2 - CD du MOIS - Catégorie NOUVEAUTÉ –

Bulletin du HCF N°528- 12/03 Page 19


SWEET MAMA "LIVE !" (Djaz Records 730-2, distribution DAM)

 
I've got my fingers crossed, You don't have to go, Tiger rag, It ain't right, Walking and crying, Durn tootin, Won't be long, Melancolia, Don't say that no more, Too late, Big road, Strange things happening every day, Medley : Tzigani/Fisztorza/Fulgini.


Peut-être avez-vous eu l'occasion d'entendre en direct le quartette Sweet Mama propulsé par cette diablesse de Catherine Girard, alias Cajoune ? Sinon, quel dommage ! Aussi lorsque l'opportunité se présentera (il faut la provoquer) ne manquez pas de vous précipiter à la rencontre de ces quatre musiciens. La charmante Catherine est un phénomène qui, invariablement, provoque l'enthousiasme de son public, elle ferait swinguer une assemblée de talibans grabataires dépressifs. C'est dire qu'en concert elle se produit à son maximum et que le présent album en direct-live permet de retrouver Sweet Mama dans tout son éclat. Nos artistes sont détendus, volubiles, jubilants, euphoriques à l'exemple de Cajoune déchaînée au chant, au washboard et sur différents accessoires.

 
A ses côtés : Philippe Juhel, guitare et harmonica, Stéphane Barral, contrebasse et Jean-Christophe Rouet, violon. Pour couronner le tout l'album (datant des 30, 31 janvier et 1er février 2003) bénéficie d'une prise de son remarquable, contrairement à ce qui arrive le plus
 souvent avec les enregistrements publics.

L'album débute avec I've got my fingers crossed qui ouvrait aussi le précédent CD de Sweet Mama, mais ici  sa durée est doublée. Cajoune est immédiatement en action, le washboard puis le vocal swinguent et installent un climat d'allégresse irrésistible. Le violon prend la parole, calme d'abord puis exubérant, cependant que le washboard redouble de swing, l'harmonica s'emporte à son tour avec réplique du kazoo, la guitare émerge un instant puis le violon reparaît de plus en plus audacieux, l'euphorie a gagné les musiciens et le public. Et un scénario semblable se reproduit à chaque interprétation. Voilà d'authentiques Feetwarmers !

Dans You don't have to go la guitare installe un riff insistant, Cajoune chante avec nonchalance, l'harmonica intervient puis Jean-Christophe Rouet aligne des phrases folles dans l'esprit Stuff Smith, la température monte progressivement et enfièvre tout le monde…

Puis on recommence avec Tiger rag, un des morceaux de bravoure du groupe, stucieusement arrangé où les quatre complices swinguent de façon délirante.

Inutile de continuer. Résumons : Catherine Girard chante avec flamme, tour à tour avec nonchalance, fougue, humour, parfois soutenue par le chœur de ses partenaires (It ain't right, Won't be long, Strange things happening every day). Comme son vocal, son jeu de washboard dégage un swing contagieux (dans Too late, elle s'offre une petite imitation d'un train guilleret, puis qui s'essouffle et enfin se ragaillardit).

Philippe Juhel est un guitariste solide et inspiré, il se trouve particulièrement en évidence dans le superbe blues lent Walking and crying, qu'il interprète avec autorité et feeling, et dans Don't say that no more, où il délivre une passionnante partie de guitare slide. Par ailleurs, son jeu d'harmonica sonne de manière tout aussi estimable et efficace, il le montre dans Won't be long, Too late, Big road. Stéphane Barral assure un soutien impeccable à la contrebasse et Jean-Christophe Rouet confirme sa classe exceptionnelle de violoniste qui swingue avec une pertinence, un brio, un bouillonnement admirables. Toujours il s'exprime dans un style 100% jazz et avec à-propos tels son dialogue avec Cajoune dans Too late ou ses trois chorus pizzicato de Walking and crying. Son déchaînement en fin d'interprétation contribue énormément à enflammer le public (Strange things happening every day, entre autres). Son medley final, pour calmer l'ardeur de l'assistance, montre sa maîtrise et son lyrisme.

                                                                                                                                             A.V.