THE HARMONY
HARMONEERS
«A CAPPELLA» (Ebony EGCD 2013)
Chronique publiée dans le Bulletin du HCF N°560 (Mars 200) p.21/22
I John, Great Jehovah / I believe
I’ll go back home, Down by the riverside, Just a little walk with Jesus, Jesus
met the woman at the well, Lord don’t leave me, Looking for my shepherd, Old
ship of Zion, I got good religion, Shine on me, Walk by faith, You hear the
lambs crying, There must be a city,
I’ve got a new home, I was there when
the spirit came.
Ce nouveau
groupe proposé par Willie Leiser, expert acharné et vigilant, tournera en
Europe en fin d’année 2007. Il s‘agit d’un quintette vocal s’exprimant sans le
moindre accompagnement instrumental, il se compose des quatre frères Turner, Willie,
le directeur et ténor, Andrew et Melvin, barytons, Calvin, basse, rejoints par
un autre baryton, Clarence Langston. Les Harmony Harmoneers, originaires
d’Atlanta, Georgia, fonctionnent depuis une trentaine d’années.
L’album
s’ouvre sur I John conduit par
Willie Turner à qui ses partenaires fournissent un fond sonore subtilement
harmonisé, d’une cohésion et d’une variété remarquables, proposant un riff ou
une réplique en contre-chant, toujours avec un tonus rythmique stimulant. Great Jehovah, d’abord hors tempo,
impressionne par sa précision et son articulation, puis s’enchaîne et se
termine en tempo d’une dilatante souplesse sur I believe I’!! go back home. Comme précédemment, la voix vibrante
d’Andrew Turner mène Lord don’t leave
me, hors tempo, cependant que le groupe le soutient avec la plénitude
des voix sonnant souvent comme un orgue. Le même conduit magistralement Shine on me, autre morceau hors tempo.
L’originalité
et la science de l’harmonisation du groupe apparaissent pleinement lorsqu’il
s’empare d’un gospel très connu, tel Down
by the Riverside, où l’ensemble et le soutien rythmique s’imposent
superbement. De même, on admire dans Just
a little walk with Jesus ou Looking
for my shepherd ou I’ve got a new
home l’influx rythmique et la combinaison des voix d’une intense beauté.
En réalité, toutes les plages réservent quelque motif d’étonnement. Le morceau
le plus long, You hear the lambs
crying, s’étend sur six minutes, il débute sur tempo très lent en détaillant
les paroles avec une précision méticuleuse et, insensiblement, il se met à
swinguer de façon irrésistible. Dans la plupart des titres le leader se trouve
être soit Willie, soit Andrew Turner, ce dernier possède une voix plus
éclatante.
Ces
Harmony Harmoneers, chantant a cappella, ne présentent évidemment pas l’impact,
la force de frappe des New Spirit ou des Victory Singers qui subjuguent leurs
publics, mais ils opèrent dans un registre confidentiel qui offre une musique
d’une beauté rare.
André Vasset