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DAVID HERMLIN TRIO “Swingin' the town”
AHEAD AH 853.2
We're swinging the town, Loch Lomond, Chicago, Shine, Tin roof blues, Handful of keys, Blue skies, Tiger rag, St. Louis blues, Stardust.
On parle beaucoup, depuis quelque temps, de ce trio berlinois, programmé cette année dans plusieurs festivals hexagonaux, et non des moindres, puisque Saint-Flour en Jazz 2025 en a même fait sa tête d'affiche !
L'instrumentation est la même que celle des Rag Messengers : piano, clarinette, batterie, mais pour un résultat bien différent : dans ce trio-là, le personnage central n'est pas le pianiste, mais le batteur, David Hermlin himself. Chez lui, tout repose sur la mise en place d'une pulsation solide et dynamique, proche de celle des grands batteurs de la Nouvelle-Orléans. Sur ces fondations-là, on peut se construire un style et envoyer tout ce qu'on veut. Sidney Catlett ne fonctionnait pas autrement, et David Hermlin ne s'en prive pas, sans effets inutiles et sans interventions intempestives dans les pattes des solistes.
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Lire la suite de cette chronique de Laurent VERDEAUX dans La Revue du Jazz N° 720
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ANDRÉ VILLÉGER “BENNY’S KEYS”
Camille Productions -MS032024CD
Along came Betty, Are you real, Benny’s changes, Killer Joe, Hassan’s dream, I’m lost, Out of the past, Touch me lightly, Park avenue petite, Domingo, I remember Clifford, Horizon ahead, Whisper not, My blues house.
Benny’s Keys est un bel hommage rendu par le réputé saxophoniste, compositeur et arrangeur français André Villéger au célèbre ténor américain Benny Golson. Pour mémoire, ce dernier est décédé à New York le 21 septembre dernier à l’âge de quatre-vingt-quinze ans, soit quelques mois après l’achèvement du présent CD. En effet, l’album a été enregistré, en studio, à Meudon (Hauts de Seine) les 17 et 18 juin 2024. Le talentueux saxo est ici entouré par l’éclectique pianiste natif de Pointe-A-Pitre (Guadeloupe) Alain Jean-Marie, ainsi que par le bassiste expérimenté Thomas Bramerie (plusieurs séjours à New York à partir de la fin des années 1990) et le batteur Antoine Paganotti, né en 1977 et qui se produit avec de nombreux groupes. Treize des quatorze titres ont été écrits par Golson et la plupart furent et demeurent aujourd’hui encore des standards.
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Lire la suite de cette chronique de Michel LALANNE dans La Revue du Jazz N° 721
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HARRY ALLEN, ROSSANO SPORTIELLO, BRYAN CARTER “IT TAKES 3”
Night is alive productions 0014
Runnin’ wild, It’s sunny in cape code, I can’t get started, Exactly like you, It seems I heard that song before, Each and every yesterday, It’s you or no one, Kathy’s blues, Unforgettable, You’re my everything.
En conclusion de la chronique de l’album French lullaby (Bulletin 720, p.12) nous avions espéré qu’Harry Allen nous offrirait prochainement un recueil convenablement masterisé avec des partenaires de qualité. En toute franchise, nos voeux ont été exaucés, peut-être au-delà de nos espérances. En effet, cet excellent CD enregistré en 2023 comblera les admirateurs du grand saxophoniste. Harry est secondé par le réputé pianiste italien Rossano Sportiello, qui officie ici plus en tant que partenaire soliste qu’en simple accompagnateur. Enfin, le troisième membre de ce trio n’est autre que le surprenant batteur-chanteur Bryan Carter. Ce dernier a acquis une certaine célébrité comme chanteur soul en reprenant sous le titre I believe l’émouvant I I believe to my soul de Ray Charles. Quatre titres méritent particulièrement les éloges et c’est le cas de Runnin’ wild. Ce thème, en tempo rapide, se conclut par une gradation réjouissante, des changements de tonalité et une fin brusque. Allen se montre volubile, audacieux dans ses développements, Sportiello apporte beaucoup par son jeu de main gauche puissant et le batteur stimule parfaitement ses partenaires. Kathy’s blues d’Arnett Cobb est formidablement swingué par le trio, le jeu d’Harry est robuste, avec un growl prononcé. C’est étonnant de l’entendre jouer de cette façon. Il sort de sa zone de confort et soulève l’enthousiasme. It’s you or no one, en tempo moyen, bénéficie d’une rythmique adéquate qui permet aux solistes de laisser libre cours à leur inspiration. La complicité entre les musiciens séduit l’auditeur et le swing d’ensemble s’en ressent. Enfin, Each and every yesterday est une mélodie d’une grande richesse composée par Allen, mais que dire de la façon dont il l’interprète avec un feeling extraordinaire, non sans rappeler son mentor Scott Hamilton. Rossano improvise également un solo d’une grande musicalité.
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Lire la suite de cette chronique de Raphaël AUBIN dans La Revue du Jazz N° 724
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THE RAG MESSENGERS “GRAND BOUBOUSSE”
TRM03 Autoproduction
Grand Boubousse, Snowy morning blues, Le requiem de Norak, Pastel, Miranda, Harlem strut, Mary’s waltz, Joshua fit the battle of Jericho, Russian rag, Ça pleut à Montpel, Winin’ boy blues, Here comes the band, Passport to paradise.
Auguste Caron, un pianiste fort doué et un musicien fort sympathique, a fait parvenir au siège du Hot Club de Limoges et à sa radio, Swing FM, le dernier CD des Rag Messengers. Cet opus s’intitule Grand Boubousse, un titre du clarinettiste Omer Simeon, ce qui veut dire gueuleton en créole. À consommer, donc, et autant qu’on le veut. Il y a des titres du répertoire et des compositions de nos trois héros, avec toujours une recherche d’originalité. Le disque commence justement avec Grand Boubousse, une interprétation très bien introduite par Ophélie Luminati qui maîtrise parfaitement le drumming façon new orleans. Bien sûr, la clarinette d’Ezequiel Celada est aussi mise en valeur et ce musicien possède une belle sonorité, bien louisianaise, qui rappelle Albert Nicholas ou, plus encore, Barney Bigard. Auguste Caron (p) complète parfaitement le trio.
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Lire la suite de cette chronique d'Alain CHARBONNIER dans La Revue du Jazz N° 723
185
JOHN PRIMER “GROWN IN MISSISSIPI”
Blues house productions BHP JP 2025
John’s blues holler, Born in Mississipi, Blues before sunrise, Clown in the bottom, Walkin’blues, Nothin’but a chicken wing, A better day, When I met the blues, Baby please don’t go, Let me be your electrician, Shame shame shame, Lay my burdens down, Ain’t kickin’up no dust, John’s crawdad song.
Bien qu’ayant enregistré de nombreux albums en tant que leader ou en tant qu’accompagnateur, le chanteur guitariste John Primer reste relativement peu connu des amateurs de jazz. En naviguant sur son site Internet : www. hot-club.asso.fr/ liens sélectionnés/chanteurs guitaristes, on découvre qu’il apparaît dans quatre-vingt- quinze enregistrements. Il convient de reconnaître que le nombre de chroniques de disques le concernant dans le Bulletin du Hot Club de France n’est pas très conséquent et cela a bien entendu eu une incidence sur sa relative absence de notoriété. Toutefois, André Vasset avait loué l’authenticité et l’expressivité de ce superbe bluesman lors de la parution du CD Blues on solid grown (Bulletin 620, p. 20). Enregistré en 2024, le présent recueil devrait séduire un plus large public du fait du caractère plus éclectique du style des interprétations. Bien que prépondérant, le blues rural côtoie ici le blues citadin et même le gospel (Lay my burdens down). Primer a souhaité faire participer à cet album des artistes qu’il affectionne notamment des harmonicistes et cela s’avère être une excellente initiative.
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Lire la suite de cette chronique de Raphaël AUBIN dans La Revue du Jazz N° 721
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JAMES P. JOHNSON “WORLD BROADCAST RECORDINGS” featuring unissued tracks 1944
Solo Art 596861
I've got a feeling I'm falling, My fate is in your hands (2 prises), Ain't misbehavin' (2), Blue turning grey over you (2), I'm gonna sit right down and write myself a letter (2), Keepin' out of mischief now, Squeeze me (2), Honeysuckle rose (2), I've got a feeling I'm falling (2), Honeysuckle rose (2), Keepin' out of mischief now (2), My fate is in your hands (2), Blue turning grey over you (2), Squeeze me (2), I'm gonna sit right down and write myself a letter (2), Ain't misbehavin' (2), Snow Morning Blues, Carolina Shout, Keep Off The Grass, Old Fashioned Love, If I Could Be With You, Porter's Love Song To A Chamber Maid, Riffs, Carolina Shout (alt), Old Fashioned Love (alt).
Dans les années 1970, quand j’ai découvert le jazz, un de mes albums de chevet était le Fats and me, mon premier disque de James P. Johnson. Je l’ai usé jusqu’à la corde en l’écoutant sans cesse, je le connais dans ses moindres détails et j’ai travaillé tous les morceaux qu’il contient. Il m’a énormément apporté. Voici que surgissent aujourd’hui comme par magie une floppée d’inédits, et quels inédits : des prises complètes d’une richesse exceptionnelle, bien enregistrées, d’un James P. au sommet de son art. Un vrai choc ! Les enregistrements regroupés ici sont issus de six séances allant d’avril à septembre 1944 pour World Broadcasting Systems et ce sont des prises alternatives non éditées à l’époque (sauf une). Les versions connues apparurent en 78 tours Decca puis furent rééditées en France sur le LP MCA dont je parlais plus haut (morceaux avec batterie). Les solos sans batteur ne furent pas édités en 78 tours et apparurent plus tard en LP Swaggie dans les années 1970. Chaque séance comporte quatre titres, les deux premières sont consacrées à des compositions de Fats Waller – sauf I’m gonna sit right down – et jouées en solo par Johnson. Pour les troisième et quatrième séances, James P. reprend les mêmes morceaux mais avec Eddie Dougherty à la batterie. Dans les deux dernières séances, Dougherty est toujours là et James P. a sélectionné huit de ses propres compositions. À noter que la version de I’m gonna sit right down avec batteur présentée ici n’est pas un alternate, mais correspond à la version connue. J’en ai terminé avec les détails discographiques.
