PRIX du DISQUE du HOT CLUB de FRANCE
PRIX ARCHIVES DE JAZZ 2005
Série des 9 CD ART TATUM "Live"
Storyville DK 018331 à 1018339
Chroniqué dans le Bulletin du HCF N° 550 (Février 2006) page 25/26
Storyville, dont
le travail au service du jazz est à souligner, est en train de publier une très
belle série de neuf CD — nous en sommes au 8e — concernant les enregistrements
publics de l’immense pianiste qu’est Art Tatum. La moitié environ de ces
enregistrements était parue en microsillons, sous de petites marques plus ou
moins confidentielles comme Aircheck, Shoestring, Standard, Alamac et j’en
passe. L’autre moitié est apparemment inédite, certaines .sessions n’étant même
pas répertoriées dans l’ouvrage qui fait autorité en la matière : « Art Tatum —
A guide to his recorded music » d’Arnold Laubich et Ray Spencer (Ed. Scarecrow
Press). C’est donc un complément inestimable aux enregistrements en studio
Decca —Brunswick, Verve, Capitol, etc., pour tous ceux qui se passionnent pour
The Greatest of Them Ail. Et ils sont nombreux!
Pour les autres, à
chacun de juger car on retrouve dans ces disques beaucoup de thèmes déjà
enregistrés plusieurs fois par Tatum. Ce n’est cependant jamais inintéressant, car Art improvisait beaucoup
d’une interprétation à l’autre et, à l’exception de quelques morceaux « figés »
comme Humoresque, les thèmes sont souvent renouvelés de fond en comble. Il y a
aussi un défaut qui peut gêner l’amateur non spécialisé, c’est qu’en général
plus on racle les fonds de tiroir, plus la qualité technique se dégrade mais
rassurez-vous, cela ne va jamais jusqu’à l’inaudible.
Pour ceux qui
hésiteraient à acheter la série complète, il y a quand même quelques petites
merveilles qui méritent le détour. C’est le cas des interprétations en trio — celui avec Tiny Grimes — contenues
dans les deux premiers volumes. Mais pour tous les mordus qui n’ont pu acquérir
les microsillons fantômes évoqués ci-dessus, cet ensemble est d’autant plus
intéressant.
La présentation de
chaque CD est très bien faite, les auteurs ayant eu la bonne idée non seulement
de s’adjoindre Arnold Laubich comme conseiller et coordinateur, mais aussi
d’utiliser sa numérotation discographique, ce qui évite toute confusion,
redite, doublon... etc. Pour
les inconditionnels du grand pianiste, dont je fais partie, voilà un travail de
« salubrité publique ».
Dominique Brigaud