JOHNNY
HODGES -
WILD BILL DAVIS PROJECT
Chronique publiée dans le Bulletin du HCF
N° 565 (Octobre 2007) p.17/18
Vol
1 - (2 CD) - « Con-soul and jazz - Wild Bi11 is the
boss ! (Lonehill Jazz LHJ 10283)
Vol
2 - « Joe’s blues » featuring Grant Green. (LHJ
10284)
Vol
3 - « Mess of blues » featuring Kenny Burrell. HJ
10285)
Vol
4 - « Joe’s blues » featuring Les Spann and Mundell
Lowe. (LHJ 10286)
La firme Lonehill Jazz vient de procéder à une magistrale réédition
des huit remarquables microsilIons réalisés entre 1961 et 1968 par le tandem
Hodges/Davis, soutenu par une rythmique où apparaît le plus souvent un bon guitariste (Kenny Burrel, Grant Green,
Les Spann ou Mundell Lowe) avec parfois un autre soliste en complément :
Lawrence Brown dans deux microsillons, le trompettiste Joe Wilder dans un
autre.
Pour parvenir à un total
de cinq CD, le réalisateur a ajouté d’une part, dans le volume 1, quatre
morceaux tirés d’un neuvième microsillon où Hodges et Davis jouent, sans aucune
conviction, avec un grand orchestre dirigé par Claus Ogerman. Ce disque, gravé
en 1963 et intitulé Sandy’s gone
aurait pu avantageusement être « oublié » tant son intérêt est
faible. D’autre part, deux autres microsillons figurent ici, l’un dans le
vol.3, paru sous le nom de Johnny Hodges et EarI Hines, le sensationnel Stride right enregistré en 1966,
l’autre, réparti entre les vol. 1 et 4, provient d’une session gravée en 1966
également, sous le nom de J. Hodges seul (Blue notes) qui y joue avec un grand
orchestre comprenant de bons musiciens, dont Hank Jones au piano, mais sur des
arrangements sans éclat de Jimmy Jones, rendant l’ensemble terne et décevant,
même pour Hodges.
Les huit premiers
microsillons réalisés par Hodges/Davis ont tous été chroniqués dans le Bulletin
: Blue Hodge (1961) dans
le n° 121, Mess of blues (1963)
dans le n° 147, Blue rabbit (1964)
dans le n° 153, Joe’s blues
(1965) dans le n° 151, Wings and things
(1965) dans le n° 167, Con-Soul & Jazz (1965) dans les n°’ 157 et 220, Blue pyramid (1965) dans
le n° 166, In Atlantic city (1966) dans
les n°185 et 203. L’excellent microsillon Stride right (1966) a été chroniqué dans le Bulletin
163.
II est inutile d’insister
sur l’intérêt majeur de cette réédition, très complète, de disques de grande
classe, d’une facture originale, comprenant une bonne proportion de blues de la
main de Hodges, un maître en la matière. Dans cette série, Johnny Hodges et
WiId BiIl Davis, s’inspirant l’un l’autre, sont le plus souvent à leur maximum,
jouant ensemble pour leur plus grand plaisir. Du pur jus, indispensable à toute
discothèque
François Abon
Chronique du LP original (Verve 8570) parue dans le Bulletin
du HCF N°147 (avril 1965) page 22.
JOHNNY HODGES-WILD BILL DAVIS, « MESS OF BLUES » (33 t. 30 cm. Verve 8570 -
standard): Jones, I cried for you. Love
you madly, Little John Uttle John sur une face; Stolen Sweets, A & R Blues,
Lost In meditation au verso.
Ces interprétations ont été enregistrées les 3 et 4 Septembre
1963 par un petit groupement de studio composé de Johnny Hodges (as), Wild BiIl
Davis (orgue), Kenny Burrell (g), Osie Johnson ou Ed Shaughnessy (dm). La
pochette indique aussi Joe Wilder (tp) parmi les participants à cet
enregistrement mais vraiment, c’est comme s’il n’y était pas: à aucun moment on
ne perçoit distinctement une trompette.
Ce recueil est très supérieur au
premier recueil de Johnny Hodges avec Wild BilI Davis, celui intitulé « Blue
Hodge » (cf. Bulletin 121). Wild BilI Davis est bien plus en valeur ici, tant
en solo qu’à l’accompagnement, swinguant prodigieusement d’un bout à l’autre du
disque. Son solo de Uttle John est à vous couper le souffle! Johnny Hodges, de
son côté, joue superbement dans tous les morceaux, dans ce style direct,
chantant, swinguant, sans la moindre note inutile qui fait en quelque sorte de
lui le Louis Armstrong du saxo-alto. Tous les morceaux sont pris en tempo aisé
(modéré ou semi-lent — seul Lost In méditation est carrément lent), la musique
coule, simple, naturelle, décontractée (mais jamais molle) et l’on ne se lasse
pas d’entendre ce jazz pur, rafraîchissant...
.J’ajoute que Kenny Burrel joue
généralement très bien (notez son excellente partie d’accompagnement dans Uttle
John) et que les deux batteurs sont assez bons. Il est regrettable que le texte
de pochette ne spécifie pas dans quels morceaux joue chacun d’eux. Le temps me
manque pour essayer de les distinguer, d’autant plus que je connais mal Ed.
Shaughnessy.
Un beau disque!
Hugues Panassié