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Lire la suite de cette chronique de Louis MAZETIER dans La Revue du Jazz N° 719
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ELLA FITZGERALD “THE MOMENT OF TRUTH - ELLA AT THE COLISEUM”
Verve Records - 6024756664192
The moment of truth, Don’t be that way, You’ve changed, Let’s do it (Let’s fall in love), Bye bye blackbird, Alfie, In a mellow tone, Music to watch girls by, Mack the knife.
Oubliés depuis longtemps mais découverts il y a peu dans les archives de Norman Granz (1918-Los Angeles/2001-Genève), le très influent impresario, producteur, créateur des tournées du J.A.T.P et fondateur des labels Verve en 1956 et Pablo en 1972 (en hommage à son ami Picasso), ces neuf titres d’Ella Fitzgerald datent donc de près de soixante ans. Il s’agit d’extraits d’un concert que la chanteuse avait donné le 30 juin 1967 au Coliseum Arena de Oakland (Californie). Pour l’occasion, elle était accompagnée par l’orchestre de Duke Ellington, mais sans le Duke (!), remplacé par le pianiste Jimmy Jones (arrangeur et admirateur du Duke) avec Bob Cranshaw à la basse et Sam Woodyard à la batterie. Énergique entrée en matière avec le titre éponyme The moment of truth et les baguettes de Sam Woodyard avant qu’Ella ne s’approprie, avec une belle conviction, ce joli thème popularisé par Tony Bennett. Pas de doute, en seulement trois petites minutes, on devine que le concert va être superbe. Et il le sera.
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Lire la suite de cette chronique de Michel LALANNE dans La Revue du Jazz N° 722
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JOHNNY LETMAN Quartet and Quintet “The four faces of Johnny”
Fresh Sound Records FSR –CD 992
Mabel’s dream, Tina, This time the drinks’ on me, The room upstairs, Moanin’ low, Violets & violins, Say si si, Sittin’alone countin’my tears, Get out of my sight, The four faces of Johnny, Tasty, Goodnight Irene, Oh, how I miss you tonight.
Sous le titre : Un grand trompette : Johnny Letman, Hugues Panassié – dans le numéro 102, de novembre 1960, du Bulletin du Hcf – révéla aux amateurs l’existence d’un trompettiste méconnu, Johnny Letman. Je vous invite à relire cet article de deux pages, parfaite introduction à l’appréciation du sensationnel CD que nous chroniquons aujourd’hui, paru voici deux ans environ (raison de plus pour vous hâter de l’acquérir). Relevons d’autres passages, où Hugues Panassié analyse le jeu de ce "trompette de grande classe" : Ce qui frappe dès qu’on entend Johnny Letman, c’est sa puissance et sa flamme extraordinaires(…) Il est très Armstrong en cela et il l’est aussi par la structure d’une bonne partie de ses phrases, à tel point qu’il se rapproche parfois des trompettes Nouvelle- Orléans(…) Le trompette dont il se rapproche le plus dans le blues, c’est Lips Page(…) Aussi Johnny Letman compte-t-il parmi les meilleurs trompettes pour jouer le blues(…) Dans (certains) morceaux, ceux en tempo vif surtout, l’influence de Roy Eldridge devient parfois très sensible sur le jeu de Johnny Letman. Celui-ci emploie non seulement certaines tournures de Roy mais aussi son style explosif d’arrachage dans l’aigu. Toutefois sa ligne mélodique reste plus sobre, (son) jeu utilisant plus abondamment les notes tenues(…). Notons en outre qu’il chante fort agréablement et qu’il se montre habile compositeur. Né le 6 septembre 1917, en Caroline du Sud, Johnny Letman déménagea à Chicago au début des années 1930, avant de s’installer à New-York en 1944. Il fut membre d’orchestres dirigés par Nat King Cole, Horace Henderson, Claude Hopkins, le pianiste Phil Moore, Lucky Millinder, Cab Calloway, Milt Buckner et Count Basie. Tout au long des années 1950 et 1960, il travailla beaucoup comme musicien de studio ainsi que dans des spectacles de Broadway. Le présent recueil revêt une particulière importance car on y trouve réunis des morceaux qui comptent parmi les tout meilleurs gravés sous son nom par Johnny Letman, en 1959 et 1960. Celui-ci n’a retrouvé une autre chance d’enregistrer sous son nom qu’une dizaine d’années plus tard, pour Black and Blue, et il ne nous a malheureusement laissé, au total, que peu de témoignages enregistrés, alors que les compagnies auraient dû s’arracher un musicien aussi expressif, aussi incroyablement doué.
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LE MONDE DE LA TROMPETTE EN FRANCE “MEMORIES OF YOU” Michel Laplace
Éditions Maia
www.editions-maia.com
Sorte de Pic de La Mirandole en la matière, correspondant de multiples revues, dont l'indispensable Gazette des Cuivres, Michel Laplace nous avait déjà gratifié de deux monumentaux CD-ROM consacrés aux cuivres en général et à la trompette en particulier, documents allant des procédés de fabrication aux techniques instrumentales en passant par les critères de choix des embouchures et les accessoires de toutes espèces, tout cela autour d'un gigantesque dictionnaire commenté et illustré regroupant des milliers d'artistes1. Ce faisant, l'auteur avait eu le bon esprit de considérer que cette pièce principale de son travail consistait en un "album de famille", y inscrivant côte-à-côte baroqueux, classiques, variétistes et jazzmen, refusant tout saucissonnage d'étiquettes et toute hiérarchie entre ces différentes formes de l'art musical. Cette façon de voir, rarissime (voire unique) dans un monde musicologique rempli de petits prés carrés aux clôtures acérées, rejoint avec bonheur le concept d'une célèbre émission de télévision des années soixante-dix où avaient confraternisé Maurice André et Dizzy Gillespie - comme d'ailleurs aussi Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli. Michel Laplace vient d'ajouter un troisième opus à cette somme, sous le titre Memories of you, qu'il n'a pas choisi par hasard : il considère qu'il s'agit là à la fois d'un devoir de mémoire et des souvenirs de toute une population. La publication en est faite sous la double forme d'un livre de 242 pages comportant une imposante iconographie (qui devrait faire dans un second temps l'objet d'un e-book), et d'un fichier PDF de plus de quatre cents pages, version amplifiée du précédent (cette "version longue" sera disponible à la fin de l'année 2025). Memories of you représente le résultat d'une vie entière consacrée à la fréquentation d'innombrables musiciens, au dépouillement d'une montagne de documents,
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Lire la suite de cette chronique de Laurent VERDEAUX dans La Revue du Jazz N° 722
GRAND PRIX

DAVID HERMLIN TRIO - "Swingin' the town"
David Hermlin (chant et batterie) - Sascha Kommer (piano)
Lorenzo Baldasso (clarinette) - AHEAD AH 853.2
Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 720
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PRIX SPÉCIAL DU JURY N° 1
"BENNY'S KEYS" - ANDRÉ VILLÉGER (saxophone ténor) Camille Productions MS032024CD Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 721
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PRIX SPÉCIAL DU JURY N° 2
"IT TAKES 3" HARRY ALLEN (saxophone ténor) Rossano Sportiello (piano) - Bryant Carter (batterie) |
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PRIX DÉCOUVERTE
THE RAG MESSENGERS - "Grand boubousse" Auguste Caron (piano) - Ézéquiel Célada (clarinette) - Ophélie Luminati (batterie) TRM03 auto production Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 723
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PRIX BLUES
JOHN PRIMER - "Grown in Mississippi" Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 721 |
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PRIX RÉÉDITION
JAMES P. JOHNSON - "World broadcast recordings" Featuring unissued tracks 1944 - SOLO ART 596861 Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 719
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PRIX INÉDIT
ELLA FITZGERALD - "The moment of truth" Verve Records - 6024756664192 Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 722
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PRIX REDÉCOUVERTE

JOHNNY LETMAN QUARTET & QUINTET
"The four faces of Johnny"
FRESH SOUND FSR - CD 992
Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 720
PRIX LIVRE

"MEMORIES OF YOU" par Michel Laplace
Mon monde de la trompette en France de Arban à Maurice André.
Éditions MAÏA
Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 722
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SNORRE KIRK - "TOP DOG"
STUNT RECORDS STUCD 22132
Working the night shift, Top dog, On late nights, Bring me home,
Showtime, Meditations in blue, Swing point, Easy roller, Yesteryear, Boogie rider.
Snorre Kirk ! Peut-être, tout comme moi, avez vous plus ou moins oublié ce nom ? C’est celui d’un batteur d’origine norvégienne qui a émigré au Danemark. À noter pourtant que notre regretté ami, Dominique Brigaud, avait attiré notre attention dans deux chroniques, plutôt élogieuses, dans les Bulletins 667 de 2018 et 678 de 2019. Il y vantait les qualités de ce batteur, attentif au jeu de ses partenaires et qui installe un drumming aussi serein qu’efficace. Ajoutons qu’il accompagne ses sidemen avec brio, souplesse et précision. De plus, last but not least, il s’avère être un compositeur de premier plan, on pourra en juger tout au long de ce disque car tous les thèmes portent sa signature. Et ils sont particulièrement riches et mélodieux, entre autres : Working the night shift, On late nights, Bring me home, Meditations in blue. Cette formation est d’une homogénéité rare, très certainement le fait d’une longue collaboration entre ces musiciens, tous d’origine danoise, hormis le batteur : Michael Blicher saxo ténor et saxo alto, Magnus Hjorth piano, Mads Kjolby guitare et Anders Fjelsted à la basse. S’est joint à eux, en guest, le saxo ténor américain Stephen Riley. Ce dernier est vraiment une découverte car, s’il est bien connu dans son pays, il l’est fort peu en Europe.
