(Djaz Records 7232, distribution DAM):
John's idea, Every tub, Harvard blues, Yeahmen, Fiesta in blue, Roseland shuffle, Jumpin' Jim/Jive at five, Tickle toc, Eventide, 9:20 spécial, High tide One o'clock jump.
Voilà longtemps que Michel Pastre entretenait le projet de former un grand orchestre, depuis trois ans il a réalisé ce rêve matérialisé aujourd'hui par ce premier album. L'orchestre sonne déjà plaisamment et il faut souhaiter que sa composition reste le plus stable possible et qu'il connaisse suffisamment d'engagements afin que sa cohésion se renforce encore, que les ensembles acquièrent toujours plus de mordant, de précision, de décontraction et que la rythmique carbure à plein régime. Le répertoire est tout entier placé sous le signe de Count Basie, un choix judicieux car cette musique enthousiasmante confère à l'album une unité fort agréable.
Le disque s'ouvre avec John's idea aux ensembles allègrement enlevés où s'insèrent des solos de Michel Pastre, brillamment développés, de François Biensan, dans un style tranchant très plaisant, Fabrice Eulry, Nicolas Montier excellent au ténor d’une sonorité plus mate que celle du chef. François Biensan a trouvé là un environnement qui lui permet de s'exprimer avec bonheur, il le confirme plus loin dans Fiesta in blue qui le met en vedette, superbe, élégant, sur un somptueux fond sonore, et aussi dans Every tub avec un côté plus tendu. Dans High tide il siffle joliment un chorus et participe à des échanges dans le suivant.
Michel Pastre également jubile à la tête de son orchestre, en se gardant toutefois de tirer la couverture à lui, n'apparait en solo que dans la moitié des plages, il swingue avec punch et virulence dans Every tub, Roseland shuffle, One o'clock jump, joue le blues avec un feeling empoignant dans Harvard blues et se livre à une conversation passionnante avec son compère Nicolas Montier dans Tickie toe (là on entend Pastre à gauche et Montier à droite). Nicolas au jeu plus sinueux intervient remarquablement dans Yeah men et 9:20 spécial. Philippe Chagne au baryton se montre à son avantage dans Jive at five et dans Eventide où il est seul soliste. Quant à Daniel Huck, invité dans High tide, il swingue un splendide chorus servi avec une sonorité délectable et se livre à un scat délirant avec Patrick Bacqueville. Ce dernier est l'auteur de solos de trombone.
Sans surprise on le trouve swinguant magistralement avec un accent irrésistible dans Harvard blues et déchaîné dans One o'clock jump. Les autres solistes parfois moins sollicités sont tous de bon aloi : Nicolas Dary (as), Guy Bonne (cl, as), Fabien Mary (tp) et bien sur Fabrice Eulry pertinent au piano.
Un disque prometteur et d'une belle homogénéité.