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Bulletin du hcf : N°493 – Juin 2000 – page 14

TREVOR RICHARDS NEW ORLEANS TRIO, " CITY 0F THE BLUES " (Jazzology JCD 303) : Alice blue gown, City of the blues,l'm so in love with you, Back in your own backyard, Just another dream, lf dreams come true, Vieux Carré, Do you ever think of me,A lull at dawn, Make believe, l gotta right to sing the blues, All by nmyself, A hundred years from today, South Side strut, Lotus blossom, When.

Cet album a été enregistré à La Nouvelle-Orléans lors de plusieurs séances, en février, avril et mai 1999, par un trio poursuivant une passionnante tradition. Le superbe drummer Trevor Richards, disciple de Zutty (cf. Bulletin 460), est entouré d'un remarquable pianiste, David Boeddinghaus et d'un surprenant jeune musicien créole (né en 1969) Evan Christopher, une découverte !

La clarinette de ce dernier possède une sonorité chaude et fluide, un accent chantant et un swing pétillant sur tempo moyen, rappelant parfois Albert Nicholas ; Alice blue gown, I'm so in love with you. Do you ever think of me, Make believe, When. Sur tempo lent on apprécie son vibrato émouvant et sa sonorité profonde (A lull at dawn), dommage qu'alors il soit par moments un peu déclamatoire et statique (Just another dream). Mais l'étonnement ne s'arrête pas là.

Dans Back in your own backyard, Evan Christopher utilise le saxo alto avec, là aussi une sonorité dorée et ample, un jeu jubilant à la Benny Carter vraiment splendide. Et dans If dreams come true il adopte le ténor pour se révéler encore extra, volumineux, dans un style plein de fougue et de swing (même s'il n'a pas tout à fait l'aisance dont il fait preuve à l'alto). Son épanouissement est facilité par la présence à ses côtés de deux partenaires idéaux .

David Boeddinghaus (né en 1955) est également une révélation, son jeu de piano, en solo comme à l'accompagnement montre une solidité et une pertinence réjouissantes. C'est le type de pianiste ayant puisé aux meilleures sources (Morton, Fats, Hines...) dont le style purement jazz présente un confort extrême, tel était le cas du regretté Henri Chaix ou de Butch Thompson, le pianiste du précédent CD du trio Trevor Richards (cf. Bulletin 489).

Enfin Trevor Richards fournit une partie de batterie d'une efficacité rare, surtout de nos jours. Sa pulsation sur la grosse caisse permet de se passer de contrebasse et il soutient ses partenaires avec une diversité et un choix de moyens captivants. Exemple : la façon dont il accompagne les solos de piano dans Vieux Carré et Do you ever think of me. Les quelques passages qu'il s'accorde en solo restent toujours superbement cohérents et mélodiques.

Un disque prometteur d'un beau trio que l'on aimerait bien entendre en direct.

A.V.