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Lire la suite de cette chronique de Christian SABOURET dans La Revue du Jazz N° 715
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ART TATUM “JEWELS IN THE TREASURE BOX”
The 1953 Chicago Blue Note Jazz Club Recordings
Resonance Records HCD 2064
CD 1 - Recorded Live at the Blue Note Jazz Club in Chicago, IL August 16, 1953) Night and day, Where or when, On the sunny side of the street, Don't blame me, Soft winds, These foolish things, Flying home, Memories of you , What does it take, Tenderly, Crazy rhythm, The man I love, Tea for two.
CD 2 - I cover the waterfront, Body and soul, Laura, Humoresque, Begin the beguine, There will never be another you/September song, (Recorded Live at the Blue Note Jazz Club in Chicago, IL August 21, 1953) Just one of those things, Wrap your troubles in dreams, St. Louis blues, After you've gone, Someone to watch over me, Elegy.
CD 3 (Recorded Live at the Blue Note Jazz Club in Chicago, IL August 21, 1953) Sweet Lorraine, (Recorded Live at the Blue Note Jazz Club in Chicago, IL August 28, 1953) Indiana, Tabu, Judy, Lover, Dark eyes, Stompin' at the Savoy, If, Out of nowhere, Would you like to take a walk, Stardust, Air mail special, I've got the world on a string, The Kerry dance.
Presque soixante-dix ans après la mort d’Art Tatum vient d’être exhumée une impressionnante série d’inédits live en trio de 1953. Storyville nous avait gratifiés dans le passé d’une fabuleuse collection de neuf CDs d’enregistrements pour la plupart inédits, ces trois CDs viennent compléter fort à propos ce travail. Le livret nous explique précisément les circonstances de cette exceptionnelle découverte, je n’en dis que quelques mots. Frank Holzfeind, le patron du club Blue Note de Chicago, avait l’habitude d’enregistrer les artistes qui passaient chez lui. Les bandes du Tatum Trio ont été retrouvées par ses enfants dans une boîte et confiées à Zev Feldman qui s’est occupé – en collaboration avec la Art Tatum Estate – de produire ces disques. Les enregistrements proviennent de trois concerts datant des 16 août, 21 août et 28 août 1953. Il s’agit du deuxième trio de Tatum, créé en 1951. Un premier trio avait existé en 1943 et 1944 avec Tiny Grimes à la guitare et Slam Stewart à la basse, Everett Barksdale remplaçait Grimes dans le second qui dura jusqu’à la disparition de Tatum en 1956. Ce deuxième trio ne fit qu’une séance officielle en 1952 pour Capitol qui comportait huit morceaux, mais il fut très souvent enregistré en live.
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Lire la suite de cette chronique de Louis MAZETIER dans La Revue du Jazz N° 718
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RHODA SCOTT – “LIVE IN EAUBONE/ FLY ME TO THE MOON”
Black and Blue 1096 2
Fly me to the moon, Hippest cat in Hollywood, I got my mojo working, Angel eyes, Chitlins con carne, This masquerade, One mint julep, Life is just a bowl, Impressions, Stormy weather, Watch what happens, Lil’ darlin’.
Ces interprétations ont été prises sur le vif lors d’un récent concert de la grande organiste, le 7 mai 2024. Elle est accompagnée par le guitariste Nicolas Peslier et le batteur Thomas Derouineau. À la différence de nombreux organistes illustres, Rhoda Scott a rarement enregistré des albums en trio dans la configuration suivante : orgue, guitare, batterie. Compte tenu de ce contexte spécifique, le guitariste s’exprime en tant que partenaire-soliste plutôt qu’en simple accompagnateur, ce qui confère à ce CD un aspect original.
Rhoda, âgée aujourd’hui de quatre-vingt six ans, a un peu perdu de sa virtuosité instrumentale et son jeu apparaît moins volcanique qu’autrefois. Cependant, elle reste brillante, touchante, sobre, jazz, évitant soigneusement les traits de vélocité excessive qui pourraient rendre son discours moins lisible. Quant à Nicolas Peslier il a davantage été influencé par des guitaristes qui se sont révélés dans les années 1950 ou 1960 plutôt que par Django Reinhardt ou Charlie Christian. Le répertoire proposé durant ce concert laisse à penser que les musiciens ont cherché à rendre hommage à des jazzmen célèbres qui ont eu, à des titres divers, une influence sur leur évolution artistique. En tout cas, que cette démarche soit volontaire 30 • novembre-décembre 2024 — N° 717 - La revue du jazz ou non, les reprises de morceaux connus sont incontestablement réussies. Ainsi, Fly me to the moon offre quelques similitudes avec les versions remarquables de Joey DeFrancesco dont celle du CD Goodfellas (Bulletin 487, p. 22). L’exposé du thème est concis et discret, les chorus de guitare dans un style Burrell/Montgomery génèrent une gradation réjouissante et la fin est originale. I got my mojo working s’inspire de la célèbre version de Jimmy Smith (Le vinyle du même nom contenant ce blues a d’ailleurs été primé par le Hot Club de France en 1965).
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Lire la suite de cette chronique de Raphaël AUBIN dans La Revue du Jazz N° 717
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3 FOR SWING invite HEATHER STEWART & NICOLAS MONTIER
“LIVE IN LA GARENNE”
He ain't got rhythm, April in Paris, Three little words, Little white lies, That ain't right, Nature boy, Come rain or come shine, No moon at all, Let's call the whole thing off, Me, myself and I, Where or when, Lover come back to me, What a little moonlight can do, The very thought of you, Them their eyes
C'est un petit évènement bien sympathique et un merveilleux souvenir que la sortie de ce nouveau CD signé 3 For Swing. Cela rappelle aussi une histoire à rebondissements remontant à la crise de la Covid. Ce talentueux trio, formé du pianiste Jacques Schneck, du guitariste Christophe Davot et du contrebassiste Laurent Vanhée avait décidé d'organiser une tournée avec la chanteuse américaine Rebecca Kilgore et le saxophoniste ténor, Nicolas Montier. Hélas, une pandémie imprévue a bouleversé la marche du monde et la vie musicale en particulier… Passée cette crise sanitaire, tout pouvait reprendre et les concerts prévus être reprogrammés. Le Hot Club de Limoges a donc remis en place ses saisons de concerts et sollicité à nouveau 3 For Swing.
Donc, tout est bien qui finit bien, sauf que Rebecca préférait rester dans son Oregon plutôt que d'entreprendre un long périple vers la France et l'Europe… le trio, pas pris au dépourvu, recruta une nouvelle chanteuse qu'il voulait faire découvrir au public attaché au jazz qui swingue. Son regard s'est tourné vers les antipodes pour s'adjoindre une Australienne, Heather Stewart, mais je dois à la vérité historique de dire qu'Heather réside, comme bien d'autres, tout bonnement… à Paris. La tournée a donc eu lieu au printemps 2022.
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Lire la suite de cette chronique d'Alain CHARBONNIER dans le Bulletin du HCF N° 713
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JONTAVIOUS WILLIS "WEST GEORGIA BLUES"
Strolling Bones
SB40 CD
West Georgia blues, Charlie Brown blues, Broken hearted moan, Keep your worries on the dance floor, Rough time blues, Lula Mae, Ghost woman, Who’s gonna hear it ?, A lift is all I need, Too close to the finishing line, Earthworm basement blues, Squirrlin’ mama, Time brings about a change, Lost ball, Jontavious’ West Georgia grind.
Nous vous avions présenté ce jeune chanteur guitariste de blues dans le Bulletin 702, p.23. Nous avions signalé l’excellente qualité d’une vidéo postée sur Youtube, tout en insistant sur le peu d’émotion positive ressentie à l’écoute de ses deux premiers recueils. Bonne surprise ! le présent album enregistré en 2024 contient des interprétations de grande classe. Jontavious a été influencé par Robert Johnson, Muddy Waters et également par le gospel. Comme il l’explique, en chantant et en jouant le blues "rural", Willis rentre en relation intime avec ceux qui l’ont précédé, et les présente à son public, à son auditoire. C’est une connexion spirituelle. Ce musicien s’inspire profondément de ses racines, du blues originel et authentique tout en cherchant à le renouveler en intégrant dans ses textes les problématiques et les défis d’aujourd’hui. West Georgia blues est chanté a capella en duo avec Lloyd Buchanan et cette interprétation, splendide, n’est pas sans rappeler Why don’t you live so God can use you ? du duo Corey Harris/Henry Butler (Bulletin 499, p. 17). Jontavious souligne ici l’importance de son héritage familial et de sa région natale dans son cheminement artistique.
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Lire la suite de cette chronique de Raphaël AUBIN dans La Revue du Jazz N° 718
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DUKE AT HIS VERY BEST, The Jimmy Blanton - Billy Strayhorn – Ben Webster sessions,
LEGENDARY WORKS (1940 – 1942
Frémeaux & Associés FA 5869
CD1 - Jack the bear, Ko-ko, Morning glory, Conga brava, Concerto for Cootie, Cotton tail, Never no lament, Dusk, Bojangles (A portrait of Bill Robinson), A portrait of Bert Williams, Blue goose, Harlem air-shaft, All too soon, Rumpus In Richmond, Sepia panorama, In a mellotone, Warm valley, Across the track blues, Chloë (Song of the swamp), The sidewalks of New York, Take the ‘A’ train, Blue Serge, Jumpin’ punkins
CD2 - John Hardy’s wife, After all, Are you sticking ?, Just asettin’ and a-rockin’, The giddybug gallop, Chocolate shake, I got it bad (And that ain’t good), Clementine, Jump for joy, Five o’clock drag, Rocks in my bed, Bli-blip, Chelsea bridge, Raincheck, I don’t know what kind of blues I got, Perdido, C jam blues, Moon mist, What am I here for ?, I don’t mind, Someone, Main stem, Johnny come lately, Sentimental lady.
