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Catégorie : Nouveauté

Chronique publiée dans le Bulletin du Hot Club de France N° 583, page 17

 

 

DUKE HEITGER & BERND LHOTZKY

“DOIN’ THE VOOM VOOM”

Arbors ARCD 19382

 

Fascination, Warm valley, Dom’ the voom voom, How long has this been going on, Jeepers Creepers, The folks who live on the hill, You’ve got to be modernistic, Shades 0f jade, Liza, Blue because of you, Volver, Poor Loulie Jean, Manhattan, The very thought 0f you, Embraceable you, Saturday night function, Salut d’amour

 

Les interprétations de cet album ont été enregistrées les 12 et 13juillet2008 en Allemagne, à Oberhaching, en tête à tête par le trompette Duke Heitger et le pianiste Bernd Lhotzky.

Ce duo se simplifie dans deux plages lorsque le trompette s’absente en laissant son collègue seul devant son clavier. Celui-ci propose d’abord une brillante partie de ‘stride’ sur un morceau de bravoure de James P. Johnson, You’ve got to be modernistic. Plus loin, il montre une autre facette de son grand talent en donnant une attrayante version de Embraceable you. Après le couplet hors tempo, d’une opulente musicalité, il entre en tempo avec une allégresse qui tourne ensuite en délicate sérénité.

Même s’il montre parfois quelque élégance, le jeu de son collègue Duke Heitger se situe à un niveau inférieur. Son débit irrégulier manque de fluidité et sa sonorité sans rondeur est acide et étriquée. Sur les plages prises sur tempo lent se renforce un côté aigre (How long has this been going on, Shades of jade), languissant (Warm valley), voire mugissant (Poor Loulie Jean). Heureusement, Bernd Lhotzky prodigue constamment un accompagnement impeccable et par ailleurs intervient brillamment en solo.

Les interprétations en tempo modéré sonnent de manière plus attrayante. Les deux partenaires alternent par tranches de 16 mesures dans Fascination, Bernd toujours bondissant en solo aussi bien que dans son soutien à Duke Heitger. La trompette wawa et la lumineuse partie de piano donnent un fort plaisant Dom’ the voom voom. De même, Jeepers Creepers se déroule sur un joyeux accompagnement de Bernd qui intervient avec brio dans son chorus en solo suivi par un exubérant chorus d’échanges 4/4. En tempo vif, dans Liza, le pianiste prend deux chorus admirablement enlevés et fournit un soutien rebondissant à la trompette bouchée. Manhattan procure encore l’opportunité au pianiste de délivrer un exceptionnel accompagnement et un superbe chorus en solo. Il récidive également et mieux encore dans The very thought of you où le thème par Duke Heitger se déroule sur une admirable partie du piano qui ensuite prend un chorus extra avant d’assister parfaitement la trompette dans le chorus final. Notons aussi dans Saturday night function les deux chorus de piano sur le blues. Les interprétations en tempo lent offrent moins d’intérêt, de même que les plages sentimentales (Salut d’amour) ou exotiques (rumba de Volver).

                                                                                                    André Vasset

Catégorie : Réédition

Chronique publiée dans le Bulletin du Hot Club de France N° 583, pages 15,16,17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DUKE ELLINGTON “THE DUKE BOX”

Storyville 108.8600

 

Ce grand coffret de 8 CD rassemble 155 interprétations (en comptant les courtes introductions et les présentations) enregistrées en public et à la radio par l’orchestre et son chef de 1940 à 1949.

 

Le disque I contient les prises du 9 janvier 1940 au Southland Cafe à Boston, et du 10 juin 1940 au studio CBS à New York. Le II et le III concernent le Cristal Ballroom à Fargo, le 7 Novembre 1940. Le IV présente quatre séries d’enregistrements : les 3, 4 Avril et 6 Juin 1943 au Hurricane à New York, ainsi que le 8 Décembre de la même année à Langley Air Force Base en Virginie. Le V est au Carnegie Hall à New York, le 11 décembre 1943. Le VI reste au Carnegie Hall le même jour, puis l’orchestre est au Naval Training Center, Bainbridge (Maryland) le 8 juillet 1944. Le VII : quatre séries d’enregistrements: au New Zanzibar, New York, le 26 septembre 1945 ; au World Studio de New York, le 3 août 1945; radio le 28 décembre 1945 enfin au Howard Theatre à Washington, le 20 avril 1946. Le VIII, au Hollywood Empire, Los Angeles, en février 1949.

 

Si j’ai détaillé quelque peu les enregistrements de l’orchestre, c’est pour vous permettre de consulter votre discothèque et le Bulletin car les doublons sont à craindre avec les parutions Storyville ou d’autres catalogues antérieurs’ repris par Storyville. J’ai donc consulté les Bulletin(s) 495 p14, 502/19 et 20, 504/24, 508/21, 533/25, 543/22, 551 et 574. En fait, et sauf erreur de ma part, le CD IV se retrouve chroniqué en partie dans les Bulletin(s) 533 et 435, le CD VI dans le Bulletin 435, le CD VII dans les Bulletin(s) 495 et 551. Il semble donc que la majorité de ces morceaux, joués et rejoués par Duke, soit une publication nouvelle, ne faisant pas forcément double emploi avec les D.E.T.S. (Duke Ellington Treasury Shows) paraissant en CD isolés depuis quelques années: la discographie du maître est si riche!

Le coffret date de 2006. Les enregistrements, de qualité variable étant donné la diversité des lieux, sont de bonne facture dans l’ensemble et très vivants. De nombreuses comparaisons sont possibles: par exemple le Jack the Bear du CD I avec Jimmy Blanton et celui du CD VI avec Junior Raglin (qui ne démérite pas) ; ou encore le Rockin’ in rhythm du CD III avec celui du CD VI... Vous pourrez apprécier les différentes « atmosphères» que le Duke sait créer au fil du temps et des situations à partir d’un même matériau. Le livret, dû à Dan Morgenstern, est bien fait et contient de belles photos du Duke et des membres de l’orchestre. Sachant que le tout est vendu moins de 90 , voilà un bel achat à faire.

                                                                                                                                                    Daniel Janissier

 

1 - Une bonne partie de ces enregistrements avait été publiée à l’époque du microsillon dans des éditions pirates telles que Privateer, Queen Disc, Rarities, IAJRC, Jazz Archives, Raretone, etc. En particulier les concerts « Fargo « de 1940 que vous trouverez sur les CD Il et III, avaient été édités sur les LP Temple M551/552 et Jazz Guild 1006 et beaucoup plus récemment sur un double CD VJC 1019/20.