garner, Art Tatum, MiIt Buckner et Ahmad Jamal, il a réussi à créer son propre style, puis a fait école, contribuant ainsi à pérenniser la tradition du jazz. (R.A.)

 

 

 

 

 

 

Catégorie: Réédition

Chronique publiée dans le Bulletin du Hot Club de France N° 577, page 18

 

 

RAY BRYANT - “IN THE BACK ROOM”

Evening Star ES 114

 

Lullaby, Keepin’ out of mischief now, Black and blue, The impossible rag, Jitterbug waltz, In the back room, Little girl, Ain’t misbehavin’, If I could be with you, Honeysuckle rose, Easy ta love, St. Louis blues

 

Voilà déjà quelque temps que nous n’avions plus de nouvelles du grand pianiste Ray Bryant. Avec cet album, tout au long duquel il se produit en solo, il vient opportunément se rappeler à notre bon souvenir.

Deux plages ont été enregistrées récemment, le 16~ octobre 2008. Easy ta love s’ouvre hors tempo de façon méditative, puis se poursuit en tempo lent et se développe de manière très structurée, dans un style fleuri et volubile. Sur Jitterbug waltz, morceau atypique de Fats WalIer, Ray Bryant aligne une suite de variations délicates.

Le reste du CD provient d’un concert, du 8 mai 2004, largement dédié à Fats WalIer.

Keepin’ out 0f mischief now, Black and blue, Ain’t misbehavin’ et Honeysuckle rose débu­tent pareillement avec un accent nostalgique avant de se dérouler dans une atmosphère sereine, d’une délectable musicalité où les phrases s’enchaînent avec une impressionnante cohérence. Par ailleurs, If I could be with you se rapproche des morceaux précédents en évoluant dans un esprit semblable.

Ray Bryant utilise aussi quatre compositions personnelles: Lullaby et Little girl, au climat recueilli et jouées en conjuguant grâce et puissance ; l’intrigant The impossible rag, abrupt et percutant In the back room, superbement swingué avec riifs harcelants lancés sur une robuste partie de main gauche. Le disque se termine sur Si. Louis blues, débordant de swing et animé par une exceptionnelle exubérance. (A. V.)