CD3 - You, you darlin’, So far, So good, Me and you, At a dixie roadside diner, My greatest mistake, There shall be no night, Five o’clock whistle, The flaming sword, I never felt this way before, Flamingo, The girl in my dreams (Tries to look like you), Bakiff, The brown-skin gal (In the calico gown), Moon over Cuba, What good would it do ?, My Little brown book, Hayfoot strawfoot, A slip of the lip (Can sink a ship), Sherman shuffle, Pitter panther patter, Body and soul, Sophisticated lady, Mr J.B. blues
CD4 - Good queen bess, Day dream, That’s the blues, Old man, Junior hop, Without a song, My sunday gal, Mobile bay, Linger awhile, Charlie the chulo, Lament for javanette, A lull at dawn, Ready Eddy, Some saturday, Subtle slough, Menelik (The lion of judah), Poor bubber, Squaty roo, Passion flower, Things ain’t what they used to be, Goin’ out the back way, Brown suede, Noir bleu, ‘C’ blues, June.
Le nécessaire éditeur Frémeaux & Associés vient de sortir un coffret de quatre CD intitulé fort justement Duke at his very best. Il s'agit de rendre compte de l’œuvre de Duke Ellington à sa meilleure période, le début des années 1940. D'ailleurs, dans le livret (page 2), nous pouvons lire un commentaire succinct du Duke mais, ô combien juste : "En 1940, nous tenions la grande forme". Nous trouvons donc des enregistrements majeurs de l'orchestre ainsi que des petites formations ellingtoniennes, sous la direction de Johnny Hodges, de Rex Stewart et de Barney Bigard… que du beau jazz en perspective ! cela s'étend du 6 mars 1940 au 28 juillet 1942. L'organisation même du coffret se compose des grands succès de Duke, de Jack the bear à Sentimental lady (CD 1 & 2). Dans le CD n°3, il y a beaucoup de vocaux avec le doucereux Herb Jeffries (huit titres) dont on se passerait volontiers malgré l'orchestration de Duke ou de Billy Strayhorn, tel The girl in my dreams tries to look like you. Mais il y a l'excellente Ivie Anderson (cinq titres), la meilleure chanteuse de l'orchestre, sans conteste. Du big band aux petites formations, nous bénéficions toujours de la rythmique ducale, avec l'élégant Duke au piano, le discret Fred Guy à la guitare, le fantastique Jimmy Blanton à la contrebasse, et le trop sous-estimé Sonny Greer à la batterie. Le rêve, quoi ! et puis, il y a tous les grands solistes, Cootie Williams (tp), Tricky Sam Nanton (tb), Barney Bigard (cl), Johnny Hodges (as), Ben Webster (ts), Harry Carney (bar), et tant d'autres, bref, tout le gratin ellingtonien !
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SISTER ROSETTA THARPE “LIVE IN FRANCE”
SKU 5294779
The 1966 Concert in Limoges
This train, When my life work is ended, Didn't it rain, Moter's prayer, Up above my head, I hear music in the air, Moonshine, Sit down, Down by the riverside, When the saints go marching in, Joshua fought the battle of Jericho, Jesus met the woman at the well, Two little fishes, Five loaves of bread, Traveling shoes, Beams of heaven, That's all, Going home, Go ahead, Bring back those happy days, Give me that old time religion, If anybody above me, Nobody's fault but mine.
Une belle surprise est apparue au printemps 2024, la sortie d'un CD fantastique de Sister Rosetta Tharpe. La surprise est d'autant plus grande que ce disque, publié par une compagnie anglaise, Deep Digs, un nouveau label du producteur Zev Feldman, vous offre le concert donné à Limoges par notre Sister le 8 novembre 1966 (selon les archives du Hot Club de Limoges) ; le livret donne d'abord la date erronée du 11 novembre mais Jean Buzelin confirme la date du 8 en page 12. Ce producteur a trouvé trace du concert en compulsant les archives de l'INA en 2017. Le Sister Rosetta Tharpe estate fait partie du projet. Au Hot Club de Limoges, cela a donné lieu à beaucoup de conjectures. Comment cette bande-son s'est-elle trouvée outre-Manche ? D'autant que ce concert se trouve archivé tel quel au siège puisque Jacques Basmoreau en avait effectué un enregistrement. Mais, à l'époque, France 3 enregistrait officiellement les concerts du Hot Club et elle a, sans doute, remis la bande à l'INA qui l'a donnée, ou plutôt vendue, à cette entreprise britannique. Fin de l'enquête, profitons de la musique. Cela s'est passé sur la scène du Grand Théâtre de Limoges.
Sister Rosetta Tharpe était déjà venue à Limoges le 10 février 1958. Dans les années 1960, elle est toujours en pleine possession de son talent, effectuant de nombreuses tournées, dont Antibes, en 1960 ou avec Muddy Waters à Manchester en 1964, enregistrant parallèlement plus de dix LP dont un Live in Paris avant celui qui nous occupe ici. Sa venue à Limoges, en novembre 1966, n'avait donc rien d'extraordinaire mais cela a été une grande joie pour les amateurs de jazz, de blues et de gospel locaux ; ils en gardent tous un souvenir ému et plein d'admiration. Entre parenthèses, on aurait aimé que le Hot Club de Limoges et Jean-Marie Masse, l'organisateur de ce concert mémorable, soient mieux mis en valeur dans le booklet (seules quelques lignes page 10 mentionnent ce fait).
Mais passons à la musique qui éclate d'autant mieux que Rosetta est seule en scène et qu'elle est face à un public fort réactif ; ce public part comme un seul homme tapant dans les mains au début de Down by the riverside. On ne dira jamais assez combien le jazz en live s'exprime d'autant mieux.
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EMMET COHEN
“MASTER LEGACY SERIES VOL.5 / FEATURING HOUSTON PERSON”
Bandstands presents
TÉLÉCHARGEMENT
Why not, Isn’it romantic, If you could see me now, Just the way you are track 1, I let a song go out of my heart, All my tomorrows, Blues everywhere, Sunday kind of love, Just the way you are track 2.
Cet enregistrement, daté de 2023, qui aurait pu être exceptionnel, n’est que remarquable du fait de la performance quelque peu inégale d’Houston Person Houston, âgé aujourd’hui de quatre-vingt-neuf ans, nous avait encore éblouis par son excellent CD Reminiscing at Rudy’s (Bulletin 707, p.23).
Mais ici, on le sent, au début de l’album, en difficulté, crispé, et son jeu apparaît, par moments, plus agressif qu’incisif dans Why not. Heureusement, au fil des plages, le grand saxophoniste retrouve sa verve, son éloquence, son élégance. Emmet Cohen, lui, se montre sensationnel tout au long du recueil tant en solo qu’à l’accompagnement. Enfin, la section rythmique composée de Yasuhi Nakamura à la contrebasse et de Kyle Poole à la batterie soutient parfaitement les solistes. Lorsque Houston Person s’exprime avec son brio habituel, la musique proposée est tout simplement fantastique. Ainsi la ballade All my tomorrows est exposée par le saxophoniste et le pianiste, à pas de velours, avec un sens aigu de la mélodie, la section rythmique n’intervenant qu’à la fin du premier chorus. Suite au solo plein de charme d’Emmet, Houston réapparaît, toujours aussi émouvant, et l’interprétation se termine de façon grandiose. Changement d’ambiance avec le blues en tempo moyen/vif Blues everywhere qui n’est pas sans rappeler Reminiscing at Rudy’s du CD du même nom. Le saxophoniste charge sa sonorité d’un growl prononcé à la façon de Buddy Tate, il fait ainsi monter la tension, ce qui galvanise ses partenaires. Cohen nous gratifie d’un solo puissant dans un style actuel proche de ceux de Cyrus Chestnut, d’Éric Reed ou de Joe Alterman.
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LA NAISSANCE DE LA BATTERIE
Les origines de la batterie et les premiers batteurs de La Nouvelle- Orléans
DE GUILLAUME NOUAUX
Edité chez FRÉMEAUX & ASSOCIÉS (2024).
Tous les lecteurs de la Revue du Jazz (ex bulletin du HCF) et tous les amateurs européens de jazz qui ont eu la chance d’assister à un concert dans lequel jouait Guillaume Nouaux, baguettes ou balais en mains, ont pu apprécier sa technique parfaite, sa virtuosité et la richesse de son jeu de batterie. Mais ici, c’est le pédagogue, l’historien spécialiste passionné qui nous présente dans ce livre de quatre cents pages, cette bible de la batterie, le résultat de trente années de recherches documentaires et de rencontres, avec de nombreux séjours dans le berceau de naissance de cet instrument, La Nouvelle-Orléans.
Augustin Bondoux et Patrick Frémeaux, des éditeurs dont la rigueur du choix des auteurs publiés et leur intérêt pour le jazz ne sont plus à démontrer, précisent : « Il établit ici une typologie claire et précise des éléments historiques, culturels, techniques et contextuels qui ont permis l’émergence de cet instrument. Il revient également sur les pionniers, les premiers grands maîtres et les figures incontournables qui ont façonné et stylisé la batterie ».
Dans une série d’avant-propos, Guillaume nous présente sa passion, née dès l’enfance, pour le jazz et la batterie, ses choix de recherches et les difficultés rencontrées, la structure de son ouvrage et la satisfaction du devoir accompli.
« Entreprendre de telles recherches représente un défi majeur, car nous ne disposons souvent que de très peu d’informations sur ces pionniers de la batterie ayant marqué la vie musicale de La Nouvelle-Orléans au début du XXe siècle ».
