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Bulletin du hcf : N°508 - Décembre 2001 –page 14

TUXEDO BIG BAND & IRAKLI, " KEEP ON JUMPIN' " (TBB 103, distribution Night & Day) : Keep on jumpin', ls you is or is you ain't my baby, Ain't misbehavin', Exactiy like you, Lazy River, On the sunny side ofthe street, Easy as you go, Siender tender and tall, Dear old Southiand, If l could be with you, l can't give you anything but love, Don't sweetheart me, Perdido, Old man Mose, When ifs sleepy time down South, When thé saints go marchin' in.

Le magique Paul Chéron ne cessera jamais de nous surprendre et de nous ravir. Ces dernières années nous lui sommes redevables d'exaltants moments de joie, avec diverses formules, en concert et en disque. Pour s'en tenir aux enregistrements de son Tuxedo Big Band (déjà un miracle en soi), en 1994 il nous ressuscite magistralement la musique de Jimmie Lunceford, deux ans plus tard il creuse la même veine avec un succès croissant, encore une paire d'années et apparaît un époustouflant CD à la Chick Webb avec une étonnante Mariannick Fitzgerald, en 2000 il revient nous enthousiasmer sur des arrangements inédits de Fletcher Henderson.

Et maintenant, toujours imprévu et superbe, le voilà en visite chez Louis Armstrong avec la complicité d'Irakli qui depuis longtemps rêvait, sans y croire, de participer à pareille fête. Une nouvelle fois Paul Chéron a transcrit, arrangé et adapté des enregistrements du grand orchestre de Louis provenant d'émissions radio, d'où un mélange de titres rares et de standards. Ainsi le Tuxedo Big Band en les exécutant, avec un swing lumineux, a offert à Irakli un environnement idéal et inespéré, une occasion de donner la mesure de son talent qui va enfin en époustoufler plus d'un. Après quelques concerts, ils concoctèrent le présent album en septembre dernier.

Dès le premier morceau, Keep on jumpin', on est saisi par le swing : un appel de la trompette d'Irakli auquel répond Tuxedo avec euphorie avant d'exposer le thème puis de procurer aux solistes - Irakli, Paul Chéron, Thierry Ollé, Jean-François Bonnel - un accompagnement Dilatant, souligné par l'excitante batterie de Jean-Luc Guiraud. Irakli, qui s'exprime naturellement dans le langage d'Armstrong, est évidemment le plus sollicité. Souvent il expose le thème en swinguant de façon nonchalante avec un accent empoignant : Exactly like you, Lazy River, Ican't give you, Sleepy time. Il prend des solos inspirés : Is you is..., Slender tender and tall, Old man Mose, Dear old Southland avec sourdine sur tapis déroulé par les saxes. Il lui revient de conclure, devant généralement un ensemble orchestral somptueux : Ain't misbehavin', Exactly like you, Sunny side, Sleepy time, When the saints... Irakli n'est pas le seul soliste, on entend ça et là Thierry Ollé au piano, Laurent Hotta au trombone et, bien sûr, Paul Chéron impeccable à l'alto (I can't give you, Perdido...) et Jean-François Bonnel remarquable au ténor (When the saints, Perdido...). La chanteuse Valérie Perez intervient brièvement dans cinq plages.

A noter aussi dans Easy as you go, l'excellente prestation du trompette Jérôme Etcheberry qui nous avait séduit lorsque nous l'avions découvert au festival de Bayonne 1999 (Bulletin 486, p. 27). Tout l'orchestre joue avec une générosité et un son d'ensemble incomparables. Ecoutez, par exemple la luxuriante section des saxes, très sollicitée, dans Lazy River, If I could be with you, Don't sweetheart me, Sleepy time... La rythmique prodigue un soutien sans faille portée par l'impérieuse batterie de Jean-Luc Guiraud aussi pertinent pour accompagner les solistes que pour propulser l'orchestre (I can't give you, Don't sweetheart me, etc.). De surcroît il chante plaisamment (Exactly like you, When the saints) sans jamais se départir de son humour, irrésistible dans Old man Mose. En ajoutant une qualité sonore exceptionnelle on obtient une immense réussite.

Chapeau et merci Monsieur Chéron, Et bravo Monsieur Irakli!