Chronique
publiée dans le Bulletin du HCF N° 565 (Octobre 2007) p.22/23
Washington’s Boogie, The Blues is my story, I’ll be good to you baby, I
know, Cherry Red, Let’s go, Ain’t it sweet, What I got, Two tons of loving,
Peace in the valley, When the saints go marching in.
Le dernier Festival de La Roquebrou
nous a permis de découvrir un bon pianiste et chanteur de blues en la personne
de Papadon Washington. On connaît fort peu de choses sur sa biographie sinon
qu’il a commencé l’étude du piano dès l’âge de cinq ans au sein de l’église où
officiait son père, pasteur de la paroisse de Kent dans I’ État de New York. Il
se produit aussi au sein de la chorale de cette église. Par la suite, il est
devenu un véritable homme-orchestre ayant appris à jouer, aussi bien du piano
que de divers instruments dont l’orgue mais aussi la guitare et la batterie. De
sa carrière on ignore à peu prés tout, à peine sait-on qu’il a été la
révélation du Chicago Blues Festival en 2005.
Pour la réalisation du présent CD,
il a fait appel à la technique du réenregistrement, ce qui nous permet de
l’entendre simultanément au piano, à l’orgue et à la batterie entre autres. II
chante aussi, fort bien, d’une voix chaude, expressive, fortement enracinée
dans le blues. Il se révèle bon compositeur et tous les thèmes, sauf trois,
sont de sa composition.
Le disque débute avec un robuste
boogie-woogie : Washington’s boogie,
bien enlevé, qu’il chante en s’accompagnant au piano, soutenu par un solide
afterbeat de la batterie. The Blues is my story, chanté d’une voix bien posée, très prenante, résume son
credo: “The blues is my story
and I tell that story until the
day I die”, on l’entend ici au piano, à l’orgue et à la batterie. I’II be good to you
baby et I know balancent bien
et sont traités dans le même esprit que le précédent, avec un joli solo de
guitare sur I know. Le fameux
Cherry Red de James P.
Johnson nous vaut une version très personnelle qu’il interprète avec beaucoup
de feeling, piano et orgue font alterner climat apaisé et climat tendu. Let’s
go est un thème
orchestral très agréable qui laisse toute la place au piano et à l’orgue. Ain’t it sweet, What I got et Two tons of loving sont trois faces
chantées de façon prenante, très low-down, accompagnées par piano et
batterie, avec un swing omniprésent. Avec Peace
in the valley, Don Washington se remémore ses débuts à l’église avec ce
gospel, écrit par Thomas A. Dorsey, qu’il chante avec foi et recueillement
accompagné par piano, orgue et batterie. Le disque s’achève avec le
traditionnel When the saints go marching in qu’il interprète à plusieurs voix
mais ce thème rebattu n’apporte rien de bien neuf. Je vous invite à découvrir
cet authentique bluesman sur son site.
Christian Sabouret