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THREE BLIND MICE "A THING IN YOUR LIFE"
Autoproduction
Contact : www.malomazurie.com
That’s a plenty, The song is ended, In the mood, Black and tan fantasy, Do something, The pearls, Mis’ry and the blues, Jazz me blues, I believe in miracles, Raggin’ the scale, Please don’t talk about me when I’m gone, Grande valse brillante, Flight of the foo birds, In a little waterfront Cafe.
Si, de nos jours, la pérennité des orchestres de jazz tient de la rareté, tel n’est pas le cas du combo des Three Blind Mice. Ces trois malicieuses souris viennent, en effet, de fêter le dixième anniversaire de leur collaboration. On y retrouve, bien entendu, la même formation, à savoir : Malo Mazurié trompette ou cornet, Félix Hunot guitare et Sébastien Girardot basse. S’inscrivant ainsi dans la durée, la cohésion de l’ensemble et la mise en place rigoureuse ont donc été rodées au fil du temps, et la sortie de leur cinquième album intitulé : A thing in your life en témoigne. Pour mémoire, le premier disque fut chroniqué dans le Bulletin N° 656 et un autre, dans le N°681.
La composition de cette formation : trompette/guitare/basse est quasiment unique. Cette originalité fait partie de leur charme grâce, bien sûr, aux ingrédients que sont : le dynamisme et le swing qui en sont les marqueurs. Ce combo n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui qui est très proche, musicalement parlant, il s’agit du fameux George Barnes quartet au sein duquel évoluait Ruby Braff. Venons-en au menu qui nous est proposé.
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JUDITH OWEN "COME ON AND GET IT "
Twanky records TWR00201
Blossom’s blues, Satchel mouth baby, The spinach song, Tess’s torch song, He’s a tramp, He’s a real gone guy, Big long slidin’ thing, Fine brown frame, Everything I’ve got belongs to you, Come on & get it honey, Nice girls don’t stay for breakfast, Why don’t you do right, Snatch it & grab it, Long John blues.
Bien que relativement peu connue en France, la chanteuse et pianiste britannique suscite de l’intérêt. Elle a bâti sa notoriété dans la musique pop avant de se réorienter, tardivement, vers le jazz, délaissant alors le piano pour se consacrer au chant, ce dont témoigne cet opus. C’est lors d’un voyage à La Nouvelle Orléans qu’elle l’a gravé avec des natifs chevronnés. L’orchestre de base est constitué d’un sextette avec pour protagonistes l’excellent pianiste David Torkanowsky et le cornettiste Kevin Louis que l’on a eu l’occasion de découvrir en son temps à JazzAscona avec les New Orleans Vipers. Ricardo Pascal est au saxo ténor, Lex Warshawsky à la basse, le guitariste, bien connu chez nous, est Dave Blenkhorn et Peter Secundo en est le batteur. Pour les faces en grand orchestre, s’y rajoutent sept musiciens dont Evan Christopher à la clarinette. La section rythmique est ronflante et participe à la réussite du CD.
David Torkanowsky s’avère un accompagnateur hors pair. Venons-en aux qualités de la chanteuse. Elle possède une voix chaude, charmeuse, bien posée, servie par une belle articulation. En ce qui concerne le répertoire, elle reprend avec bonheur les succès des chanteuses des fifties et sixties.
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HOT SWING SEXTET “BLACK MARKET STUFF”
Auto production
Contact : www.hotswingsextet.com
Benny’s bugle, When the quail come back to San Quentin, I may be wrong, Lackwood walk, Rose room, A smooth one, Effervescent blues, N.R.C. jump, Woke up clipped, 9 : 20 special, Summit ridge drive, Loose wig, Black market stuff, Saint Louis blues, Bunny.
En son temps, en Juin 2021 (cf. Bulletin N°697), nous avions découvert cette fameuse formation bordelaise. Leur CD, de haute tenue, avait d’ailleurs obtenu cette année-là le Grand Prix du Hot Club de France 2021. Depuis, leur renommée s’est affirmée, tant en France qu’à l’international, à preuve quelques-uns de leurs récents concerts : Italie, Allemagne, Suède, Pologne. Le présent opus est antérieur au précédent, puisque enregistré en 2018, mais la qualité de son contenu nous parait digne d’une chronique.
Cet orchestre est parfaitement rodé grâce à un personnel stable depuis sa création. Il est dirigé par le trompettiste Thibaud Bonté, avec pour sidemen : Bertrand Tessier, saxophone ténor et clarinette, Erwan Muller et Ludovic Langlade, guitare, Franck Richard basse et Jéricho Ballan à la batterie. Retour aux riches années de l’époque swing era avec un répertoire particulièrement choisi et revendiqué. Le credo de cette formation étant avant tout de faire danser, cela implique dynamisme et swing constants. Et, c’est patent. Pour débuter, deux compositions de Benny Goodman retiennent l’attention : Benny’s bugle, un up tempo syncopé, mais surtout un savoureux A smooth one, bien nommé, au riff insistant qui revient en ostinato.
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JULIA LEE “KING SIZE PAPA”
Acrobat ACTRCD9134
CD 1 : Down home syncopated blues, The merritt stomp, Ruff scufflin', St James infirmary, If I could be with you, Paseo strut, He's tall, Dark and handsome / Won't you come over to my house ?, Come on over, Dream Lucky blues, Gotta gimme what 'cha got, Lies, Julia's blues, When a woman loves a man, Oh Marie, On my way out, I'll get along somehow, Young girl's blues, Since I've been with You, A porter's love song.
CD 2 : (Opportunity knocks but once) Snatch and grab it, I was wrong, My sin, Doubtful blues, King size papa, When you're smiling, That's what I like, Crazy world, Wise guys, All I ever do is worry, Tell me, Daddy, (It will have to do) Until the real thing comes along, Charmaine, Christmas spirits, Cold hearted daddy, Living on the back street for you, I didn't like it the first time (The spinach song), Sit down and drink it over, The glory of love, Take it or leave it, Tonight's the night, After hours waltz, Oh, Chuckit (In a bickey), You ain't got it no more.
CD 3 : Draggin' my heart around, Blues for someone, Don't save it too long, Ain't it a crime ?, Decent woman blues, Do you want it, There goes my heart, Nobody knows you when you're down and out, My man stands out, Don't come too soon, Pagan love song, I'm forever blowing bubbles, Bleeding heart blues, It won't be long, Pipe dreams (Up on cloud nine), Ugly papa, I know it's wrong, Mama don't allow it, Breeze (Blow my baby back to me), Scream in the night, If you hadn't gone away, Out in the cold again, Goin' to chicago blues, Last call for alcohol.
La firme Acrobat a fait paraître en 2023 un copieux coffret de trois CD comportant soixante-douze titres de la chanteuse et pianiste de Kansas City, Julia Lee. Cette artiste est, de mon point de vue, trop confidentielle alors qu'elle chante et qu'elle joue avec beaucoup de feeling et de swing. Elle est presqu'ignorée des dictionnaires spécialisés et même Hugues Panassié la passe sous silence dans ses dictionnaires du jazz (éditions de 1958 et de 1971). Il faut aller dans celui édité par Robert Laffont, collection Bouquins pour la trouver. Le Bulletin n° 316 de mai 1984 avait chroniqué un LP de seize titres, et un coffret JSP de deux CD a été mis en vente en 2001. Les interprétations de cette artiste sont donc rares. Le présent coffret court de 1927 à 1952, en faisant pas mal d'entorses à la chronologie, mais qu'importe. Elle fut donc une provinciale patentée et c'est peut-être là que réside sa faible reconnaissance.
Julia Lee est née le 31 octobre 1902 à Boonville, petite ville de huit mille habitants. Elle est issue d'une famille de musiciens, est devenue professionnelle dès 1916 et a commencé à jouer dans l'orchestre de son frère, George E. Lee, en 1920. Elle a enregistré entre 1927 et 1957, à Kansas City et à Los Angeles. Elle a d'ailleurs commencé à graver des disques avec lui et on les retrouve ici, par exemple, avec son tout premier enregistrement, Down home syncopated, mais ce n'est pas terrible. Je vous conseille de profiter de Julia à partir de novembre 1944 ; elle enregistre alors avec Jay McShann, simplement comme chanteuse (Come on over to my home qui connaîtra un certain succès, mérité).
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GRAND PRIX

SNORRE KIRK - "TOP DOG"
STUNT RECORDS STUCD 22132
Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 715
PRIX SPÉCIAL DU JURY

ART TATUM - "JEWELS IN THE TREASURE BOX"
Resonances Records HDC-2064
Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 718
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PRIX PETITE FORMATION
RHODA SCOTT TRIO "LIVE IN EAUBONNE" Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 717
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PRIX JAZZ VOCAL
3 FOR SWING - "LIVE IN LA GARENNE" Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 713 |
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PRIX BLUES
JONTAVIOUS WILLIS - "West Georgia blues" Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 718
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PRIX RÉÉDITION
DUKE AT HIS VERY BEST Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 714 |
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PRIX GOSPEL - " Inédit "
SISTER ROSETTA THARPE - "Live in France" Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 717
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PRIX TÉLÉCHARGEMENT
EMMET COHEN - "Master legacy series Volume 5, Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 714 |
PRIX LIVRE

" LA NAISSANCE DE LA BATTERIE " par Guillaume Nouaux
Les origines de la batterie et les premiers batteurs à la Nouvelle-Orléans.
