THE
VICTORY GOSPEL SINGERS «NOBODY KNOWS»
(Ebony EGCD 2012)
Chronique publiée dans le Bulletin du HCF
N° 552
(Avril 2006) p.18
Testimony, Nobody knows, I’m so grateful, Jesus can work it out, God
will deliver, Jesus will, I know I’ve been changed, I love to praise him, The
Lord is blessing me, Happy with Jesus alone, The Saints, Keep your lamps, I’ll
fly away, Everything is gonna be allright, Take a trip / Trouble in my way /
Jesus he’ll fix it, Sanctuary.
Ce diable de Willy Leiser vient encore de débusquer un nouveau groupe enthousiasmant, The Victory Gospel Singers, inconnu en Europe où il doit venir en tournée en fin d’année ! Cette formation réunit quatre chanteuses et deux chanteurs dont Bryant Jones, le directeur qui utilise aussi piano et orgue. Selon les plages, interviennent parfois un autre organiste et un drummer. Ces interprétations proviennent de trois séances d’octobre et novembre 2005, excepté Happy with Jesus alone enregistré devant une congrégation par Jeanette Robinson-Jones chantant de façon recueillie avec une profonde émotion, accompagnée au piano par son fils Bryant Jones. Le groupe que l’on entend dans toutes les autres plages frappe immédiatement l’auditeur par son dynamisme peu commun et l’agréable variété d’un répertoire constamment swinguant et proposé dans un style original.
Quelques fois le directeur, Bryant Jones, installe le tempo pour l’interprétation, rapidement rejoint par le groupe dans lequel éclate la jubilation de chanter. Dans I’m so grateful, le vocal de Bryant débute calmement puis le chœur arrive en renfort et lui lance la réplique de manière très rythmique avec une ardeur croissante. Le groupe entre immédiatement en action dans I love to praise him pour répondre à Bryant Jones, il en est de même dans l’inusable The Saints, traduit là avec originalité sur une attrayante partie de piano (la fin est abrupte ainsi que dans certains autres morceaux). Le medley enchaînant Take a trip, Trouble in my way et Jesus he’ll fix it, suit un plan semblable, la tension monte insensiblement et le swing devient presque insupportable vers la fin (shuntée). Sanctuary aussi débute dans la sérénité et se conclut dans la véhémence. Dans le fameux Nobody knows, Bryant Jones débute seul au piano et chantant, peu après le chœur surgit puis, après l’entrée en tempo, le groupe lui donne la réplique avec de plus en plus d’énergie et d’insistance. La simple répétition des mots ‘Glory’ et ‘Hallelujah’ swingue de façon impitoyable puis la voix d’une chanteuse, Jeannie Lightfoot, se détache et se déchaîne portant la tension à son comble. Epoustouflant!
Le groupe compte aussi de remarquables solistes. Cette Jeannie Lightfoot se trouve aussi en vedette dans Jesus can work it out, spontanément en action elle manifeste une impétuosité qui ne cesse de grandir jusqu’à vous couper le souffle. Dans The Lord is blessing et I‘11 fly away elle prend également la direction avec une fougue et une autorité exceptionnelles. Shana Bradley au débit syncopé avec une flamme et un mordant qui font s’élever la température de manière irrésistible avec ses partenaires à l’unisson dans Testimony. Elle émerge momentanément dans Keep your lamps, chanté a cappella.
Tommy Stewart est le leader de God will deliver, en tempo moyen avec soutien dense et obsédant du groupe, et de Everything is gonna be allright, en tempo vif qui petit à petit va se terminer en ouragan. Deux plages sont chantées par le chœur faisant bloc : Jesus will au feeling frémissant et I know I’ve been changed, a cappella accompagné par une batterie discrète.
Un album constamment exceptionnel ! (André Vasset)