Bulletin du hcf : N°488 – Janvier 2000 – page 23
PARIS WASHBOARD, " CARAVAN " (Stomp OffCD 1347) : All God's chillun got rhytm, The Mooche, Frolic Sam, Drop me off in Harlem, lt don't mean a thing, Solitude, Dancers in love, Pélican drag, Rose of the Rio Grande, Caravan, I got it bad and that ain't good, Squaty roo, Mood indigo, Ring dem bells.
L'orchestre Paris Washboard présente déjà une estimable discographie, commencée en 1988 avec le LP " When we're smiling " (chroniqué dans le Bulletin 374). Le présent album a été enregistré le 10 et 11 mars 1999 par Daniel Barda (trombone), Alain Marquet (clarinette), Louis Mazetier (piano) et Gérard Bagot (wasboard), un personnel resté fixe depuis les débuts, hormis le dernier nommé qui remplaça Gilbert Leroux dès le deuxième disque. Jusque-là le quartette avait adopté les œuvres des petits groupes des années 20 et 30, cette fois, il se tourne vers le répertoire de Duke Ellington. Une gageure. En fait, le résultat se révèle aussi convaincant que passionnant car, si l'instrumentation est insolite nous sommes en présence de musiciens de classe, exigeants et sérieux.
Daniel Barda sonne impeccablement, de façon expressive et posée, il manie la sourdine avec sûreté et bon goût. On notera entre autres, ses solos jubilants de All God's chillun, lt don't mean a thing, Rose of the Rio Grande, Ring dem bells. Lui et Alain Marquet savent remarquablement conjuguer et ajuster le jeu de leurs instruments. Comme, par exemple, dans All God's chillun, Drop me off in Harlem, Solitude, Rosé of the Rio Grande. Alain Marquet possède une plaisante sonorité et prend d'intéressants solos, ainsi dans The Mooche, Ring dem bells ou I got it bad (morceau auquel ne participe pas Barda).
Le piano de Louis Mazetier demeure, évidemment, admirable de bout en bout. Il apporte à ses collègues un soutien d'une plénitude parfaite qui leur permet d'évoluer dans des conditions idéales. Ses solos sont invariablement superbes, plein de fraîcheur et d'imprévu, il utilise souvent un stride irrésistible (Drop me off in Harlem, Caravan, Ring dem bells) qu'il délaisse parfois tout en restant captivant (Solitude, Mood indigo). Deux titres lui sont réservés, Dancers in love et Squaty roo, ils permettent d'apprécier sa vivacité et son humour. Le répertoire ellingtonien offre moins d'occasions à Gérard Bagot qu'habituellement de donner libre cours à son exubérance, mais il assure toujours un soutien efficace et pertinent avec ça et là quelques interventions percutantes ( It don't mean a thing, Rose of the Rio Grande, Ring dem bells).
Voilà donc un excellent disque !
A.V.