Éditions FRÉMEAUX & ASSOCIÉS
Chroniqué dans la Revue du Jazz n° 717
ACCESSITS
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THREE BLIND MICE |
JUDITH OWEN |
HOT SWING SEXTET |
JULIA LEE |
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Patrick Bacqueville a sorti un CD absolument remarquable contenant une musique pleinement swingante. ll s'est entoure d'excellents musiciens francais dont certains de la toute jeune génération. Ce disque a pour origine une croisière, de celles que concocte Jean-Pierre Vignola, et dans lesquelles le jazz est le passager le plus remarquable. On sait que dans ces croisières, il y a une foule de musiciens, et des bons, Bacos n'a pas eu trop de mal a trouver ses partenaires. Et il a eu la main heureuse avec Malo Mazurie (tp), Esaïe Cid (cl & as), Nicolas Peslier (g & bj), Cesar Pastre (p), Sebastien Girardot (b) et Guillaume Nouaux (d). Cet orchestre est parfaiternent soudé et donne l‘impression d'avoir joue ensemble depuis de nombreuses années alors qu'il n'est, comme le déclare le chef dans le livret, " qu'une petite formation, genre orchestre telephone ".
Les titres choisis sont très originaux, en ce sens que beaucoup sont peu connus, même si leurs compositeurs le sont ; c'est le cas pour Drummer's delight crée par Barney Bigard en 1938 ou Peckin' de Duke Ellington, qu‘il n'a jamais enregistré ; Johnny Hodges l'a fait, par contre, en 1937. D‘ailleurs, sur quinze titres, sept appartiennent a l‘univers ellingtonien mais l'orchestre se montre d'une totale indépendance vis-a-vis de la musique de la formation ducale, sauf un petit hommage dans l’interprétation de Linger awhile. Patrick Bacqueville est plus Lawrence Brown que Tricky Sam Nanton dans l‘original Prelude to a kiss mais Esaïe Cid rend un bel hommage a Johnny Hodges. Il y a donc pas mal de titres a découvrir, comme ce si bien arrange You can‘ have your cake and eat it de Juan Tizol.
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Lire la suite de cette chronique d'Alain Charbonnier dans le Bulletin du HCF N° 709
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THE VIPER'S CLUB – “TAIN'T NO USE”
Camille Productions MS072023CD
Lawd, you made the night too long, Onyx Club spree, Ballin' the jack, Tain't no use, I'm putting all my eggs in one basket, I hope Gabriel likes my music, Smoke rings, Baby brown, Undecided, My blue heaven, Swanee river, I'm crazy about my baby, Viper's moan, 'S wonderful, My walking stick, Wabash blues, After you've gone.
Autant vous le dire tout de suite, cet album est une parfaite réussite : bonne idée, bon concept, bon casting. Cette démarche renvoie à une autre réussite, lorsque le sextet de Claude Tissendier s'était attaqué il y a une quarantaine d'années au répertoire de John Kirby. Dans les deux cas, on est dans l'esprit plutôt que la lettre, dans l'évocation plutôt que la reconstitution, et tout ça sans chercher midi à quatorze heures. Le petit orchestre que Stuff Smith faisait jouer à L'Onyx était un sextet doté d'une rythmique complète avec Cozy Cole à la batterie et d'une front line réduite à deux éléments (sans parler d'un célèbre petit singe) : le violon de Stuff Smith et la trompette de Jonah Jones. Ici, l'équilibre est différent, la rythmique ne comportant que deux instruments : la guitare de Dave Kelbie et la contrebasse de Sébastien Girardot. Cette rythmique-là, très présente, très cohérente entre une walking bass évoquant (justement) John Kirby (et même son tuba) et la riche sonorité d'un disciple d'Albert Casey (jusque dans des solos en accords), assure un soutien sans faille à l'inspiration des mélodistes, tous deux en très grande forme.
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Lire la suite de cette chronique de Laurent Verdeaux dans le Bulletin du HCF N° 712
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THE WASHIN’ MACHINES - “FROM HARLEM T0 MCNTPELLlER”
Autoproduction.
Disponible sur Bandcamp.com. Contact : 0633254923
Streamline gal, Harlem joys, Sweet Louisiana, The dream, l’ve got to think it over, Jubilee stomp, Concentratin’, Bounce of the sugar plum fairy, Echoes of spring, Black and blue, When I grow too old to dream.
Ce second opus nous permet de faire plus connaissance avec le jeune et talentueux pianiste Auguste Caron. Après de solides études musicales, il se consacre au jazz et forge, notamment, son style a l’écoute des pianistes de Harlem, Fats et les autres. En outre, il confesse volontiers avoir bénéficié des conseils éclaires de Louis Mazetier. Il possède un jeu clair, précis, mélodieux et une belle technique associée a un toucher délicat. C’est donc fort de ce bagage, bien ancré dans la tradition, qu’en 2021, il réalise ce disque qui fait largenent appel au répertoire de Willie Smith "The Lion" avec pas moins de cinq titres. Il a réuni autour de lui un trompettiste chevronné en la personne de Gilles Berthenet, Ezequiel Célada a la clarinette et Arthur Defrain a la batterie ou au washboard.
Les deux premières faces Streamline gal et Harlem joys, composées par Willie Smith, sont une bonne mise en train pour le quartet. Toutefois, c’est sur le classique ellingtonien Jubilee stomp que les quatre musiciens donnent leur pleine mesure. Pris en tempo medium rapide, ce morceau déborde de swing, tant de la part du pianiste que du trompettiste Gilles Berthenet, au jeu limpide et affûté, ainsi que du clarinettiste Ezequiel Celada a la sonorité riche et chaude, rappelant parfois Barney Bigard. Auguste Caron est seul lors de Concentratin’ qu’il interprete de fagon remarquable ...
Lire la suite de cette chronique de Christian Sabouret dans le Bulletin du HCF N° 709
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FRENCH BLUES ALL STARS – “NEW FLESH”
Ahead 842.2
Distribution Socadisc
New flesh, Kiddeo, Hush your mouth, Go Lonnie go, Going to a party,, Wrong as I could be, The bottle of Chablis is empty, Bad bad whiskey, Strolling with Nicole, Going crazy, Lollipop Mama, Feel like going home.
Vient de sortir un disque de blues enregistré par une bande de copains, six au total, tous parmi les meilleurs du genre aujourd'hui. Qui plus est, ils ont poussé la performance en nous proposant, essentiellement, des compositions personnelles, neuf titres sur treize. Comme pour le jazz en général, on peut avoir l'impression que le blues d'aujourd'hui a élu domicile en Europe, et en France en particulier.
Cet enregistrement a été effectué en février 2023. C'est une production Black & Blue, marque qui donne beaucoup à notre musique. La pochette est belle avec un amusant dessin signé Franck Margerin.
Dans ce CD, on trouve Youssef Remadna (vcl, ha, g), Stan Noubard-Pacha (g), Anthony Stelmaszack (vcl, g, b, ha), Thibaut Chopin (vcl, ha, b), Benoît Ribière (o, p) et Simon Boyer (dr), tous des bons, tous des copains habitués à jouer ensemble. Le groupe possède donc une parfaite cohésion.
Lire la suite de cette chronique d'Alain Charbonnier dans le Bulletin du HCF N° 711
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MICKEY BAKER IN SESSION 1952-1961 – “AIN'T NO STRAIN”
2xCD Jasmine JASMCD3213
(Mama) he treat your daughter mean (Ruth Brown), Please tell me baby (Champion Jack Dupree), Funny (but I still love you) (Ray Charles), One scotch, one bourbon, one beer (Amos Milburn), I'm gonna rock your wig (Sonny Terry), Bad hangover (Square Walton), I'm doin' all this time (and you put me down) (Stick McGhee), Please Louise (Wynonie Harris), Straighten up baby (Milt Trenier with the Gene Guilbeaux quartet), Thirteen woman & one man (Dickie Thomson), Women are the root of all evil (Paul Williams & his orch.), You can't stay here (Melvin Smith), Shake, rattle and roll (Big Joe Turner and his Blues Kings), You better heed my warning (Larry Dale), Don't be angry (Nappy Brown), I need a good woman (Big Tiny Kennedy & his orch.), All around the world (Titus Turner), Need your love so bad (Little Willie John), Oh, darling (Johnny Franck), The thrill is gone (Little Jimmy Brown and the Four Students), Hit, git and split (Young Jessie), My pigeon's gone (Charles Calhoun), No good lover (Mickey and Sylvia), Rib joint (Sammy Price & his Texas Bluesicians), Caldonia (Louis Jordan), Juke joint, Ain't no strain (Sammy Price & his Texas Bluesicians), Got my mo-jo workin' (but it just won't work on you) (Ann Cole with the Suburbans), Hey, Memphis (LaVern Baker).
C'est au début des années soixante que les amateurs de jazz et de blues parisiens ont fait connaissance avec Mickey Baker. Il semble que le grand guitariste en avait assez de son pays natal et que le nôtre, alors en pleine découverte du blues, l'ait particulièrement attiré. Finalement, Mickey Baker se trouverait tellement bien dans notre beau pays qu'il y passerait le reste de sa longue vie, après un parcours multicarte où l'on rencontre aussi bien le jazz et le blues que le cinéma de Jean-Luc Godard, quelques stars du yé-yé et même Chantal Goya, sans parler de l'enseignement.
Son itinéraire musical n'est pas banal. Dans l'orchestre de l'orphelinat où il a grandi (il est né en 1925), il joue de la trompette. À quinze ans, le voilà à New York, en arrêt devant un magasin de musique et les trompettes exposées en vitrine. Il aimerait en acheter une, mais il n'a que quatorze dollars en poche... c'est loin du compte, et il repart avec une guitare. Cinq ans plus tard, il décide de s'y mettre, prend des leçons avec Rector Bailey, pédagogue notoire et musicien éclectique, et trouve rapidement du travail. À la fois surdoué et bosseur, il ne tarde pas à être connu... dans le biboppe. Il dira que l'époque était "dans la grande furie du bop", qu'on entendait parler partout de Charlie Parker et de Miles Davis, qu'il n'écoutait que cela et jouait dans ce style-là, jusqu'à découvrir au hasard d'un déplacement en Californie Pee Wee Crayton et le blues réunis. Changement de cap : peu de temps après, il est considéré sur la place de New York comme le seul guitariste de haut niveau sachant jouer le blues, et il devient une sorte d'incontournable des séances d'enregistrement rock n'roll, musique qui est à ce moment-là en pleine expansion... et qui se danse.
