PRIX du DISQUE du HOT CLUB de FRANCE
PRIX DU CONCERT INÉDIT DE JAZZ 2005
RALPH SUTTON, « IT’S SO NICE IT MUST BE ILLEGAL»
(Nagel Heyer 094)
Chroniqué dans le
Bulletin du HCF N° 542 (Mai 2005) page 27/28
Introduction by
Ralph Sutton, Honeysuckle rose, Love lies, Echoes of spring, Everything happens
to me, My blue heaven, Medley: Squeeze me, Ain’t misbehavin’, S’Posin’, Medley:
Sophisticated Lady, I let a song go out of my heart, Ring dem bells, Viper’s
drag, Just one of those things, I’m gonna sit right down and write myself a letter.
Ce disque est un enchantement. Le grand pianiste, au clavier du Bösendorfer, chantonnant, nous donne la plus fraîche et la plus vigoureuse musique qui soit, accompagné par l’indispensable Michael Silva, en 1988 à Amilly (Loiret) dans le cadre d’un concert organisé par le Hot Club du Gâtinais. Honeysuckle rose révèle d’emblée le toucher rond et ferme, la musicalité de Sutton. Ses introductions, souvent hors tempo, sont autant de mises en situation musicales qui rendent évident le tempo choisi et préparent notre plaisir. L’interprétation suivante, très lyrique, balance avec un swing souple. Echoes of Spring est plus allègre que ne le jouait Lhotzky mais moins poétique, l’ornementation est aussi différente. Le phrasé contrasté du pianiste, où l’on sent sous la douceur force retenue, trouve un écho constant dans l’accompagnement de Michael Silva: précision des accentuations, netteté du jeu aux balais, rapidité des réactions aux trouvailles de Ralph Sutton, cette batterie est toujours aérée, sans aucune surcharge, comme pourrait y être tenté un mauvais batteur soucieux d’occuper le terrain. Le duo Sutton-Silva fonctionne à merveille, sans à-coups, comme si les deux musiciens se connaissaient depuis longtemps, ce qui n’était pas le cas.
Toutes les interprétations sont belles le goût de
l’auditeur lui fera préférer telle ou telle, le joli phrasé de Squeeze me
ou Silva dans Ring dem bells, tel passage en stride ou le fantôme de Fats dans I’m gonna sit... Les deux derniers
morceaux ont été captés pendant une répétition.
Pour enrichir votre audition de ce disque je vous
suggère de (re)lire l’article de Jean-Marc Berlière consacré à ce concert et à
la rencontre de nos artistes (Bulletin 380), ainsi que la nécrologie de Sutton faite par Louis Mazetier (Bulletin 529).
Nous avons beaucoup de disques de Ralph Sutton.
Celui-ci est certainement un des meilleurs. L’enregistrement est transparent,
mais la batterie aurait gagné à plus de niveau, la balance de votre amplificateur
pourra y remédier.
Daniel Janissier