ELLA FITZGERALD
TWELVE NIGHTS IN HOLLYWOOD
PRIX INEDITS 2010 DU HOT CLUB DE FRANCE
Verve B0012920-02
CD 1 : Introduction, Lover corne back to me,
Too close for comfort, Little white lies, On the sunny side of the street, Ac-cent-tchu-ate the positive, Baby won't you
please conne home, I found a new baby, On a slow boat to China, My heart belongs to daddy, Perdido, l've got a crush on you,
But not for me, You brought a new kind of love to me, Across the alley from the Alamo, l'm glad there is you, 'Round midnight,
Take the A train, Mr. Paganini.
CD 2 : Nice work if you can get it, I can't get started, Give me the simple lite, Caravan, One for my baby, Lorelei, A-tisket a-tasket,
Witchcraft, Gone with the wind, Happiness is a thing called Joe, It's de-lovely, The lady is a tramp, That old black magic, Luliaby of Birdland,
Ella introduces the band, Imagination, Blue moon, Joe Williams' blues .
CD 3 : The lady's in love with you, Love is here to stay, Corne rain or conne shine, Anything goes,
This could be the start of something big, Candy, Little girl blue, You're driving me crazy, It's all right with me, Just squeeze me,
'S wonderful, How high the moon, Deep purple, In the wee small hours of the morning, Mack the Knife, Exactly like you, Rock it for me,
Stompin' at the Savoy, Love for sale, St. Louis blues.
CD 4 : Ail of me, liard hearted Hannah, Broadway, My kind of boy, D had to be you, C'est magnifique, How long has this been going on,
When your lover has gone, Taking a chance on love, Good morning heartache, Clap hands here cornes Charlie, Hallelujah I love him so,
Angel eyes, 01' man Mose, Teach me tonight, Ella's twist, Too dam hot, Bewitched, Bill Bailey .
Ces quatre CD, glissés entre les pages cartonnées d'un livre luxueux bien illustré, proposent une série d'interprétations inédites de l'immense chanteuse, captée en direct au club Crescendo à Hollywood. Le contenu des trois premiers albums date d'un engagement allant du 11 au 21 mai 1961 où Ella est accompagnée par Lou Levy (p), Jim Hall (g), Wilfred Middelbrooks (b), Gus Johnson (d). Son impresario, Norman Granz, enregistrait scrupuleusement toutes les prestations d'Ella et, d'ailleurs, il fit paraître à l'époque un LP ("Ella à Hollywood" - Verve 4052 ou Barclay 80169) composé d'extraits de ces concerts de mai 1961 au Crescendo. Une demi-douzaine de titres de ce LP se retrouvent dans la présente série, mais il s'agit de versions différentes, d'ailleurs assez proches, à l'exception de Take the A train. Pris en direct dans un environnement idéal, ces enregistrements d'une Ella Fitzgerald en grande forme offrent une suite d'interprétations en majorité enthousiasmantes. Les quelques morceaux sentimentaux, peu propices au swing, restent toujours magnifiquement chantés. Dès le début du CD 1, la partie vocale swingue de manière exceptionnelle sur Lover come back to me d'une jubilation irrésistible, tout comme sur Too close for comfort à la spontanéité étonnante. Ella swingue pareillement sur le tempo semi-lent de Little white lies et plus encore de On the sunny side of the street. Dans Ac-centtchu-ate the positive, lorsqu'elle passe en tempo plus rapide, elle emporte l'auditeur. Son vocal paresseux de Baby won't you please come home et de My heart belongs to daddy dégage le plus empoignant des feelings. À noter trois titres, superbement enlevés et qui ne se trouvent nulle part ailleurs dans sa discographie disponible : I found a new baby, On a slow boat to China et Across the alley from the Alamo. Les plages sentimentales, de I've got a crush on you à 'Round midnight, demeurent moins intéressantes malgré la perfection du vocal. En revanche, trois plages appartiennent à la catégorie swing fou, avec scat aussi intarissable qu'étourdissant : Perdido, Take the A train et Mr. Paganini. Irrésistible ! Forcément dans la même veine, le CD 2 apporte son lot d'interprétations superbement chantées par l'incomparable Ella, à commencer par Nice work if you can get it, d'une aisance totale. Son vocal se déroule en swinguant implacablement et de façon enjouée (Give me a simple life, The lady is a tramp), pétillante (A-tisket a-tasket, Lullaby of Birdland), obstinée (Caravan, That old black magic), vibrante (Gone with the wind) et, bien sûr, avec brusquement la plongée dans une folie en ouragan (Joe Williams' blues). Le CD 3 renferme également une riche provision de musique emballante. Il s'ouvre sur un titre qu'Ella enregistre pour la première fois et qu'elle balance avec allégresse : The lady's in love with you. Deux autres morceaux aussi ne figuraient pas jusque-là dans sa discographie : Candy, nonchalant, et Deep purple, du genre langoureux. Ella chante et swingue tantôt avec une euphorie contagieuse (This could be the start of something big, You're driving me crazy,'S wonderful), tantôt avec une souplesse, une détente uniques (Just squeeze me, Rock it for me, Love for sale). Le CD compte plusieurs interprétations déchaînées, étourdissantes, terriblement swinguées, où sa maîtrise vocale, son énergie et son brio dans l'improvisation scat font merveille : How high the moon, Mack the knife, Stompin' at the Savoy, St. Louis blues. Le CD 4, titré "Ella returns to Hollywood", a été enregistré à nouveau au club Crescendo, un an après les trois précédents, plus précisément les 29 et 30 juin 1962. À l'accompagnement, seul le contrebassiste conserve son poste, entouré maintenant par Paul Smith au piano et Stan Levey à la batterie. Là encore, Ella reste au premier plan d'un bout à l'autre. Sur les 19 titres de l'album, seuls Ol'man Mose et Bill Bailey furent publiés à l'époque sur 45 tours Verve 70.532, ils figurent ici dans une prise différente. Dans les deux, Ella swingue furieusement en se livrant à diverses imitations dans le second titre. Par ailleurs, deux morceaux apparaissent pour la première fois dans sa discographie : l'excellent My kind of boy, coulant avec aisance, et It had to be you, quelque peu langoureux. Cette série ne compte pas d'interprétations euphoriques évoluant vers un déferlement de scat, mais offre tout de même une belle ration de swing varié. Relevons : All of me, Broadway et Taking a chance of love, dans un style bondissant ; Hard hearted Hannah et Too dam hot, au dynamisme obstiné ; When you lover has gone et C'est magnifique, au ton paresseux mais s'animant joliment dans le second titre ; Hallelujah I love him so, à la jubilation contagieuse. Ella vous invite à passer quatre bonnes heures en sa compagnie pour l'écouter dans des interprétations inédites. Voilà une occasion qui ne se refuse pas. Sous aucun prétexte. André Vasset ( Bulletin du HCF N°588, page 11 - Février 2010)