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Lire la suite de cette chronique de Laurent Verdeaux dans le Bulletin du HCF N° 712
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JOE ALTERMAN – “PLAYS LES MCCANN / BIG MO & LITTLE JOE”
Autoproduit - TÉLÉCHARGEMENT
Gone on and get that church, Someday we’ll meet again, Could be, The stragler, Beaux J. Poo Boo, Samia, Ruby jubilation, It’s you, Dorene don’t cry, Big Jim, Don’t forget to love yourself.
Vous avez sans doute lu ou parcouru l’interview de Joe Alterman paru dans le Bulletin 704, p.13 de septembre/octobre 2022. Le jeune musicien explique page quinze, « J’ai eu de la chance de rencontrer Les McCann lors de mon passage en première partie au Blue Note à New York en 2012. Depuis, nous sommes restés en contact étroit. Nous avons échangé presque étroitement durant dix années. Non seulement je le considère comme un mentor mais Les est vraiment un de mes amis les plus proches. Nous jouons et écrivons de la musique ensemble tout en rigolant beaucoup. Connaître Les a été une bénédiction dans ma vie ». Tout ceci est fort intéressant, mais Joe nous a caché une chose essentielle : la préparation d’un enregistrement en hommage à son mentor. Il concrétisera ce projet en novembre 2022 avec le soutien des excellents Kevin Smith à la contrebasse et Justin Chesarek à la batterie, les mêmes musiciens qui officient dans le sensationnel recueil More Cornbread Live ! (Bulletin 678, p.19). Le trio interprète ici des compositions de McCann, à l’exception du dernier titre, œuvre commune de Les et de Joe. Rappelons que Les McCann est né en 1935, il a enregistré de nombreux albums en tant que pianiste/chanteur mais malheureusement sa santé s’est récemment détériorée. Ce bon musicien figure parmi ceux qui ont le plus influencé Alterman. Toutefois, un constat s’impose au fil des écoutes de Plays Les McCann : l’élève a dépassé le maître.
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Lire la suite de cette chronique de Raphaël Aubin dans le Bulletin du HCF N° 710
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STEVEN JEZO-VANNIER – “MA RAINEY La mère du blues”
Le Mot et le Reste
En français, publié en 2022 - 269 pages, avec une "galerie de portraits", un appareil de notes et une bibliographie.
Ceux qui s'imaginent que le jazz commence en 1950 ou avec le XXIe siècle et qu'il ne s'agit pas d'un art populaire feront bien de lire ce livre, qui commence au début du siècle avant-dernier – moment où cette nouvelle forme de l'art musical se cristallise – par une étrange et décisive rencontre entre une comédienne-chanteuse de seize ans et une pauvresse inconnue – et qui le restera – porteuse d'une musique destinée à devenir planétaire. C'est passablement compliqué de retracer dans le détail la biographie d'une artiste dont la période d'activité se situe aussi loin dans le temps, la méthode la plus sûre étant de la pister dans ses itinéraires au moyen de la presse de la communauté noire, très à l'affût de tout ce qui se signalait alors comme spectacles, tournées et potins divers. Il s'agit là d'un travail considérable et d'équipe, mené avec une minutie bénédictine par Lynn Abbott et Doug Seroff, obscurs défricheurs qui n'auront pas volé d'être cités dans nos colonnes en plus des remerciements de l'auteur. Certes, il y a longtemps que les biographes ès-jazz fouinent dans les collections du Pittsburgh Courier ou du Chicago Defender, mais je ne connaissais pas les autres, dont le très consulté Indianapolis Freeman, le plus ancien de presque deux décennies, dont l'apparition remonte à 1906.
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Lire la suite de cette chronique de Laurent Verdeaux dans le Bulletin du HCF N° 710
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EMMET COHEN
“MASTER LEGACY SERIES VOL.5 / FEATURING HOUSTON PERSON”
Bandstands presents
TÉLÉCHARGEMENT
Why not, Isn’it romantic, If you could see me now, Just the way you are track 1, I let a song go out of my heart, All my tomorrows, Blues everywhere, Sunday kind of love, Just the way you are track 2.
Cet enregistrement, daté de 2023, qui aurait pu être exceptionnel, n’est que remarquable du fait de la performance quelque peu inégale d’Houston Person Houston, âgé aujourd’hui de quatre-vingt-neuf ans, nous avait encore éblouis par son excellent CD Reminiscing at Rudy’s (Bulletin 707, p.23).
Mais ici, on le sent, au début de l’album, en difficulté, crispé, et son jeu apparaît, par moments, plus agressif qu’incisif dans Why not. Heureusement, au fil des plages, le grand saxophoniste retrouve sa verve, son éloquence, son élégance. Emmet Cohen, lui, se montre sensationnel tout au long du recueil tant en solo qu’à l’accompagnement. Enfin, la section rythmique composée de Yasuhi Nakamura à la contrebasse et de Kyle Poole à la batterie soutient parfaitement les solistes. Lorsque Houston Person s’exprime avec son brio habituel, la musique proposée est tout simplement fantastique. Ainsi la ballade All my tomorrows est exposée par le saxophoniste et le pianiste, à pas de velours, avec un sens aigu de la mélodie, la section rythmique n’intervenant qu’à la fin du premier chorus. Suite au solo plein de charme d’Emmet, Houston réapparaît, toujours aussi émouvant, et l’interprétation se termine de façon grandiose. Changement d’ambiance avec le blues en tempo moyen/vif Blues everywhere qui n’est pas sans rappeler Reminiscing at Rudy’s du CD du même nom. Le saxophoniste charge sa sonorité d’un growl prononcé à la façon de Buddy Tate, il fait ainsi monter la tension, ce qui galvanise ses partenaires. Cohen nous gratifie d’un solo puissant dans un style actuel proche de ceux de Cyrus Chestnut, d’Éric Reed ou de Joe Alterman.
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Lire la suite de cette chronique de Raphaël AUBIN dans La Revue du Jazz N° 714
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LA NAISSANCE DE LA BATTERIE
Les origines de la batterie et les premiers batteurs de La Nouvelle- Orléans
DE GUILLAUME NOUAUX
Edité chez FRÉMEAUX & ASSOCIÉS (2024).
Tous les lecteurs de la Revue du Jazz (ex bulletin du HCF) et tous les amateurs européens de jazz qui ont eu la chance d’assister à un concert dans lequel jouait Guillaume Nouaux, baguettes ou balais en mains, ont pu apprécier sa technique parfaite, sa virtuosité et la richesse de son jeu de batterie. Mais ici, c’est le pédagogue, l’historien spécialiste passionné qui nous présente dans ce livre de quatre cents pages, cette bible de la batterie, le résultat de trente années de recherches documentaires et de rencontres, avec de nombreux séjours dans le berceau de naissance de cet instrument, La Nouvelle-Orléans.
Augustin Bondoux et Patrick Frémeaux, des éditeurs dont la rigueur du choix des auteurs publiés et leur intérêt pour le jazz ne sont plus à démontrer, précisent : « Il établit ici une typologie claire et précise des éléments historiques, culturels, techniques et contextuels qui ont permis l’émergence de cet instrument. Il revient également sur les pionniers, les premiers grands maîtres et les figures incontournables qui ont façonné et stylisé la batterie ».
Dans une série d’avant-propos, Guillaume nous présente sa passion, née dès l’enfance, pour le jazz et la batterie, ses choix de recherches et les difficultés rencontrées, la structure de son ouvrage et la satisfaction du devoir accompli.
« Entreprendre de telles recherches représente un défi majeur, car nous ne disposons souvent que de très peu d’informations sur ces pionniers de la batterie ayant marqué la vie musicale de La Nouvelle-Orléans au début du XXe siècle ».
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Lire la suite de cette chronique de Bernard JOUAN dans La Revue du Jazz N° 717
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THREE BLIND MICE "A THING IN YOUR LIFE"
Autoproduction
Contact : www.malomazurie.com
That’s a plenty, The song is ended, In the mood, Black and tan fantasy, Do something, The pearls, Mis’ry and the blues, Jazz me blues, I believe in miracles, Raggin’ the scale, Please don’t talk about me when I’m gone, Grande valse brillante, Flight of the foo birds, In a little waterfront Cafe.
Si, de nos jours, la pérennité des orchestres de jazz tient de la rareté, tel n’est pas le cas du combo des Three Blind Mice. Ces trois malicieuses souris viennent, en effet, de fêter le dixième anniversaire de leur collaboration. On y retrouve, bien entendu, la même formation, à savoir : Malo Mazurié trompette ou cornet, Félix Hunot guitare et Sébastien Girardot basse. S’inscrivant ainsi dans la durée, la cohésion de l’ensemble et la mise en place rigoureuse ont donc été rodées au fil du temps, et la sortie de leur cinquième album intitulé : A thing in your life en témoigne. Pour mémoire, le premier disque fut chroniqué dans le Bulletin N° 656 et un autre, dans le N°681.
La composition de cette formation : trompette/guitare/basse est quasiment unique. Cette originalité fait partie de leur charme grâce, bien sûr, aux ingrédients que sont : le dynamisme et le swing qui en sont les marqueurs. Ce combo n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui qui est très proche, musicalement parlant, il s’agit du fameux George Barnes quartet au sein duquel évoluait Ruby Braff. Venons-en au menu qui nous est proposé.
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Lire la suite de cette chronique de Christian SABOURET dans La Revue du Jazz N° 718
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JUDITH OWEN "COME ON AND GET IT "
Twanky records TWR00201
Blossom’s blues, Satchel mouth baby, The spinach song, Tess’s torch song, He’s a tramp, He’s a real gone guy, Big long slidin’ thing, Fine brown frame, Everything I’ve got belongs to you, Come on & get it honey, Nice girls don’t stay for breakfast, Why don’t you do right, Snatch it & grab it, Long John blues.
