Retour SOMMAIRE GRAND PRIX 2010
DU HOT CLUB DE FRANCE

                              
                                                                                                                                    

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STEEVE LAFFONT
SWING FOR JESS;

Le Chant du Monde 2741737

 

Swing for Jess, Mano, Old Man River, Meggie style, Oh samba lec, Speevy, Hunn 0 pani naschella, Billet doux, Libertango, Djazz, R-vingt-six, Ain't misbehavin', I’ll remember April ..

 

Le guitariste Steeve Laffont est une des grandes révélations du monde du jazz de ces dernières années et, sans doute, le plus grand guitariste qu'on ait pu entendre depuis Stanley Jordan. Ce second recueil, daté de 2009, ne décevra pas ses admirateurs. Nous y retrouvons avec plaisir les mêmes accompagnateurs efficaces, à savoir Serge Oustiakine à la contrebasse (également membre du Thierry Ollé Trio) et Rudy Rabuffetti à la guitare. En outre, dans dix titres sur treize, le trio invite le violoniste Costel Nitescu, se transformant ainsi en quatuor.
Chaque intervention de Steeve Laffont est un véritable régal car il possède autant de virtuosité que d'invention, de musicalité que de swing. L'influence de Django Reinhardt reste prédominante dans Old Man River ou Billet doux par exemple, mais Steeve fourmille d'idées personnelles et émaille parfois ses improvisations d'audaces harmoniques et de traits d'humour. Il effectue aussi quelques emprunts à Wes Montgomery (premier « pont » de Meggie style) et à George Benson (vers la fin de Oh samba lec notamment). Quant à Costel Nitescu, sans égaler sans doute la classe et le talent de Stéphane Grappelli dont il est assez proche par le style, il se montre un très bon partenaire pour Steeve Laffont, swinguant avec aisance sur les tempos moyens ou rapides, spécialement dans I’ll remember April et R-vingt-six ; par contre, dans les tempos lents, ses solos sont moins jazz et, semble-t-il, quelque peu influencés par Didier Lockwood.
Trois interprétations de ce recueil retiennent l'attention : Hunn 0 pani naschella, Oh samba lec, ainsi que Remember April qui constitue peut-être le sommet du disque. Par ailleurs, R-vingt-six, Billet doux et Swing for Jess swinguent également avec intensité alors que Ain't misbehavin' est plein de fraîcheur et de délicatesse. En dépit des quelques réserves formulées précédemment quant à la prestation du violoniste, les deux ballades Meggie Style et Djazz sont interprétées avec beaucoup de sensibilité. Notez un court et excellent solo de Serge Oustiakine dans le premier titre et un joli contre-chant « d'inspiration classique » de Costel Nitescu dans le second. Constatons au passage que ces deux compositions signées respectivement de Rabuffetti et Laffont se rapprochent davantage du jazz contemporain que du Quintette du Hot Club de France.
En conclusion, malgré deux ou trois interprétations moins prenantes, comme Speevy et Libertango, l'acquisition de ce CD se justifie sans la moindre hésitation.

Raphaël Aubin ( Bulletin du HCF N°588, page 13 - Février 2010)