JULIEN BRUNETAUD
«
ORLEANS STREET BOOGIE»
Southland Records SCD-36
Chronique publiée dans le Bulletin du HCF N° 560
(Avril-Mai 2007) p.18
Orleans Street boogie, Boogie for my friends, Aladdin boogie, Look like twins,
Russian rag, Hootie blues, Rampart rip off, Mardi Gras for Cyrine, Things ain’t
what they used to be, Time to change your town, Newtown boogie.
Le talent
exceptionnellement prometteur de ce jeune pianiste tire de plus en plus l’attention
des amateurs. Le présent album vient confirmer brillamment cette impression
alléchante. Son enregistrement eut lieu le 21 avril 2005 à La
Nouvelle-Orléans alors que l’orchestre des New Bumpers participait au French
Quarter Festival. Julien Brunetaud joue en solo ou accompagné par ses fidèles
Sébastien Girardot (b) et Guillaume Nouaux (d) joints parfois par Paul Chéron.
Signalons tout
d’abord une erreur importante dans le programme qui annonce 11 plages
alors que le CD en comporte 12. La plage 2, Your choice, a été
oubliée ce qui décale toutes les suivantes, en conséquence Boogie for my friends annoncé sur la page 2 se trouve
en réalité sur la plage 3 et ainsi de suite jusqu’à Newtown boogie donné en position 11 au lieu de
12!
Le disque
s’ouvre sur un exaltant Orleans Street boogie, le piano démarre sans tergiverser sur tempo vif puis le
ténor de Paul Chéron riffe sur un chorus et poursuit avec quatre chorus d’un
style direct particulièrement efficace. Julien Brunetaud propose ensuite un
long solo d’une souplesse étonnante; sur une partie main gauche ferme et
précise, il aligne des phrases excitantes avec une spontanéité et une aisance
admirables. Le même groupe intervient sur trois autres plages. Dans Your choice, la plage 2 clandestine,
Julien swingue au piano et de surcroît chante avec un dynamisme et un
naturel assez estomaquant. Paul Chéron reste impeccable en contre-chant et en
solo. Il s’exprime aussi longuement dans Rampart
rip off en tempo moyen sur lequel le piano joue avec un profond feeling
sur la pulsation stimulante un tandem basse-batterie. Dans le blues lent de Wynonie
Harris, Time to change your town, Julien Brunetaud chante les
paroles anachroniques avec conviction en se fournissant une émouvante partie de
piano dans les deux premiers chorus, appuyé dans le deuxième par un discret
contre-chant du ténor qui ensuite prend un chorus éloquent avant le dernier
chorus chanté.
Julien Brunetaud
reste absolument seul dans quatre plages. En tempo moyen Boogie for my friends se déroule de
manière agréablement détendue et passionnante. Look like twins, blues très lent, dégage une intense émotion
aussi bien par le vocal que par le piano d’un accent authentique. Hootie blues, blues semi-lent,
fredonné puis chanté avec nonchalance et feeling, montre que notre homme a
parfaitement capté l’esprit de cette musique. Et il nous signale aussi dans son
jubilant Russian rag qu’il ne
faut surtout pas le cantonner exclusivement dans le répertoire blues-boogie.
Dans les quatre
plages restantes Sébastien Girardot et Guillaume Nouaux reparaissent aux côtés
de Julien Brunetaud pour apporter un soutien de qualité. La musique va couler
avec facilité aussi bien dans le classique Things ain’t what they used to be que dans la musique de teinte
néo-orléanaise de Mardi Gras for Cyrine ou bien encore dans Newtown
boogie, joyeusement enlevé,
ou enfin dans Aladdin boogie,
ce dernier chanté en évoluant sur un obsédant motif de basses.
Julien Brunetaud. Notez ce nom voilà un
jazzman dont nous reparlerons !
André
Vasset