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Bulletin du hcf : N°465 – Décembre 1997 – page 14

DOC CHEATHAM & NICHOLAS PAYTON (Verve 537062, distribution PolyGram) : How deep is the océan, Jeepers Creepers, Stardust, I gotta right to sing the blues, Dinah, Save it pretty mama, Do you believe in love at sight, Jada, l cover thé waterfront, Maybe, Black and blue, Out of nowhere, She's funny that way, The world is waiting for the sunrise.

Ces interprétations ont été enregistrées à La Nouvelle-Orléans en octobre 1996 par Doc Cheatham (dont c'est sans doute le dernier disque) et Nicholas Payton, accompagnés par Ernest Elly à la batterie, Butch Thompson au piano, Les Muscutt à la guitare, Bill Huntington à la basse, Jack Maheu (clarinette), Tom Ebbert, Lucien Barbarin (trombone) apparaissent dans quelques morceaux. Doc joue et chante, Nicholas Payton joue de la trompette.

Près de 70 ans séparent ces deux musiciens ! Doc pourrait être l'arrière-grand-père de Nicholas, pourtant une parfaite communauté d'inspiration, et ce qui est encore plus remarquable de style, unit ces deux musiciens ; il y a même des moments où Nicholas Payton joue encore mieux que son aîné. On peut les distinguer d'abord par la plus grande aisance instrumentale du jeune et par le son plus mat de l'ancien.

Jeepers Creepers, une des meilleures interprétations, où la section rythmique carbure le mieux, est exposé par Nicholas Payton. Doc Cheatharn prenant le pont ; après un vocal accompagné à la trompette bouchée, les deux trompettistes dialoguent, Payton commençant, en prenant d'abord 16 mesures chacun, puis 8, puis 4 : stupéfiant ! Stardust est joué d'abord par Doc, couplet et refrain, Nicholas lui succède dans une parfaite continuité d'expression. Dinah, après un vocal de Doc, est joué par Nicholas en grande forme terminant à la Louis Armstrong.

Do you believe in love at sight, Maybe, The world is waiting for the sunrise sont bien swingués sur d'excellents tempos, la batterie d'Ernest Elly étant particulièrement performante et les improvisations collectives bien venues. Nicholas joue souvent de beaux contre-chants aux vocaux de Doc (The worid is waiting for the sunrise notamment). Un ou deux morceaux (lada, I cover the waterfront) sont pris sur des tempos trop lents et l'intérêt faiblit, Les quelques solos de clarinette et de trombone ne cassent rien, mais sont courts ; par contre, on aurait aimé entendre plus souvent en solo l'excellent pianiste Butch Thompson, qui ne montre son savoir-faire que dans Maybe.

Si c'est bien là l'ultime prestation phonographique de Doc, on peut dire qu'il nous a vraiment quittés en beauté.