Bien que relativement peu connue en France, la chanteuse et pianiste britannique suscite de l’intérêt. Elle a bâti sa notoriété dans la musique pop avant de se réorienter, tardivement, vers le jazz, délaissant alors le piano pour se consacrer au chant, ce dont témoigne cet opus. C’est lors d’un voyage à La Nouvelle Orléans qu’elle l’a gravé avec des natifs chevronnés. L’orchestre de base est constitué d’un sextette avec pour protagonistes l’excellent pianiste David Torkanowsky et le cornettiste Kevin Louis que l’on a eu l’occasion de découvrir en son temps à JazzAscona avec les New Orleans Vipers. Ricardo Pascal est au saxo ténor, Lex Warshawsky à la basse, le guitariste, bien connu chez nous, est Dave Blenkhorn et Peter Secundo en est le batteur. Pour les faces en grand orchestre, s’y rajoutent sept musiciens dont Evan Christopher à la clarinette. La section rythmique est ronflante et participe à la réussite du CD.
David Torkanowsky s’avère un accompagnateur hors pair. Venons-en aux qualités de la chanteuse. Elle possède une voix chaude, charmeuse, bien posée, servie par une belle articulation. En ce qui concerne le répertoire, elle reprend avec bonheur les succès des chanteuses des fifties et sixties.
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Lire la suite de cette chronique de Christian SABOURET dans La Revue du Jazz N° 716
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HOT SWING SEXTET “BLACK MARKET STUFF”
Auto production
Contact : www.hotswingsextet.com
Benny’s bugle, When the quail come back to San Quentin, I may be wrong, Lackwood walk, Rose room, A smooth one, Effervescent blues, N.R.C. jump, Woke up clipped, 9 : 20 special, Summit ridge drive, Loose wig, Black market stuff, Saint Louis blues, Bunny.
En son temps, en Juin 2021 (cf. Bulletin N°697), nous avions découvert cette fameuse formation bordelaise. Leur CD, de haute tenue, avait d’ailleurs obtenu cette année-là le Grand Prix du Hot Club de France 2021. Depuis, leur renommée s’est affirmée, tant en France qu’à l’international, à preuve quelques-uns de leurs récents concerts : Italie, Allemagne, Suède, Pologne. Le présent opus est antérieur au précédent, puisque enregistré en 2018, mais la qualité de son contenu nous parait digne d’une chronique.
Cet orchestre est parfaitement rodé grâce à un personnel stable depuis sa création. Il est dirigé par le trompettiste Thibaud Bonté, avec pour sidemen : Bertrand Tessier, saxophone ténor et clarinette, Erwan Muller et Ludovic Langlade, guitare, Franck Richard basse et Jéricho Ballan à la batterie. Retour aux riches années de l’époque swing era avec un répertoire particulièrement choisi et revendiqué. Le credo de cette formation étant avant tout de faire danser, cela implique dynamisme et swing constants. Et, c’est patent. Pour débuter, deux compositions de Benny Goodman retiennent l’attention : Benny’s bugle, un up tempo syncopé, mais surtout un savoureux A smooth one, bien nommé, au riff insistant qui revient en ostinato.
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Lire la suite de cette chronique de Christian Sabouret dans La Revue du Jazz N° 714
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JULIA LEE “KING SIZE PAPA”
Acrobat ACTRCD9134
CD 1 : Down home syncopated blues, The merritt stomp, Ruff scufflin', St James infirmary, If I could be with you, Paseo strut, He's tall, Dark and handsome / Won't you come over to my house ?, Come on over, Dream Lucky blues, Gotta gimme what 'cha got, Lies, Julia's blues, When a woman loves a man, Oh Marie, On my way out, I'll get along somehow, Young girl's blues, Since I've been with You, A porter's love song.
CD 2 : (Opportunity knocks but once) Snatch and grab it, I was wrong, My sin, Doubtful blues, King size papa, When you're smiling, That's what I like, Crazy world, Wise guys, All I ever do is worry, Tell me, Daddy, (It will have to do) Until the real thing comes along, Charmaine, Christmas spirits, Cold hearted daddy, Living on the back street for you, I didn't like it the first time (The spinach song), Sit down and drink it over, The glory of love, Take it or leave it, Tonight's the night, After hours waltz, Oh, Chuckit (In a bickey), You ain't got it no more.
CD 3 : Draggin' my heart around, Blues for someone, Don't save it too long, Ain't it a crime ?, Decent woman blues, Do you want it, There goes my heart, Nobody knows you when you're down and out, My man stands out, Don't come too soon, Pagan love song, I'm forever blowing bubbles, Bleeding heart blues, It won't be long, Pipe dreams (Up on cloud nine), Ugly papa, I know it's wrong, Mama don't allow it, Breeze (Blow my baby back to me), Scream in the night, If you hadn't gone away, Out in the cold again, Goin' to chicago blues, Last call for alcohol.
La firme Acrobat a fait paraître en 2023 un copieux coffret de trois CD comportant soixante-douze titres de la chanteuse et pianiste de Kansas City, Julia Lee. Cette artiste est, de mon point de vue, trop confidentielle alors qu'elle chante et qu'elle joue avec beaucoup de feeling et de swing. Elle est presqu'ignorée des dictionnaires spécialisés et même Hugues Panassié la passe sous silence dans ses dictionnaires du jazz (éditions de 1958 et de 1971). Il faut aller dans celui édité par Robert Laffont, collection Bouquins pour la trouver. Le Bulletin n° 316 de mai 1984 avait chroniqué un LP de seize titres, et un coffret JSP de deux CD a été mis en vente en 2001. Les interprétations de cette artiste sont donc rares. Le présent coffret court de 1927 à 1952, en faisant pas mal d'entorses à la chronologie, mais qu'importe. Elle fut donc une provinciale patentée et c'est peut-être là que réside sa faible reconnaissance.
Julia Lee est née le 31 octobre 1902 à Boonville, petite ville de huit mille habitants. Elle est issue d'une famille de musiciens, est devenue professionnelle dès 1916 et a commencé à jouer dans l'orchestre de son frère, George E. Lee, en 1920. Elle a enregistré entre 1927 et 1957, à Kansas City et à Los Angeles. Elle a d'ailleurs commencé à graver des disques avec lui et on les retrouve ici, par exemple, avec son tout premier enregistrement, Down home syncopated, mais ce n'est pas terrible. Je vous conseille de profiter de Julia à partir de novembre 1944 ; elle enregistre alors avec Jay McShann, simplement comme chanteuse (Come on over to my home qui connaîtra un certain succès, mérité).
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Lire la suite de cette chronique de Alain CHARBONNIER dans La Revue du Jazz N° 716
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PASTRE - MAZETIER - NOUAUX – “FINE IDEAS”
CAMILLE PRODUCTIONS MS032023CD
Georgianna, Black and blue, Moonlight on the Ganges, Potato head blues, I guess I have to change my plans, I want to behappy, Nuages, The mule walk, Lester’s bebop, Fine’s idea, Wild man blues, Jumpin’ punkins, Tiny’s exercise, Mean to me.
Tout d’abord, flash-back afin d’évoquer la genèse de ce trio qui était une émanation d’une formation plus importante. Il fut ainsi constitué du trompettiste Jérôme Etcheberry, du pianiste Louis Mazetier et du saxophoniste ténor Michel Pastre. C’est à l’occasion d’un concert très réussi, à Bayonne, que Dominique Burucoa décide d’enregistrer, en octobre 2015, les trois compères sous le label Jazz aux Remparts.
Le disque, dénommé 7 : 33 to Bayonne fut d’ailleurs chroniqué dans le bulletin du HCF N° 658, de février 2017, et couronné cette année-là, obtenant le Grand Prix du Hot Club de France.
Gage de sa qualité s’il en était besoin. Ce trio a évolué dans sa composition et, en 2023 c’est le batteur Guillaume Nouaux qui a remplacé Jérôme Etcheberry, créant ainsi un climat musical foncièrement différent du projet initial. Cette formule originale : piano/ saxophone ténor/batterie fut mise au goût du jour, en son temps, par le batteur Gene Krupa.
C’est donc l’esprit de ce combo que se propose de faire revivre le label Camille Productions. Cet opus a été enregistré en mars 2023 sous le titre bien nommé de : Fine ideas. L’intégration de Guillaume Nouaux s’est faite tout naturellement car il partage les mêmes valeurs que ses partenaires.
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Lire la suite de cette chronique de Christian SABOURET dans le Bulletin du HCF N° 711
GRAND PRIX
FINE IDEAS
Michel PASTRE / Louis MAZETIER / Guillaume NOUAUX
Camille Productions MS032023CD
Chroniqué dans le Bulletin du HCF n° 711
PRIX SPÉCIAL DU JURY
BACOS - Hot 7 cruisers
AHEAD AH 841-2
Chroniqué dans le Bulletin du HCF n° 709
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PRIX PETITE FORMATION
THE VIPER CLUB - Tain't no use Chroniqué dans le Bulletin du HCF n° 712
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PRIX JEUNES TALENTS
THE WASHIN' MACHINES From Harlem to Montpellier Chroniqué dans le Bulletin du HCF n° 709 |
PRIX TÉLÉCHARGEMENT
JOE ALTERMAN plays LES McCANN
"Big Mo & Little Joe"
Auto-produit
Chroniqué dans le Bulletin du HCF n° 710
PRIX LIVRE
MA RAINEY - "La mère du blues"
Par Steven Jézo-Vannier
Le Mot et le Reste - 269 pages
Chroniqué dans le Bulletin du HCF n° 710























